Saint-Apollinaire: le projet de cimetière musulman rejeté

Le maire de Saint-Apollinaire, Bernard Ouellet, a reconnu... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le maire de Saint-Apollinaire, Bernard Ouellet, a reconnu sa déception après l'annonce des résultats.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Le projet de cimetière musulman ne pourra pas aller de l'avant à Saint-Apollinaire. Trente-six habitants de la municipalité ont rejeté à 54 %, dimanche, le changement de zonage nécessaire à l'implantation du cimetière.

«C'est sur que ça paraît négatif, mais je pense que ce qui a dirigé le choix de la communauté en général, c'est réellement la peur et la désinformation», a pointé le maire de Saint-Apollinaire, Bernard Ouellet, quelques secondes à peine après avoir appris le résultat du référendum. 

En refusant le changement de zonage qui aurait permis l'inhumation de corps sur la parcelle convoitée pour le cimetière musulman, les habitants de la petite municipalité de Chaudière-Appalaches viennent bloquer le projet. «Je suis déçu. C'est certain que l'on ne savait pas trop comment le résultat allait tomber, mais j'ai eu espoir jusqu'à la dernière minute. J'espérais personnellement que le oui l'emporte»,  a admis le maire Ouellet. 

En vertu de la loi municipale, seuls les habitants du secteur avoisinant au terrain dont le Centre Culturel Islamique de Québec (CCIQ) désirait se porter acquéreur avaient pu s'inscrire à la liste de scrutin. Dimanche, 36 des 49 électeurs éligibles se sont rendus aux urnes, un taux de participation de 73 %. Le dépouillement, réalisé en quelques minutes après la fermeture du bureau de scrutin, à 20h, a mené à un résultat de 19 votes contre le changement de zonage, 16 en faveur, et 1 vote rejeté. 

«Si ça avait été seulement qu'un cimetière, j'ai l'impression qu'il n'y aurait pas eu de problème. C'est un cimetière musulman, et malheureusement ça n'a pas fonctionné», a admis le maire, disant tout de même respecter le résultat du scrutin. 

«Un projet de plusieurs milliers de musulmans»

Chargé du dossier du cimetière au CCIQ, Mohamed Kesri était visiblement déçu de voir un projet sur lequel la communauté musulmane travaille «depuis 15-20 ans» être bloqué par un si faible nombre de personnes. 

«On respecte la démocratie, puisque c'est la loi municipale qui vient d'être appliquée, et l'on remercie ceux qui étaient en faveur de notre projet, mais ne pouvaient pas voter», a-t-il débuté, avant de dénoncer le non-sens de la situation. «Ce qui nous déçoit, c'est qu'un projet de plusieurs milliers de musulmans a été refusé par 19 personnes.»

Sur place pour l'annonce du résultat du vote, à Saint-Apollinaire, une ville de 5000 habitants, M. Kesri a qualifié le refus de «discriminatoire».  

«Les 19 personnes se sont exprimées, mais sur quelle base se sont-ils exprimés? Je suis curieux de savoir ce qu'ils ont sorti comme argument pour interdire aux musulmans d'avoir un cimetière.»

Rappelons que dans les jours suivant la fusillade à la Grande Mosquée de Sainte-Foy, le 30 janvier, plusieurs voix s'étaient élevées pour pointer l'absence de cimetière musulman, dans la région de Québec. En février, le CCIQ s'entendait avec l'entreprise funéraire Harmonia pour l'achat d'un terrain de 60 000 pieds, sur la rue Laurier, le long de l'autoroute 20, à Saint-Apollinaire, avec une option d'achat pour éventuellement doubler la superficie. 

Ce que Harmonia ne savait vraisemblablement pas, à l'époque, c'est qu'un changement de zonage était nécessaire à l'implantation du cimetière sur le terrain. Ce détail a ouvert la porte à une consultation publique, et, en raison d'une demande ratifiée par au moins 17 citoyens, un référendum municipal sur le changement. 

Le vote tenu dimanche mettait fin à plusieurs semaines de débat prenant des airs de confrontation, entre ce qui était devenu des camps du «oui» et du «non», à Saint-Apollinaire.

Le CCIQ n'abandonne pas

N'empêche, Mohamed Kesri assure que le projet de cimetière musulman à Saint-Apollinaire est encore bien vivant, malgré le rejet de dimanche. 

«Moi, je ne vais pas faiblir à cause de 19 personnes. Ça va prendre plus que ça pour m'arrêter. Je vais revenir encore à la municipalité et la population de Saint-Apollinaire. Ça va être, peut-être, une autre façon de présenter la chose», a-t-il assuré, arguant que la loi 122 pourrait permettre de contourner un autre référendum. Sinon, «en dernier recours», le CCIQ pourrait s'adresser aux tribunaux. 

Mais la loi 122 n'est pas si simple, répond le maire Bernard Ouellet. «Franchement, je n'ai pas de plan B. Il n'y a pas de prochaine étape en vue», a-t-il avoué. 

«On va rencontrer les gens du CCIQ pour faire un bilan de tout ça cette semaine. Pour moi, le vote est définitif. Avant quelques années, on ne pourra pas faire grand-chose. On ne recommencera pas ce processus-là pour l'instant à Saint-Apollinaire.»




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