Des manifestants solidaires des migrants haïtiens

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Les manifestants étaient réunis dans une ambiance festive devant le Stade olympique, où sont hébergés temporairement des centaines de migrants majoritairement d'origine haïtienne.

La Presse canadienne, Graham Hughes

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Vicky Fragasso-Marquis
La Presse Canadienne
Montréal

Quelques centaines de personnes se sont rassemblées dimanche midi, à Montréal, pour manifester leur appui aux ressortissants haïtiens qui sont arrivés en masse au Québec dans les dernières semaines. Certains manifestants ont aussi profité de l'occasion pour demander au gouvernement fédéral d'investir plus de ressources pour répondre à la demande grandissante alors que les douaniers se disent à bout de souffle.

Quelques centaines de manifestants se sont réunis dimanche... (Archives La Presse canadienne, Graham Hughes) - image 1.0

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Quelques centaines de manifestants se sont réunis dimanche devant le Stade olympique, brandissant des pancartes souhaitant la bienvenue aux migrants haïtiens.

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«Le Québec a les moyens de s'occuper des gens d'ici et d'accueillir les personnes qui doivent quitter leur pays pour des raisons politiques et économiques», a assuré le militant communautaire de longue date, François Saillant.

Les manifestants étaient réunis dans une ambiance festive devant le Stade olympique, où sont hébergés temporairement des centaines de migrants majoritairement d'origine haïtienne.

Brandissant leurs affiches où l'on pouvait lire: «De nouveaux amis» ou «Nous avons tous immigré», les militants scandaient les slogans «réfugiés bienvenus» et «Haïtiens bienvenus» - des paroles qu'ils ont répétées en créole.

Certains Québécois ont exprimé des inquiétudes face à cette arrivée massive de ces migrants, et d'autres ont même suggéré que ces derniers sont des «tricheurs», puisque selon eux, ils court-circuitent le processus normal d'immigration.

L'administration de Donald Trump pourrait être responsable de cet exode: elle envisage de mettre fin à un programme qui avait accordé aux Haïtiens un statut de protection temporaire à la suite du violent tremblement de terre qui a frappé le pays en 2010. Ces ressortissants pourraient donc être déportés dans leur pays d'origine.

«Quand il y a des réfugiés pour qui leur vie est en danger, si on ne réagit pas assez vite, il sera peut-être trop tard. Il faut agir pour s'assurer que les personnes soient en sécurité», a souligné Jenni Slaven.

«Il y a des situations qui font qu'un moment donné, tu es obligé de partir. Ces gens-là commençaient à se faire vie aux États-Unis et là, le danger d'être expulsé pour se retrouver en Haïti, pour moi, c'est une situation d'urgence. Ils ne volent la place de personne», a renchéri François Saillant.

Le rassemblement organisé par Solidarité sans frontières et le Comité d'action des personnes sans-statut haïtiennes s'est déroulé sans escarmouche alors qu'une contre-manifestation qui devait avoir lieu dans le même secteur avait été annulée la veille. La présence policière était d'ailleurs importante autour du stade.

Le gouvernement fédéral interpellé

D'autres militants ont aussi demandé au gouvernement d'investir plus de ressources aux douanes et au ministère de l'Immigration pour s'assurer que les demandes soient traitées rapidement.

«Le gouvernement canadien doit augmenter les ressources humaines pour traiter les demandes des gens qui nous arrivent par la frontière illégalement et aussi les demandes qui ont été faites légalement par les gens qui attendent dans leur pays», a soutenu Denis Mehdi Duchêne.

Le député néo-démocrate de Rosemont, Alexandre Boulerice a aussi incité le gouvernement Trudeau à suspendre l'entente sur les tiers pays sûrs comme le réclame son parti depuis plusieurs mois.

«C'est la cause de toutes les entrées irrégulières qu'on a en ce moment. Ces problèmes d'irrégularités sont créés par le fait que les gens qui sont aux États-Unis ne peuvent pas demander le processus de réfugié ou d'asile au Canada», a-t-il soutenu en entrevue.

Selon l'entente sur les tiers pays sûrs, les réfugiés doivent demander l'asile au premier des deux pays où ils arrivent - dans le cas des Haïtiens, il s'agit des États-Unis. S'ils essaient de se rendre ensuite au Canada légalement, ils sont refoulés dans le premier pays où ils ont demandé l'asile. Mais s'ils franchissent illégalement la frontière, il est possible pour eux de demander le statut de réfugié au Canada.

Le Syndicat des douanes et de l'immigration a affirmé samedi que ses travailleurs étaient «extrêmement fatigués» et «débordés» par l'afflux important de migrants.

Interrogé sur le sujet, vendredi dernier, le premier ministre Justin Trudeau a affirmé que le Canada avait les ressources et les capacités nécessaires pour gérer la situation.

«Nous faisons actuellement l'évaluation complète des dossiers et nous nous assurons que les décisions sont prises en conformité avec la Loi canadienne sur l'immigration», avait-il déclaré M. Trudeau.

Le flot de migrants ne tarit pas

Sous une grande tente, dressée au bout du... (AFP, Geoff Robins) - image 3.0

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Sous une grande tente, dressée au bout du chemin Roxham à Hemmingford, principal point d'entrée des migrants dans le sud du Québec, des policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) procédaient aux premières vérifications de l'identité des migrants dont le flot ne tarit pas.

AFP, Geoff Robins

Des dizaines de migrants, majoritairement des Haïtiens craignant d'être expulsés des États-Unis, continuaient à passer illégalement la frontière dimanche pour demander l'asile au Canada. Sous une grande tente, dressée au bout du chemin Roxham à Hemmingford, principal point d'entrée des migrants dans le sud du Québec, des policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) procédaient aux premières vérifications de l'identité des migrants dont le flot ne tarit pas. Plus d'une centaine de personnes ont été contrôlées sous cette tente en début de matinée dimanche tandis qu'une cinquantaine attendaient patiemment leur tour pour se faire enregistrer par les services frontaliers canadiens. Les migrants traversent la frontière à pied à proximité du poste frontière de Lacolle dans le sud du Québec.




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