Dans le sombre univers du dark Web...

«Le dark Web fait référence à des activités illégales : sites... (123RF/ Дмитрий Мельников)

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«Le dark Web fait référence à des activités illégales : sites de piratage, [commerce d'armes à feu et de drogues, pornographie juvénile et autres]. Ça concerne tout le piratage de logiciels, de séries télévisées...» explique Nicolas Roberge d'Evollia.

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(Québec) Google, Yahoo et autres moteurs de recherche rendent-ils compte de tout l'univers Web? Il ne s'agirait en réalité que de la pointe de l'iceberg... Incursion dans le deep Web pour mieux le comprendre avec Nicolas Roberge, expert dans l'univers du Web et président d'Evollia.

Q  Qu'est-ce que le deep Web

R  L'Internet en soi est un réseau d'ordinateurs accessible à travers le monde. On n'a pas une idée claire de tout ce qui existe sur Internet. On se fie sur des moteurs de recherche pour répertorier ce qui existe, mais il n'y a pas un bottin de tout. C'est très désorganisé, très décentralisé. On se fie souvent sur des moteurs de recherche comme Google en se disant qu'ils ont sûrement tout ramassé sur le Web, mais on est capable de concevoir des sites qui ne sont pas Google friendly, c'est-à-dire qui ne sont pas conçus pour qu'ils se fassent référencer par Google. Donc, ce n'est pas nécessairement quelqu'un qui veut se cacher; c'est simplement une partie du Web qui n'est pas référencée. On utilise souvent le «Web profond» pour désigner qu'il existe plus de choses que ce que Google sait. 

C'est un peu comme dans la société : il y a certaines choses qui sont un peu plus underground. Ce n'est pas nécessairement des choses qui sont illégales, mais ce sont des affaires qui ne sont pas mainstream

Q  Comment distinguer le deep Web du dark Web

R  Dans le dark Web, on parle plus des activités illégales : sites de piratage, [commerce d'armes à feu et de drogues, pornographie juvénile et autres]. Ça concerne tout le piratage de logiciels, de séries télévisées... [Les internautes] sont capables de s'échanger des choses qui ne sont pas nécessairement légales. Dans le cas qui fait les manchettes [celui d'Alexandre Cazes et du site AlphaBay], on parle d'un genre d'Ebay pour des choses illégales.

Ce qu'on appelle le dark Web est précurseur aux moteurs de recherche plus légitimes. Ça a commencé par une gang de hackers qui ont démarré l'Internet, puis c'est encore ces personnes-là qui animent cette partie-là d'Internet qui est plus underground, ou non légitime. 

Q  Est-ce que les internautes sont identifiés sur le dark Web?

R  Sur 4chan [une sorte de forum où tout internaute peut publier du contenu], il n'y a pas d'auteur. 4chan a souvent été utilisé pour diffuser des mots de passe volés ou des numéros de cartes de crédit volés. C'est plus qu'anonyme; il n'y a même pas de pseudonyme. C'est comme si dans Le Soleil, les articles n'étaient pas signés, mais que Le Soleil n'existait même pas!

Est-ce que je suis capable de faire une activité illégale plus facilement derrière une bâtisse non éclairée et que ma victime porte un bandeau sur la bouche? Oui, c'est beaucoup plus facile que de le faire au milieu du centre d'achat. Mais est-ce que ça m'exempte d'être pincé? Non. Ça ne garantit pas mon anonymat. 

Q  Comment réagit le «Web légitime» vis-à-vis du dark Web

R  On considère par exemple que même l'industrie du divertissement pour adultes fait partie du dark Web. Souvent, Google la pénalise, les réseaux sociaux ne veulent pas son contenu... Alors que sur ces sites-là [dans le dark Web], ils ont tous le même réseau publicitaire, ils ont tous les mêmes services, en version pornographique. C'est la même chose que dans la société : dans la lumière, il y en a qui sont un peu plus en retrait. 

Q  Quelles sont donc les limites du dark Web

R  Un moteur de recherche explore le Web. Il tombe sur une page Web, puis une page Web parle d'une autre... Il est toujours en train de se référer à l'un et à l'autre. Google va indexer des sites et son algorithme est basé sur la confiance. Si la référence est crédible, alors l'autre est crédible aussi. Ça crée un réseau de crédibilité et c'est ce qu'on appelle le réseau mainstream. De l'autre côté, des gens qui ont des intérêts autres, qui sont un peu plus alternatifs, ils ne vont pas nécessairement se faire référencer dans les bottins habituels. 

Dans le cas d'AlphaBay, il y avait probablement des manières de se camoufler. 

Il ne faut pas mélanger Google et Internet. Google est un outil privé qui indexe le Web, mais qui ne trouve pas tout. On considère souvent que tout l'Internet est dans Google, mais ce n'est pas vrai. Il y a des limites technologiques.

Le bitcoin pour blanchir de l'argent?

Est-ce que des commerçants qui acceptent les bitcoins - cette monnaie cryptographiée entièrement virtuelle - risquent de participer indirectement au blanchiment d'argent virtuel utilisé pour conclure une transaction illégale sur le dark Web

Peut-être, admet Olivier Bilodeau, chercheur en cybersécurité chez GoSecure. Un utilisateur bitcoin est anonyme; il ne détient qu'une clé d'accès ainsi qu'un mot de passe. L'utilisateur peut posséder un nombre indéterminé de portefeuilles. 

«Il existe des systèmes [pour conclure des transactions illicites] qui créent plein de portefeuilles, qui font plein de transactions et qui divisent les montants. Si vous achetez quelque chose avec 17 bitcoins et que vous avez 17 bitcoins dans votre portefeuille, c'est facile à retracer. Mais si dans votre transaction le chiffre est divisé, combiné, divisé, combiné, on perd la trace», illustre-t-il. 

Résultat : si des transactions dans le dark Web sont conclues à l'aide d'une monnaie virtuelle comme le bitcoin et que celle-ci est reconnue par des commerçants légaux, il existerait un risque que de l'argent «sale» y soit blanchi. M. Bilodeau préfère rester optimiste : «Ça peut être utilisé à ces fins-là, mais il faut voir le bon côté.»




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