Nudisme: le Québec «très en retard»

Michel Vaïs, fondateur de la Fédération québécoise de... (Fournie par Michel Vaïs)

Agrandir

Michel Vaïs, fondateur de la Fédération québécoise de naturisme, déboulonne les mythes au sujet du naturisme, assurant qu'il préconise «le respect de soi et des autres». La pratique est toujours taboue, même en 2017, dit-il.

Fournie par Michel Vaïs

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Fanny Lévesque</p>

(Québec) Le Québec «n'est pas à l'avant-garde» en matière de nudité, croit le fondateur de la Fédération québécoise de naturisme, Michel Vaïs. Selon lui, la direction du Groupe Calypso Valcartier a raté une belle occasion de rattraper le «retard» en interdisant cette semaine aux femmes d'avoir les seins nus sur leurs sites.

«On est mûr pour un changement d'habitudes, ça se change les vieilles craintes, ces vieilles peurs qui veulent que le corps soit uniquement considéré comme un objet de péché.» Au bout du fil, Michel Vaïs ne cache pas son désaccord avec la décision prise par le plus important opérateur de parcs aquatiques du pays, mais n'en est pas surpris. 

Mercredi, le Groupe Calypso Valcartier a officialisé son règlement sur l'interdiction de se balader les seins nus dans ses installations de Québec et de Limoges près d'Ottawa, après avoir été visé, comme d'autres établissements, par une plainte déposée au Tribunal des droits de la personne de l'Ontario sur le droit des femmes d'être torse nu en public. 

Le Regroupement des parcs aquatiques du Québec a emboité le pas, deux jours plus tard, adoptant le «même code vestimentaire». «Je trouve qu'on est très en retard sur certains pays d'Europe, comme l'Allemagne, la Hollande et la Suède, où le corps est considéré comme quelque chose de tout à fait naturel», exprime M. Vaïs. 

Il croit d'ailleurs que les établissements ne sont pas en droit d'imposer de telles règles. Il n'existe pas non plus de loi spécifique pour obliger les femmes à se couvrir le haut du corps en public. Seul l'article 174 du Code criminel interdit à quiconque de se trouver entièrement nu dans un endroit public sans «excuse légitime». 

En Ontario, un jugement de la Cour d'appel a établi en 1996 qu'une femme pouvait être les seins nus dans un lieu public si «le standard de tolérance de la communauté» considère que le geste n'est pas «indûment sexuel». «Le nu peut être complètement banal, naturel», persiste à dire le fondateur de la Fédération québécoise de naturisme. 

«Le nu n'est pas toujours sexuel malgré ce que l'on voit sur Internet ou partout à la télé. Il faut que les gens s'habituent comme en Europe à voir de la nudité», poursuit-il. Le réflexe de certains au Québec, d'associer la nudité au sexe ou le corps au péché viendrait de l'influence américaine ou même de celle du clergé, croit M. Vaïs. 

Une image dont il est temps de se défaire, ajoute-t-il. Par ailleurs, le prétexte de la présence d'enfants et de familles, sur lequel le Groupe Calypso Valcartier appuie principalement sa décision, ne tient pas la route pour Michel Vaïs. «C'est très bien pour l'éducation des enfants de voir au moins des seins nus, c'est tout à fait naturel», dit-il. 

«La première fois, ils vont peut-être loucher un peu, mais ils vont s'habituer et c'est tout. Il ne faut pas faire comme les Américains», rappelle-t-il, citant l'incident du Super Bowl 2004 pendant lequel Janet Jackson a révélé un sein en pleine prestation, ce qui avait provoqué un tollé de protestation chez nos voisins du Sud.

Mythes

Michel Vaïs déboulonne les mythes au sujet du naturisme, assurant qu'il préconise «le respect de soi et des autres». La pratique est toujours taboue, même en 2017, dit-il, ce qui n'aide en rien à la rendre acceptable aux yeux de tous. «Ceux qui le pratiquent, ils restent dans le placard justement à cause de ce concert de préjugés», prétend-il. 

«Ils ne veulent pas se faire connaître publiquement [...] Il faut briser les tabous, il faut évoluer», lance Michel Vaïs, qui évalue à 500 le nombre de membres de la fédération au Québec. «Mais, il y a 100 fois plus de naturistes», affirme celui qui a aussi participé à la fondation de la même fédération à l'échelle canadienne. 

Mais qu'est-ce que procure le naturisme? «Un sentiment de bien-être, de liberté», répond M. Vaïs. «Sur le plan psychologique, ça permet aussi d'accepter son corps tel qu'il est. Ça, c'est très important. Il y a beaucoup de gens qui n'acceptent pas leur corps [...] On essaie de modifier son corps pour qu'il corresponde aux canons de la mode.»

«Mais quand tout le monde est nu, il n'y a pas toute cette préoccupation. On se sent bien dans sa peau, on s'accepte mieux parce qu'on voit d'autres personnes qui s'acceptent.» La Fédération québécoise de naturisme célèbre cette année ses 40 ans d'existence.




À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer