Wendake boude le 150e du Canada

Le Pow Wow de Wendake aura lieu du... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le Pow Wow de Wendake aura lieu du 30 juin au 2 juillet.

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Même si le Pow Wow de Wendake est inscrit dans la programmation officielle du 150e du Canada, il est hors de question pour la nation huronne-wendat de fêter cet anniversaire qualifié de «honte» par leur grand chef, Konrad Sioui.

«C'est une honte selon moi de célébrer la Constitution canadienne qui ne parle que de deux peuples fondateurs, les Français et les Anglais, et qui ne propose que deux ordres de gouvernement, fédéral et provincial, et qui, on le sait, a totalement omis même de faire une simple allusion à nos peuples. Il n'y a rien dans la Constitution canadienne qui parle de nous, les Premières Nations», a fait valoir M. Sioui à quelques jours du Pow Wow international de Wendake qui se tiendra du 30 juin au 2 juillet.

Un communiqué de presse daté du 9 mai dernier vante les nouveautés du Pow Wow dont l'aménagement d'un toit pour l'amphithéâtre du Carrefour artistique de Wendake où se tient l'événement qui aura lieu sans interruption en cas de pluie. Toujours selon le communiqué, cette «amélioration majeure» a été financée grâce à la participation de Patrimoine Canada et du Conseil de la nation huronne-wendat à la hauteur de 1,5 million $.

Malgré cette contribution d'Ottawa et l'inscription de la fête autochtone à la liste de la programmation officielle du 150e du Canada, Konrad Sioui n'en démord pas. Ce n'est pas l'anniversaire de la confédération qui sera célébré, mais bien le Canada des Premières Nations.

«Le Canada, c'est notre pays. C'est notre terre et on va toujours la célébrer même si pour certains autres, c'est le 150e d'une confédération qui de toute façon ne nous a pas fait aucune place [...] On a toujours célébré le Canada parce que c'est nous qui avons donné le nom à ce pays-là. C'est un nom huron-wendat, c'est nous qui avons accueilli Jacques Cartier donc ce n'est pas 150 ans, on ne sait même pas si c'est 450 ans», fait-il valoir.

Pas redevable

De plus, le grand chef rejette complètement le postulat que la nation ait tout de même profité des deniers publics accordés dans le cadre de la fête du pays. «Comme peuple autochtone, on ne voit pas ça comme ça. On saisit une opportunité pour vanter les mérites de notre nation, montrer les beautés de notre peuple, montrer au monde entier que dans ce Canada-là, on existe, peu importe s'ils se sont donné une constitution à eux ou pas», argue-t-il.

«Que ce soit Patrimoine Canada ou n'importe quel ministère, de toute façon, quand ils se sont séparé les pouvoirs entre eux, le gouvernement fédéral a écrit dans la Constitution que les terres réservées aux Indiens étaient de sa compétence exclusive. Alors on ne quête pas personne, on ne profite de rien. Le fédéral investit des sous, et très peu en passant, dans le monde des Premières Nations et on ne se sent vraiment pas redevables à qui que ce soit. C'est sa responsabilité.»

De la victimisation plutôt qu'une réconciliation

M. Sioui fait également valoir que la nation huronne-wendat n'a pas reçu toute la reconnaissance qu'elle méritait alors qu'elle «a donné ce qu'elle a de meilleur» sur les différents champs de bataille, dont celui des plaines d'Abraham. «Aujourd'hui, il ne reste qu'un petit hameau à côté de la ville de Québec qui remplace notre Stadaconé», se désole-t-il.

Konrad Sioui rejette du même coup la notion de «réconciliation avec les peuples autochtones» qui constitue l'un des thèmes majeurs du 150e anniversaire du pays. «La réconciliation, c'est de la victimisation. On n'embarque pas là-dedans. Nous, on a toujours été conciliés et conciliants. On a survécu à des épidémies, à des catastrophes, du rejet, du mépris, du racisme, de l'indifférence, mais en même temps, on a coexisté avec les gens de la région», souligne-t-il.

Si le grand chef n'entend pas sortir les confettis pour souligner la fête canadienne, il ne prendra pas non plus son bâton de pèlerin pour la dénoncer comme c'est le cas de certains homologues de l'Ouest ou encore, le mouvement né sur les réseaux sociaux baptisé #resistance150. «Nous n'avons pas la même histoire qu'eux», résume-t-il pour expliquer que ce genre de contestation n'a pas fait beaucoup de bruit dans l'Est.

***

Vous voulez y aller?

Quand: du 30 juin à 11h, au 2 juillet, 18h

Quoi: un Pow Wow, c'est un rassemblement des Premières Nations de l'Amérique du Nord. Autrefois, il s'agissait traditionnellement d'un événement religieux (chamanisme) ou de la célébration d'exploits guerriers.

Activités:

  • Nouveau spectacle Wendake Endi'
  • Démonstration de danse de Pow Wow
  • Dégustation de viandes sauvages
  • Exposition de 45 artisans
Plus d'infos: www.powwowwendake.ca

***

Visite de Justin Trudeau?

Konrad Sioui espère toujours la visite du premier ministre canadien, Justin Trudeau, au «plus gros Pow Wow d'Amérique du Nord» qui débutera vendredi, même si sa présence n'a pas été annoncée. «Il n'est pas encore venu ici alors que d'habitude, la première communauté autochtone visitée par les premiers ministres, c'est celle de Wendake», affirme celui qui se dit déçu de ne pas encore avoir reçu le dirigeant de l'État. «Je suis sûr que ça va lui faire plaisir, c'est un bon danseur!»




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