La bataille des OBNL

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La Course de bateaux-dragons et la Marche de l'espoir sont deux événements qui se tiennent dans la même période et qui sollicitent la même population.

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Sans même le vouloir, les organismes à but non-lucratif de la région alimentent une forte compétition entre eux. Pour obtenir l'appui financier de différents partenaires, ils se pilent sur les pieds. C'est une course contre la montre.

Alors qu'elle organisait une campagne de financement pour son organisation, la directrice générale du Centre Carmen, Linda Dewar, avait bien de la difficulté à se trouver des commanditaires.

Moins d'un mois avant sa soirée-bénéfice, un autre organisme avait lui aussi organisé un événement de financement. Et comme plusieurs partenaires avaient déjà attribué une partie de leur budget à cet organisme, le Centre Carmen s'est retrouvé bredouille.

« La compétition est grande, témoigne-t-elle. Les gens ne financeront pas 25 événements, et je les comprends. »

Mais Mme Dewar est loin d'être la seule dans cette situation.

Selon la directrice du financement de la Société canadienne de la sclérose en plaques en Outaouais, Louise-Andrée Pelletier, la situation est « très préoccupante », puisque le nombre de causes ne cesse d'augmenter dans la région.

Au total, ce sont plus de 160 organismes à but non-lucratif qui sont établis en Outaouais.

« L'Outaouais, ce n'est pas une grosse région. Et toutes les maladies y sont représentées, explique Mme Pelletier. On se partage tous la même tarte, et les portions sont de plus en plus minces », illustre-t-elle.

Et comme le nombre de fondations se multiplie dans la région, le nombre d'événements augmente lui aussi. Les commanditaires sont sursollicités, et le risque d'organiser une activité en même temps qu'un autre organisme est encore plus grand.

Ce sera d'ailleurs le cas le 28 mai prochain.

Marche pour l'Alzheimer, Marche de l'espoir pour la sclérose en plaques, Marche « Faites de la fibrose kystique de l'histoire ancienne », Défi têtes rasées de Leucan : quatre organismes ont visé la même date du calendrier pour organiser leurs activités.

« C'est un événement qui a lieu dans toutes les villes en même temps, alors c'est difficile de changer la date », a d'ailleurs commenté la gestionnaire du développement et des communications de la Société Alzheimer de l'Outaouais, Clèr Fraser.

« Il faut faire preuve d'originalité pour se démarquer, poursuit-elle. On a ajouté des activités dans la journée pour attirer plus de gens. C'est différent des autres années. »

Mais les organisations n'ont pas l'habitude de se consulter quand vient le temps de planifier leurs événements bénéfices.

« Je n'aime pas ce mot-là, mais on est en 'concurrence' pour l'argent », explique la directrice générale de Centraide Outaouais, Nathalie Lepage.

« Les organismes communautaires dépendent de l'autofinancement, poursuit-elle. Tout le monde veut avoir du succès. On n'a pas le réflexe de regarder avec les autres. »

Pistes de solutions

Quelques organismes commencent toutefois à discuter de solutions envisageables, qui aideraient à alléger la compétition.

« Il faudrait travailler ensemble et établir un calendrier commun, sinon on va tous finir par se retrouver avec rien », propose Linda Dewar.

Ce calendrier serait accessible à tous les organismes, afin que chacun indique ses dates d'événements. Ainsi, il serait plus facile de ne pas se retrouver avec trois activités la même journée.

Quoique cette idée semble profitable, intégrer cette nouvelle procédure au sein des organisations pourrait être une tâche plutôt difficile, selon Louise-Andrée Pelletier et Nathalie Lepage.

« C'est intéressant, mais je ne vois pas encore le jour où ça pourrait arriver », se désole Mme Lepage.

« Il faut trouver le temps de le faire. Nous, ici, on est deux, mais on travaille pour dix ! Ça nous fait un horaire très chargé, ajoute Mme Pelletier. Mais [les organismes] se rapprochent tranquillement. On commence à y penser. »

Elle suggère plutôt aux fondations de se réunir autour d'un seul événement.

« Les organismes qui se ressemblent pourraient faire une seule activité ensemble, et diviser les profits en parties égales », précise-t-elle.

Mais selon Mme Dewar, la solution se trouve dans le simple fait de communiquer.

« Quand tout le monde se parle, ça fonctionne. Mais ce n'est pas ça qui se passe présentement », souligne-t-elle.

Marika Bellavance, collaboration spéciale




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