Pas le droit d'aider minou

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Sylvie Marcoux et Caroline Fournier, missionnaires pour les chats errants.

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(Québec) Caroline Fournier vit entourée de minous qu'elle a trouvés, soignés, stérilisés et bichonnés en attente de leur trouver un toit. Mais ce qu'elle fait pour les chats errants, comme de nombreux autres «rescues» à Québec, est illégal.

«Le seul droit qui me reste, c'est d'attendre à la fenêtre et les regarder mourir», déplore la dame récemment retraitée de la fonction publique. Depuis quelques années, elle forme - avec Sylvie Marcoux - un duo de «sauveuses», un terme qui est plutôt anglicisé dans leur petite communauté de pairs. À elles seules, elles ont récupéré des dizaines et des dizaines de félins des rues de Limoilou et de Charlesbourg qui étaient soit très amochés, affamés ou encore complètement démunis. 

C'est un peu par défaut que ces amoureuses des chats se sont transformées en missionnaires. Sylvie Marcoux a commencé en nourrissant ceux qu'elle voyait dans la ruelle derrière chez elle à Limoilou. «Des fois, j'allais les porter à la SPCA pour m'apercevoir qu'ils étaient euthanasiés, raconte-t-elle. C'est pas de leur faute, ils ne peuvent pas faire des miracles.»

Elle a donc aménagé sa cave pour pouvoir en récupérer et les soigner, le temps de leur trouver un nouveau foyer. Sans hésiter, Mme Marcoux débourse de l'argent de ses poches pour stériliser ses locataires, et parfois même leur prodiguer des soins vétérinaires lorsque nécessaire. Les factures peuvent atteindre des centaines de dollars. 

Le scénario est similaire pour Caroline Fournier. En juillet il y a quelques années, elle craque pour une chatte blanche qui a commencé à rôder autour de chez elle à Charlesbourg. Avec les premiers flocons, elle lui a finalement ouvert la porte après l'avoir nourrie pendant des mois. Un autre minou s'est pointé et puis un autre et ce qui devait arriver arriva : ils ont eu une portée. Et sans trop s'en rendre compte, sa maison est devenue un refuge improvisé. 

Un apport important 

Et comme sa complice, chaque fois, elle les fait stériliser et les soigne, mais sans oublier de s'assurer qu'un propriétaire n'est pas à leur recherche. Puis, les deux femmes affichent leurs protégés sur les réseaux sociaux et les sites de petites annonces dans l'espoir de leur offrir une seconde vie. Des fois, elles refusent même de céder l'animal à un futur maître qu'elles jugent louche.

Caroline Fournier vit entourée de minous qu'elle a... (Infographie Le Soleil) - image 2.0

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Les deux dames se sont rencontrées par l'intermédiaire du réseau des «rescues» qui, disent-elles, sont très actifs sur les réseaux sociaux. Lorsqu'elles ont eu l'occasion de «travailler» ensemble, ça a cliqué et depuis, elles forment un tandem connu notamment des vétérinaires qui acceptent de stériliser les chats qu'elles leur apportent. Parce que ce ne sont pas toutes les cliniques qui veulent s'occuper des animaux errants, soulignent-elles. Elles ne se compteraient que sur les doigts d'une main, selon les deux dames. 

À Québec, Caroline Marcoux et Sylvie Fournier sont loin d'être les seules à agir comme «rescues». «Nous sommes beaucoup!», s'exclament-elles en coeur, énumérant leurs consoeurs comme Marie-Odette Lamontagne qui avait notamment récupéré 10 des 30 chats abandonnés dans une maison de Saint-Basile de Portneuf en septembre dernier. Une telle est spécialisée dans le biberonnage, une autre les amochés, tandis qu'une troisième se spécialise pour les félins peureux. Il y a aussi les organisations plus connues, comme Mouvements chats errants ou Adoption chats sans abris. 

Un geste illégal

Mais ce qu'elles font est illégal puisque, officiellement, les citoyens ne peuvent pas attraper, nourrir, faire stériliser et garder à la maison des chats errants. Ce droit appartient à la fourrière officielle de la Ville de Québec, Les Fidèles Moustachus. «Je vis avec une épée de Damoclès au-dessus de ma tête tous les jours», déplore Caroline Marcoux, qui craint qu'un voisin ne la dénonce parce qu'elle héberge trop de minous selon la réglementation en vigueur. 

Le duo souhaiterait que les autorités reconnaissent l'apport des «rescues» et ultimement, leur offre de l'aide «au lieu de les euthanasier», lance Mme Marcoux. De plus, les deux femmes croient que la Ville de Québec devrait obliger les propriétaires à stériliser et micropucer leurs animaux, une proposition que rejette pour l'instant le conseiller municipal Patrick Voyer, membre du comité exécutif et responsable de la gestion animalière.

Ce dernier souligne par ailleurs que la Ville tolère les organisations qui s'occupent des chats errants, mais qu'elle est obligée d'intervenir si elle se rend compte qu'une résidence est insalubre parce qu'elle héberge 10 ou 20 chats errants. «Ça devient un problème de santé publique», fait-il valoir.




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