Des Percéens d'il y a 9000 ans

Les archéologues de la firme Ethnoscop, Laurence Bolduc... (collaboration spéciale Geneviève Gélinas)

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Les archéologues de la firme Ethnoscop, Laurence Bolduc et Roland Tremblay, sont à Percé cette semaine pour évaluer le site où ils ont découvert un fragment de pointe de projectile.

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(Percé) Il y a 8000 à 9000 ans, des Amérindiens campaient à Percé, là où stationnent aujourd'hui les touristes en partance pour l'île Bonaventure. En plus d'un fragment de pointe de projectile, une équipe d'archéologues a mis au jour des éclats de taille qui prouvent la présence d'un site d'habitation, le plus à l'est jamais trouvé sur la péninsule.

Lors de la visite du Soleil, mercredi, huit archéologues de la firme Ethnoscop sondaient le sol à intervalles réguliers près du littoral, au nord du quai de Percé. «C'est pour voir l'extension du site et sa densité en vestiges archéologiques», explique l'archéologue Roland Tremblay.

Le 2 juin, l'équipe a découvert le fragment d'une pointe de projectile à cet endroit.

La façon dont il est taillé, avec des retouches parallèles de part et d'autre, révèle la griffe d'artisans de l'époque paléo-indienne dite «récente», il y a 8000 à 9000 ans. 

La découverte d'éclats de taille lundi et mardi ajoute une information : «Il y a bel et bien un site d'habitation. Ce n'est pas une découverte fortuite. Des gens se sont installés ici et ont taillé la pierre», dit M. Tremblay. 

Le sol qui contient les artéfacts semble être à son emplacement original ou à quelques mètres tout au plus. Les archéologues doivent déterminer si une fouille en bonne et due forme vaut la peine d'être entamée. M. Tremblay n'en est pas encore sûr puisque jusqu'ici, le lieu est pauvre en artéfacts si on le compare à des sites du littoral nord de la Gaspésie.

Taillée dans le «chert»

Des artéfacts des premiers habitants de la péninsule ont déjà été trouvés «du Bic à Rivière-au-Renard, avec une belle concentration autour de La Martre et de Sainte-Anne-des-Monts», indique M. Tremblay. La découverte de Percé allonge de plusieurs dizaines de kilomètres vers le sud-est la répartition prouvée de ces Amérindiens.

Les archéologues ont exhumé un fragment de pointe... (collaboration spéciale Geneviève Gélinas) - image 2.0

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Les archéologues ont exhumé un fragment de pointe de projectile, qui faisait probablement partie d'une lance.

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La pointe de projectile a été taillée dans du «chert» de La Martre, une pierre siliceuse qu'on trouve en Haute-Gaspésie et qui servait à confectionner des outils, observe M. Tremblay. La Gaspésie présente «l'une des plus grosses concentrations de sites paléo-indiens dans le nord-est de l'Amérique du Nord», rappelle l'archéologue. L'abondance de chert, matière première importante pour ce peuple, en est une des raisons.

Les artéfacts gaspésiens ne sont toutefois pas les plus anciennes traces humaines au Québec. En Beauce et en Estrie, on a exhumé des pièces d'environ 11 000 ans.

Les Amérindiens qui ont vécu à Percé étaient des chasseurs-cueilleurs nomades, qui traquaient le caribou notamment. Ils ont colonisé le Québec après la fin de la dernière glaciation. «Probablement que pendant la saison chaude, ils s'installaient sur le littoral nord de la Gaspésie. Pendant la saison froide, ils allaient plus à l'intérieur du continent, dans les Appalaches et jusque dans le nord du Maine», explique M. Tremblay.

L'archéologie québécoise est «encore jeune», précise l'archéologue. L'intérieur de la péninsule et les abords de la baie des Chaleurs gagneraient à être explorés davantage, estime-t-il.

Par ailleurs, dans l'est de la Gaspésie, il n'y a rien d'étonnant à trouver des sites d'habitation aussi anciens près de la mer, à une faible élévation, explique M. Tremblay. À la fonte des glaciers, le niveau des eaux a certes monté, mais le continent s'est aussi soulevé à mesure que le poids de la glace s'allégeait. Ces deux facteurs se sont combinés différemment selon les endroits, mais le littoral de Percé pouvait fort bien se trouver au même emplacement qu'aujourd'hui.

Les archéologues explorent le site avant qu'un stationnement soit agrandi dans le cadre du projet de réaménagement du littoral de Percé.




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