Camp Vol d'été Leucan: faire décrocher les parents aussi

La plupart des enfants malades n'ont aucun mal à décrocher du quotidien et à... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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(Québec) La plupart des enfants malades n'ont aucun mal à décrocher du quotidien et à s'amuser à leur arrivée au camp Vol d'été Leucan, à Lac-Beauport. Mais pour leurs parents, qui participent aussi au camp entre adultes, c'est une autre paire de manches.

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Marc Jean

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«C'est sûr que les parents arrivent avec des appréhensions. Ils viennent souvent pour les enfants», témoigne Marc Jean, l'un des plus anciens moniteurs bénévoles, impliqué depuis 30 ans alors que le camp qui accueille des familles de partout au Québec existe depuis 32 ans.

Reste que les adultes finissent par se rendre compte, à la fin de la semaine, qu'ils avaient eux aussi un grand besoin de repos et de penser à eux. «La première journée est une journée cruciale. Ils voient qu'il y a des moniteurs qui s'occupent très bien de leurs enfants. Ils ont pu besoin de se casser la tête pour donner les médicaments aux heures précises et que s'il arrive quelque chose, quelqu'un va s'en occuper», explique M. Jean. 

Toute cette organisation pensée sur mesure pour les enfants qui sont atteints de cancer fait que tranquillement, les parents commencent à se laisser aller et retrouvent leur coeur d'enfant. «Quand je vois que certains commencent à danser lors du grand rassemblement le matin, je me dis que c'est gagné. Et on surveille comment on peut aller chercher les autres», lance la chef de camp Catherine Lortie. 

«Il faut être une grande oreille. Les écouter tant qu'on peut», indique Marc Jean, qui est enseignant au primaire à Sainte-Thérèse le reste de l'année. 

Lorsque les familles arrivent au camp, qui se déroule sur les terrains du centre de plein air Le Saisonnier, les familles complètes sont accueillies. Autant l'enfant malade que ses frères et soeurs, qui sont parfois oubliés au travers des traitements, peuvent participer. 

Au début, les moniteurs doivent gérer certaines crises d'enfants qui craignent d'être séparés de leurs parents, puis la confiance s'installe et les jeunes peuvent faire du kayak ou du tir à l'arc pour la première fois. Catherine Lortie raconte qu'une jeune fille en fauteuil roulant a réussi, avec beaucoup d'aide, à faire de l'escalade.

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Le camp Vol d'été Leucan

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Pour les parents, le programme est conçu de façon progressive. Mme Lortie raconte qu'un déjeuner causerie souvent très émotif et une journée au spa arrivent à faire baisser le stress la première journée.

Puis, le mont Le Relais est gravi afin de souder les liens entre ces parents qui vivent tous le même combat pour leurs enfants, qu'ils soient en traitement ou en rémission du cancer. 

Un peu plus tard dans la semaine, les pères sont séparés des mères afin de vivre des activités sportives et sociales différentes. 

Mme Lortie surveille la centaine de familles qui participent à l'une des deux semaines de camp chaque été de près. Elle est bien placée pour les comprendre, elle qui a participé au camp pendant 10 ans parce que son frère était atteint de cancer. En 1996, son frère est décédé et depuis, elle a décidé de s'impliquer auprès de l'organisme. «Leucan a toujours fait partie de ma vie. C'est naturel je pense.»

***

Fortifier son couple

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George Groubos, Nicolas, Zachary et Myriam Fournier

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Pour Georges Groubos et Myriam Fournier, le camp Vol d'été représente les seules vacances estivales de leur famille. Et pendant que les enfants s'amusent, ils peuvent penser à eux et à fortifier leur couple. 

«C'est sûr qu'en temps normal, on est vraiment concentrés sur les enfants. Là, on peut penser à nous, contrairement aux 51 autres semaines dans l'année», témoigne Mme Fournier. Parents de Nicolas, 10 ans, et de Zachary, 9 ans, qui est atteint de leucémie, les parents se relaient en temps normal pour toutes les tâches et les rendez-vous à l'hôpital. 

«Je suis venu de reculons l'an dernier. Je croyais pas qu'on arriverait à rire, je croyais qu'on n'était pas prêts pour ça, mais ça s'est fait naturellement», témoigne M. Groubos. C'est pourquoi il n'a pas hésité à revenir cette année. 

M. Groubos et Mme Fournier s'amusent tellement qu'ils croient que leurs enfants n'en croiraient pas leurs yeux s'ils les voyaient. 

Marc Jean explique qu'environ un couple sur deux se sépare dans les années suivant le diagnostic d'un enfant atteint de cancer. C'est pourquoi il prend bien soin des groupes de parents qu'il anime, afin qu'ils puissent avoir du temps à deux pour se parler. 

Échanger avec les autres parents qui vivent un peu la même situation qu'eux permet aussi de relativiser les difficultés et de refaire le plein d'énergie pour l'année à venir.




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