Chats errants: place au CSR

Sainte-Brigitte-de-Laval et de Lac-Delage préfèrent stériliser les chats... (Photothèque Le Soleil)

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Sainte-Brigitte-de-Laval et de Lac-Delage préfèrent stériliser les chats errants et ensuite les relâcher, plutôt que les euthanasier.

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(Québec) Les municipalités de Sainte-Brigitte-de-Laval et de Lac-Delage sont les premières de la région de la Capitale-Nationale à adopter une politique de capture-stérilisation-relâche (CSR) plutôt que l'euthanasie pour faire face à la problématique des colonies de chats errants.

Cette façon de faire, déjà utilisée dans plusieurs villes comme Calgary, Prévost, Laval et Brossard, consiste, comme son nom l'indique, à capturer les minets sans propriétaire, à les stériliser et à les retourner dans le milieu où ils ont été attrapés afin d'éviter qu'ils se reproduisent.

Sainte-Brigitte-de-Laval

Sainte-Brigitte-de-Laval a conclu une entente avec l'organisme sans but lucratif Refuge éthique de l'Arrière-Pays, auquel elle a versé 3000 $ dans son dernier budget pour gérer cette nouvelle initiative.

«Le programme débutera au mois de juin et nous avons une entente avec eux pour capturer et stériliser les chats errants. Les 3000 $ serviront à couvrir les frais de vétérinaire», a expliqué au Soleil la conseillère municipale Christiane Auclair.

«Au lieu d'euthanasier les chats errants, l'idée est de les contrôler, c'est-à-dire de les remettre au même endroit après les avoir stérilisés», poursuit la conseillère en indiquant qu'il existe trois ou quatre colonies de chats errants problématiques comptant une trentaine de félins chacune à Sainte--Brigitte. «Nous espérons que ce programme nous permette d'en venir à bout.»

Lac-Delage

Du côté de Lac-Delage, c'est avec la Société protectrice des animaux (SPA) de Québec que la municipalité a conclu une entente à la fin du mois d'avril afin de mettre en place un programme de capture-stérilisation-relâche.

Ainsi, les chats errants non identifiés seront capturés et stérilisés. Ceux qui peuvent être adoptés seront rendus disponibles à l'adoption à la SPA. Ceux qui sont sauvages ou auxquels il ne sera pas possible de trouver une famille seront relâchés dans la nature.

«Nous l'avons fait, car nous sommes un tout petit territoire et qu'on pense que c'est important. On espère que d'autres villes emboîteront le pas», explique la directrice générale Josée Desmeules. La Municipalité paiera les frais de stérilisation, dont elle estime qu'ils seront de moins de 1000 $ par an. «On prétend qu'on capturera moins de dix chats chaque année», signale Mme Desmeules.

Cette dernière ajoute que Lac-Delage avait noté une prolifération de chats non contrôlée sur son territoire l'an dernier. «On n'a rien contre les chats errants. La problématique vient du fait qu'ils se reproduisent et se multiplient à la puissance dix», poursuit-elle.

Lac-Delage est allé plus loin dans le contrôle de sa population féline en imposant aussi aux propriétaires de chats qui sortent à l'extérieur de stériliser leur animal et de le munir d'une licence de la Ville ou de le rendre identifiable par micropuçage d'ici le 15 septembre. Ces mesures ne seront cependant pas obligatoires pour les chats qui demeurent à l'intérieur en permanence.

La Municipalité estime que la méthode de capture-stérilisation-relâche contribuera aussi à réduire les problèmes de nuisance causés par les comportements de chats fertiles comme l'arrosage nauséabond, les miaulements excessifs pendant les chaleurs des femelles, les bagarres et la naissance de nouveaux chatons non désirés et souvent non adoptables.

***

Québec emboîtera-t-elle le pas?

L'organisme sans but lucratif Mouvement Chats Errants se réjouit de l'adoption de programme de -capture-stérilisation-relâche à Lac-Delage et Sainte-Brigitte-de-Laval. Il souhaiterait maintenant voir la Ville de Québec emboîter le pas pour mieux contrôler ses colonies de chats errants, une idée rejetée par le conseiller municipal responsable de la gestion animalière, Patrick Voyer. 

«En 2014, on avait noté un problème de colonie de chats errants dans le secteur de l'Hôtel-Dieu de Québec et rien n'est réglé depuis. Au cours des dernières semaines, on a même noté une recrudescence de chats mal en point et de chattes gestantes dans le secteur», rapporte au Soleil Caroline Leblanc, du Mouvement Chats Errants.

Elle ajoute que les mesures actuelles prises par la Ville de Québec pour le contrôle animalier sont bonnes, mais qu'elles ne sont pas suffisantes pour régler un problème comme celui de l'Hôtel-Dieu. «Nous avons interpellé le conseiller Patrick Voyer souvent à ce sujet, mais il a affirmé qu'un programme de capture-stérilisation-relâche ne faisait pas partie du plan d'action de la Ville», déplore-t-elle.

Une telle mesure pourrait cependant permettre à la Ville de réaliser des économies, d'après Mme Leblanc. Elle cite le cas de Brossard, qui rapportait en 2015 avoir défrayé 8100 $ pour faire stériliser les chats errants alors qu'il lui en aurait coûté plus du double pour les faire euthanasier.

Refus catégorique

Mais M. Voyer ne fait pas le même calcul. Lors d'une séance du conseil municipal tenue en mars, il avait affirmé que la capitale comptait environ 340 000 chats errants et que stériliser chacun d'eux coûterait 34 millions à la Ville. Des chiffres qu'il n'a pas répété en entrevue avec Le Soleil à qui il a cependant maintenus à de nombreuses reprises qu'un programme de capture--stérilisation-relâche n'était pas dans les cartons de la municipalité. «On a des mesures primordiales à mettre en place avant», a-t-il argué, citant en exemple la sensibilisation et les campagnes de micropuçages qui pourraient se multiplier. M. Voyer souligne également que les efforts récents de la ville ont porté fruit et même permis de diminuer de moitié les euthanasies d'animaux. 

Une étude menée dans le comté d'Orange, en Floride, lors de la mise en place d'un tel programme pendant deux ans et demi, a pour sa part révélé une économie de 47 %, soit plus de 109 000 $.




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