Cimetière musulman à Saint-Apollinaire: un appel à l'aide ignoré

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Le directeur d'Harmonia, Sylvain Roy, montre le terrain appartenant à l'entreprise funéraire que le Centre culturel islamique de Québec a trouvé à Saint-Apollinaire après plus d'une dizaine d'années de recherche.

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(Québec) Croyant les autorités déterminées à appliquer les principes du mieux vivre ensemble à la suite de l'attentat du 29 janvier, le Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) a fait parvenir une lettre à une dizaine de politiciens et dirigeants religieux afin d'obtenir leur appui dans le dossier de l'aménagement d'un cimetière musulman à Saint-Apollinaire. Mais celle-ci est demeurée sans réponse.

L'appel à l'aide a été lancé lorsque le projet de cimetière musulman est devenu des plus incertains en mai au moment où les opposants au projet ont obtenu que la demande de modification de zonage nécessaire soit soumise à un référendum. Celui-ci se tiendra dimanche. 

«Nous voulions les sensibiliser en leur rappelant qu'on a un droit qui nous permet d'acheter comme tout le monde, d'être propriétaires comme tout le monde et que la Charte des droits et libertés nous permet ça [...] Et nous leur avons demandé: "si vous avez des moyens [pour concrétiser le projet], pouvez-vous les utiliser?"», relate le responsable du projet de cimetière et secrétaire au CCIQ, Mohamed Kesri. 

La missive a été envoyée il y a plus d'un mois et demi à des politiciens de tous les ordres de gouvernement ainsi qu'à des représentants d'autres religions. Sans vouloir les cibler, M. Kesri assure que ce sont des élus concernés par le dossier. «On s'est dit qu'on allait recevoir un encouragement», laisse-t-il tomber, visiblement déçu. «Peut être nous appuient-ils en silence?»

Pour aménager un nouveau cimetière à côté de... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 2.0

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Pour aménager un nouveau cimetière à côté de l'existant où il est possible d'inhumer des corps, une modification au règlement de zonage est nécessaire.

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Surtout, dit-il, que les responsables du CCIQ et ceux qui le fréquentent étaient plutôt optimistes après le drame du 29 janvier où six victimes ont péri sous les balles d'Alexandre Bissonnette, qui a fait irruption à la Grande mosquée de Québec, à la fin de la prière du soir. «Tous les politiciens ont dit qu'à partir de maintenant, on va développer le vivre ensemble. Nous étions contents à l'idée de faire des activités entre communautés et développer des relations», relate Mohamed Kesri. 

«On s'est dit "Tiens, en achetant un terrain et en le laissant se transformer en cimetière musulman, ça serait une bonne preuve du vivre ensemble", poursuit-il. Mais on s'aperçoit après quelques mois de fraternité, de bisous à droite et à gauche, qu'on ne reçoit pas de soutien.»

Une minorité de votants

Le terrain que le CCIQ a trouvé après plus d'une dizaine d'années de recherche appartient à l'entreprise funéraire Harmonia, à Saint-Apollinaire. Mais pour aménager un nouveau cimetière à côté de l'existant où il est possible d'inhumer des corps, une modification au règlement de zonage est nécessaire. Des opposants ont obtenu le nombre de signatures nécessaires pour que cette procédure administrative soit soumise à un référendum auprès des personnes vivant dans la zone du cimetière projeté. Elles sont au nombre de 49. 

«Non seulement on ne reçoit pas de soutien, mais en plus, on risque d'avoir une minorité d'une vingtaine de personnes pour bloquer un projet qui appartient à plusieurs milliers de musulmans», déplore le responsable du dossier au CCIQ qui ne s'attend pas à un taux de participation très élevé dimanche. 

Un mutisme que dénonce aussi le directeur d'Harmonia, Sylvain Roy. «Les politiciens ont pris le micro pour obtenir du capital, mais il n'y en a pas un qui est venu sur la place publique pour les défendre. On les a accueillis, pourquoi n'auraient-ils pas droit à leur cimetière?» demande-t-il au sujet des immigrants et des Québécois de confession musulmane qui réclament d'être propriétaires, et non simplement locataires comme c'est le cas des «carrés musulmans» des cimetières multiconfessionnels, du sol où seraient enterrés leurs défunts. 

Si l'issue du vote est négative, Mohamed Kesri jure de ne pas lâcher prise et de se battre jusqu'au bout pour obtenir gain de cause, quitte se présenter devant les tribunaux. Il croit également que la loi 122, adoptée en juin et permettant aux municipalités d'être exemptées de l'obligation de tenir des référendums, pourrait éventuellement s'appliquer.




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