Les circuits routiers pour mousser le tourisme

La route du Fleuve, qui relie Baie-Saint-Paul et La...

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La route du Fleuve, qui relie Baie-Saint-Paul et La Malbaie, passe par St-Irénée, met en valeur plusieurs éléments du patrimoine matériel et immatériel.

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(Québec) Depuis plus de 300 ans, les Cajuns et les Créoles de la Louisiane mènent le combat contre l'assimilation linguistique. Au pays de Zachary Richard, terre d'accueil jadis des Acadiens déportés par les Britanniques, ils sont de plus en plus nombreux à s'éveiller à l'importance de préserver leurs racines.

Invité à prendre la parole, mardi, à l'ouverture du 2e Rendez-vous du réseau des villes francophones et francophiles d'Amérique (RVFFA), Charles Larroque a utilisé une analogie... animale pour inviter le gouvernement louisianais à en faire davantage.

Dans les années 70, a-t-il raconté, la Louisiane avait adopté un règlement forçant les fermiers et éleveurs à relâcher dans la nature de 10 à 12 % des alligators nés d'oeufs recueillis dans les marais.

«Nous avons 5000 élèves en programme d'immersion en français. Est-ce qu'on peut faire autant pour nos enfants qu'on fait pour nos reptiles?», a lancé en fin d'allocution, sous des applaudissements nourris, le directeur du CODOFIL (Council for the Development of French in Louisiana).

La délégation louisianaise a mis au parfum l'assistance de ses efforts dans la création de circuits touristiques dits «french friendly» afin de mousser le tourisme francophone dans un État où le nombre d'habitants maîtrisant le français a chuté de 194 000 à 115 000 en une décennie.

«Comme minorité linguistique, ces routes sont capitales. Nous sommes en train de perdre notre identité francophone et devenons de plus en plus american. Nous souffrons de solastalgie, soit le mal du pays tout en étant toujours chez soi» a plaidé M. Larroque, mentionnant qu'une loi promulguée en 1916 avait interdit l'enseignement du français dans les écoles.

Son collègue Philippe Gustin, directeur du Centre international de Lafayette, a rappelé les liens étroits qui unissent le Québec et la Louisiane depuis la fondation du CODOFIL en 1968.

Avec photo à l'appui, celle de René Lévesque, apparaissant aux côtés du fondateur de l'organisme, James Domengeaux. Baptisant l'ex-premier ministre de son surnom de «Ti-Poil», M. Gustin s'est souvenu de ces longues soirées à le voir fumer des cigarettes «au tabac très noir», à jouer au poker et à boire du whisky...

Trois routes au Québec

Le directeur de l'Office de tourisme de Québec a profité de sa présence sur le panel pour livrer quelques conseils sur la façon de concevoir et faire la promotion de ces routes touristiques axées sur la culture et le patrimoine francophones.

André Roy a donné en exemple trois circuits implantés au Québec, la route de la Nouvelle-France (entre Québec et Sainte-Anne-de-Beaupré), la route du Fleuve (entre Baie-Saint-Paul et La Malbaie) et la route du Fjord (qui serpente sur 235 km au Saguenay). Des circuits touristiques qui mettent en valeur plusieurs éléments du patrimoine matériel (édifices, statues..) et immatériel (festivals, gastronomie...).

«La qualité du produit est très importante, a expliqué M. Roy. Les clients sont très exigeants en 2017. Il faut s'assurer d'offrir une qualité uniforme. Le client va souvent se souvenir de sa plus mauvaise expérience.»

Le leadership dans la mise en place d'un circuit touristique est primordial, tout comme la persévérance et la façon de le mettre en marché. 

«Créer une route et ne pas la commercialiser, c'est une perte de temps. Il faut être très pointu dans nos actions. Le spray and pray (saupoudrer et prier), ça ne fonctionne plus aujourd'hui. Il faut savoir à qui on s'adresse.»

La bonne bouffe pour attirer les visiteurs

Conférencière invitée, mardi, au Rendez-vous du Réseau des villes francophones et francophiles d'Amérique, la critique culinaire du quotidien The Gazette, Lesley Chesterman, a insisté sur l'importance de la gastronomie comme moyen d'attirer les touristes.

«Les voyageurs dépensent 82% de plus pour manger en voyage que lorsqu'ils sont chez eux», explique au Soleil Mme Chesterman. Les «milléniaux» représentent une clientèle qu'il ne faut pas négliger, 52% d'entre eux étant des «voyageurs culinaires», soit 10% de plus que les baby-boomers.

«Les touristes cherchent à bien manger, l'authenticité, les produits du terroir et les spécialités de chaque région. En France, des gens vont faire des kilomètres pour goûter à un gâteau.»

Le Québec, porté par une réputation venue de France, a fait des pas de géants en matière de gastronomie depuis une vingtaine d'années, souligne-t-elle. La nouvelle génération de chefs québécois a permis à la gastronomie d'ici de se faire connaître sur une large échelle. Mme Chesterman prend en exemple le restaurant L'Initiale, à Québec, qu'elle n'hésite pas à classer parmi les cinq meilleures tables au pays.

Même des États américains limitrophes ont progressé énormément. «Dans le Vermont, où on ne trouvait avant que des pancakes, des microbrasseries fabriquent maintenant les meilleures bières au monde.»

À son avis, les villes doivent prendre un soin jaloux de leurs restaurants étoilés puisqu'ils représentent un pouvoir d'attraction insoupçonnée auprès des visiteurs. «On prend trop souvent les chefs pour acquis.»




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