Le Québec est-il libre? Un débat «sain et souhaitable»

Le Mouvement national des Québécoises et des Québécois,... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le Mouvement national des Québécoises et des Québécois, présidé par Martine Desjardins (3e à partir de la droite), a commémoré dimanche le banquet offert au général de Gaulle par le gouvernement du Québec au Château Frontenac, en 1967.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Fanny Lévesque</p>

(Québec) «Vive le Québec libre» lançait de Gaulle. Cinquante ans plus tard, le Québec est-il vraiment libre? La question a été sur toutes les lèvres depuis les derniers jours. Même si tous ne s'entendent pas, «il est sain et souhaitable» de tenir le débat en 2017, croit Martine Desjardins.

Le Mouvement national des Québécoises et des Québécois mène dimanche et lundi une série d'activités commémoratives à l'occasion du 50e anniversaire de la visite du général Charles de Gaulle au Québec. Dimanche, une centaine d'invités ont commémoré le banquet offert au général par le gouvernement du Québec, au Château Frontenac en 1967. 

«C'est l'occasion de commémorer cette fierté québécoise d'être nommé, d'être reconnu, mais aussi l'occasion de souligner l'homme qu'était le général, qui a redonné aux Québécois cet espoir, ce courage de se tenir debout, qu'on soit indépendantiste ou pas», nuance la présidente du Mouvement national, Martine Desjardins. 

Parce que l'interprétation des célèbres mots de Charles de Gaulle n'est pas la même pour tous. Vendredi, le premier ministre Philipe Couillard affirmait dans nos pages que le Québec est plus libre qu'il ne l'a jamais été. Des propos que les partis d'opposition n'ont pas manqué de critiquer, citant la «liberté» du Québec de rejeter le projet Énergie Est. 

«C'est sûr que pour les indépendantistes, il y a certaines connotations», admet-elle, mais le sens des mots peut être plus large. «Par exemple, nous avons eu une belle collaboration des maires [pour le trajet commémoratif sur le Chemin du Roy], qui ne sont pas tous d'allégeance souverainiste, mais qui croient que le Québec est une nation à part. C'est un peu ça ce soir, des nationalistes et pas juste des indépendantistes». 

Citoyens du monde?

Reste que la question se pose 50 ans plus tard, assure Mme Desjardins. «Sommes-nous vraiment libres de faire nos choix? [...] Je pense que pour des jeunes, se poser cette question-là ramène un certain degré de conscience à savoir est-ce qu'on est aussi libre ou aussi citoyen du monde qu'on le croit?» interroge-t-elle. 

«Si on se dit citoyen du monde, il faut aussi être représenté aux tables internationales. L'ALENA, ça ne se discute pas au Québec, ça se discute au Canada. Je pense que de se poser cette question-là est d'autant plus d'actualité lorsqu'on a des tables internationales de plus en plus importantes, imposantes en termes de position politique», dit-elle. 

Martine Desjardins ne cache pas que pour elle, la conclusion viendrait de faire du Québec un pays, mais pense «qu'il est sain, bon et souhaitable de souligner ce questionnement» peu importe «la conclusion qu'on veut», soutient-elle. Lundi, le Mouvement national refait le trajet de Charles de Gaulle sur le Chemin du Roy de Québec à Montréal.

***

Un menu revisité

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Le chef a délaissé la béchamel pour plutôt servir une mayonnaise avec le homard.

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Si tous se souviennent les fameux mots de Charles de Gaulle, bien peu savent ce qu'il a mangé lors sa visite à Québec. Les chefs du Château Frontenac ont dû relire le menu offert à l'époque au général pour le mettre au goût du jour.

«Queue de homard de Gaspé à la Nouvelle-France», «Coeur de filet de boeuf Champlain» et «Mignardises accompagnées de la Cabane à l'Érable du Québec», voilà quelques-uns des plats servis aux convives du banquet marquant la visite de Charles de Gaulle en 1967. Pour la commémoration de l'événement, on a voulu s'en inspirer. 

Dimanche, la centaine d'invités ont pu déguster les mêmes «protéines» revisitées, mais conservant les «grands classiques» du château. «Il fallait quand même revenir en 2017 sans trop dénaturer le produit», explique le sous-chef banquet Renaud Louis. «On a remplacé ce qui était un peu vieux jeu.»

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Le boeuf servi provient de l'Île-du-Prince-Édouard plutôt que des États-Unis.

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«On a essayé de rendre ça plus local aussi», a-t-il ajouté. Entre autres, le boeuf servi provient de l'Île-du-Prince-Édouard plutôt que des États-Unis. «Ils avaient moins de moyens, moins de fournisseurs avant. Dans le temps, on ne pouvait pas avoir d'asperge à cinq minutes d'ici», indique-t-il. 

Les plats revisités offraient aussi plus de légèreté et de finesse qu'en 1967. Le chef a par exemple délaissé la béchamel utilisée pour faire «un chaud froid» avec le homard, pour plutôt servir une mayonnaise avec le corail. Dans le dessert, la liqueur de Whisky québécoise, Sortilège, a redonné les notes d'érable. 

Un souci du détail a aussi été apporté dans la présentation du menu, conservant le même entête qu'il y a 50 ans.




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