Les refuges pour itinérants débordent

Lauberivière dispose d'une nouvelle unité de débordement de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Lauberivière dispose d'une nouvelle unité de débordement de 15 lits, mais n'a pas l'argent pour payer les intervenants qui doivent s'en occuper.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Les refuges pour itinérants débordent à Québec depuis le début du mois. À Lauberivière, on a été forcé de refuser une vingtaine de personnes par jour cette semaine. L'unité de débordement toute neuve ne sert pas, faute de budget et de personnel.

«On a refusé 19 personnes lundi, 19 personnes mardi et 24 personnes hier [mercredi]. On a une nouvelle unité de débordement de 15 lits, mais on n'a pas l'argent pour y mettre des intervenants pour accompagner les gens», se désole en entrevue au Soleil le directeur général de Lauberivière, Éric Boulay.

M. Boulay explique que le budget proposé par le CIUSSS de la Capitale-Nationale permettrait d'y mettre un seul intervenant alors qu'il en faudrait au moins deux. «Si j'ai un seul intervenant pour 15 personnes et qu'il y en a une ou deux en crise, qui s'occupe des autres?» demande-t-il, ajoutant qu'il s'agit non seulement d'une question de sécurité, mais aussi de suivi des personnes. 

«Il faut être capable de les accrocher et de les référer à des services ou des ressources pour les empêcher de retourner dans la rue», souligne-t-il. M. Boulay rappelle du reste que le personnel de Lauberivière a déjà 71 lits à gérer «à bout de bras». «On ne peut pas en ouvrir 15 autres avec des intervenants déjà débordés», explique-t-il.

Le problème, insiste M. Boulay, n'en est pas un de lits physiques. «On ne peut pas mettre des matelas dans une cafétéria et mettre un bénévole pour surveiller. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.»

Toujours plus de besoins

D'année en année, observe le directeur général de Lauberivière, il y a toujours plus de gens à la rue. Les débordements dans les refuges surviennent surtout à l'automne, mais aussi après le 1er juillet, à l'échéance des baux des logements, qui coûtent de plus en plus cher, note-t-il. 

«Peut-être que ça peut expliquer le débordement de juillet. Il y a aussi que plusieurs ressources communautaires sont fermées ou en réduction de services pour les vacances, ce qui laisse les gens avec moins de ressources et d'encadrement», avance-t-il. C'est le cas de la Maison Revivre, qui est fermée jusqu'au 17 juillet, a constaté Le Soleil en y téléphonant, jeudi. 

«Mais les vacances n'expliquent pas tout, puisqu'on déborde aussi en septembre, octobre et novembre, et à d'autres périodes de l'année. Le problème est récurrent et la situation, très préoccupante», dit Éric Boulay. Une rencontre à ce sujet est d'ailleurs prévue avec la ministre déléguée à la Réadaptation, Lucie Charlebois, le 1er octobre prochain, précise-t-il.

«La Fondation de Lauberivière a un budget de 1,3 million $ par année, dont 750 000 $ viennent de collectes de fonds. Le public est très généreux, il faut le dire, mais il y a des limites à presser le citron. Il y a aussi une responsabilité politique», estime le directeur général de Lauberivière. L'an dernier, pas moins de 5000 personnes ont utilisé les différents services de l'organisme. «On a eu 16 315 couchers et servi 146 430 repas. C'est beaucoup», précise Éric Boulay.

À l'Armée du Salut

L'Armée du Salut est aussi en situation de débordement depuis le 2 juillet, confirme la porte-parole, Annick Papillon. «On a dû refuser des gens. Notre dortoir, qui contient 12 lits, nos 48 places en chambre et nos trois lits de débordement sont pleins», détaille-t-elle.

Mme Papillon souligne que la situation est loin d'être exceptionnelle pour l'organisme, qui déborde 200 jours par année. «C'est vraiment récurrent. Il faut se mettre en mode solution une fois pour toutes», insiste Mme Papillon, rappelant que les refuges de Québec avaient fait une sortie publique conjointe à ce sujet en mars dernier. 

«On a vraiment besoin d'une unité d'urgence à Québec, avec des intervenants qualifiés, pour s'assurer de répondre à la demande correctement», réitère la porte-parole de l'Armée du Salut.

Au YWCA de Québec, où on serait également en situation de débordement, personne ne nous avait rappelés au moment d'écrire ces lignes.




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