Le cimetière musulman divise Saint-Apollinaire

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Lise Gagnon et Marcel Landry partagent leur quotidien, mais pas le même point de vue sur le projet de cimetière musulman à Saint-Apollinaire.

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<p>Ian Bussières</p>

(Saint-Apollinaire) Le dossier du cimetière musulman à Saint-Apollinaire divise grandement les 62 résidents du territoire concerné qui décideront de la vie ou de la mort du projet de l'entreprise funéraire Harmonia et du Centre culturel islamique de Québec lors d'un référendum le 16 juillet.

Les résidents des rangs Prairie Grillée et Marigot rencontrés par Le Soleil jeudi étaient loin d'être unanimes sur cette question et plusieurs refusaient même de donner leur nom, ou même de dire leur opinion sur cette épineuse question.

«Je ne m'intéresse pas à ça... Ça fait deux fois que je me fais recevoir, alors maintenant je ferme ma gueule», a lancé sèchement Jean-Guy Côté. Son épouse ne voulait pas davantage dire de quel côté elle penchait. «C'est lors du référendum, en juillet, qu'on va décider ça», a-t-elle ajouté, visiblement pas très heureuse d'entendre une fois de plus parler du dossier.

Un peu plus loin, on trouvait des opinions divergentes même chez un mari et sa femme. «Moi, je suis pour», affirme avec conviction Marcel Landry. «Je pense qu'il devrait y avoir un cimetière. Il faut bien que ces gens se fassent enterrer quelque part et je me souviens qu'il n'y a pas si longtemps, les cimetières catholiques n'acceptaient pas les protestants ou les juifs.»

Il rappelle d'ailleurs le cas de la petite municipalité de Kinnear's Mills, en Chaudière-Appalaches, qui compte quatre églises et quatre cimetières de confessions religieuses différentes. «Ça ne me dérangerait pas du tout qu'on en ait deux à Saint-Apollinaire et je vais aller voter pour le cimetière», assure-t-il.

Son épouse Lise Gagnon pourrait bien faire le contraire, elle qui avoue avoir signé le registre pour qu'un référendum ait lieu. Elle jure cependant en souriant que le sujet n'est pas devenu une pomme de discorde entre elle et celui qui partage sa vie depuis 47 ans.

Pour tout le monde 

«Oui, ça se pourrait très bien que je vote contre, car dans ma tête à moi, je ne suis pas pour que ce soit un cimetière seulement pour les musulmans. Il faudrait que ce soit pour tout le monde», ajoute-t-elle en promettant d'assister aux rencontres d'information d'Harmonia pour donner la chance au coureur.

Une de leurs voisines, qui a refusé de s'identifier, abondait un peu dans le même sens que Mme Gagnon. «Je pense que c'est ça, la pierre d'achoppement. Si c'était un cimetière multiconfessionnel, ça aurait passé sans problème. Je suis partagée quant à ce caractère exclusif», indique celle qui n'a pas signé le registre et qui ne sait pas si elle votera le 16 juillet.

Isabelle Rousseau, elle, n'a aucun problème avec l'arrivée d'un cimetière musulman à Saint-Apollinaire, mais ne sait pas non plus si elle se déplacera pour voter. «On en entend parler un peu. Des gens ont fait du porte-à-porte à ce sujet... Nous, on n'est pas contre», assure-t-elle.

Tout juste en dehors du territoire concerné qui... (Collaboration spéciale Ian Bussières) - image 2.0

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Tout juste en dehors du territoire concerné qui sera appelé à voter au référendum, Maryse Bernard et son mari aimeraient pouvoir s'exprimer le 16 juillet.

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Sylvain, qui n'a pas donné son nom de famille, avoue avoir un peu peur de voir une communauté musulmane s'installer éventuellement dans sa ville. «Un cimetière, ça ne me dérange pas. Je n'ai pas de préjugé, mais je ne voudrais pas qu'il y ait des actes terroristes dans cinq ou dix ans et regretter tout ça», résume-t-il.

Si près, mais si loin

Contrairement à ses voisins qui pourront voter, Alain Caron, qui a milité activement contre le projet, ne pourra pas faire entendre sa voix en juillet. «C'est que mon terrain n'est pas assez long pour toucher la ligne du territoire concerné...», laisse-t-il tomber. Il déplore surtout que le terrain concerné ne rapportera plus rien en taxes à la municipalité quand il deviendra un cimetière. «Je ne comprends pas pourquoi le maire s'acharne. Ça fait deux fois qu'il se fait dire non et il continue», ajoute-t-il.

Jean Trudel et Maryse Bernard sont un peu dans la même situation. Ils sont tout juste à l'extérieur du territoire concerné. Ils aimeraient bien pouvoir voter, mais en faveur du cimetière.

«Nous, on est pour. Le projet d'Harmonia est bien monté et ça n'a pas de sens que ces gens se fassent enterrer en Algérie ou au Maroc alors qu'ils vivent ici. Je crois que le problème en est un de peur et de manque d'information», commente M. Trudel.

Il fait d'ailleurs remarquer qu'il y a déjà une salle du Royaume des Témoins de Jéhovah à Saint-Apollinaire. 

«Ces gens sont déjà présents et ils ne dérangent personne, alors je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas accueillir aussi un cimetière musulman.»




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