Les passages illégaux à la frontière augmentent au Québec

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En tout, 887 personnes ont été interceptées par les agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), contre 658 le mois dernier.

La Presse, Martin Tremblay

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Mylène Crête
La Presse Canadienne
Ottawa

Les passages illégaux à la frontière canadienne ont continué à augmenter en mars, selon les plus récents chiffres du ministère de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.

En tout, 887 personnes ont été interceptées par les agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), contre 658 en mars.

Le Québec et le Manitoba demeurent les provinces les plus touchées, indiquent ces données publiées mercredi. Elles sont suivies de la Colombie-Britannique.

Le nombre de passages illégaux au Manitoba a ralenti par rapport à l'explosion enregistrée en février. Le ministère dénombre 170 interceptions par les agents de la GRC, soit 28 de plus qu'en mars.

Les interceptions dans cette province avaient augmenté considérablement de janvier à février, passant de 19 à 142.

Au Québec, la GRC a intercepté 644 personnes en mars, soit 212 de plus que le mois précédent.

La plupart des personnes qui ont traversé la frontière illégalement en mars ont fait une demande d'asile. Les données du ministère de l'Immigration indiquent une augmentation du nombre total de demandes d'asile au pays, qui sont passées de 2885 en février à 3440 en mars.

Engorgement du système

Ces nouvelles données risquent de faire monter la pression pour que le gouvernement Trudeau agisse, mais elles sont loin de surprendre l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration (AQAADI). Elle s'attend à une recrudescence du nombre d'interceptions à la frontière avec la fonte des neiges.

«Plus le beau temps va arriver, plus ça risque de jouer sur l'augmentation des demandes parce que les gens ont de plus en plus de crainte d'être aux États-Unis ou d'être renvoyés dans leur pays d'origine, où ils craignent la persécution. Donc, c'est sûr qu'ils cherchent une solution plus permanente», a affirmé le président de l'AQAADI, Jean-Sébastien Boudreault.

Depuis le début de l'année, il constate un engorgement du système de traitement des demandes d'asile. «Présentement, j'ai des collègues qui font des demandes de refuge, et pour une demande sur deux, l'audition est reportée parce qu'on manque de commissaires, parce qu'on manque de ressources pour analyser ces dossiers-là», a-t-il indiqué.

La moitié des dossiers sont donc reportés à une date indéterminée, alors qu'auparavant, les demandes étaient traitées dans un délai de maximal de 60 jours.

L'association demande au gouvernement Trudeau d'imposer un moratoire sur l'Entente sur les tiers pays sûrs pour éviter les entrées illégales au pays. En vertu de cette entente, un réfugié qui arrive aux États-Unis en premier ne peut faire de demande d'asile au Canada. Il doit la faire aux États-Unis.

«Maintenant que les États-Unis n'ont plus un système d'immigration similaire au système canadien, la prémisse de cette entente-là ne tient plus. Les valeurs des décrets migratoires du président américain ne sont pas les mêmes valeurs que celles du système canadien», a expliqué Jean-Sébastien Boudreault.

La hausse des passages illégaux est souvent attribuée aux politiques de Donald Trump sur l'immigration aux États-Unis, mais le gouvernement du Canada s'est montré hésitant jusqu'à présent à établir un lien avec l'élection du président américain.

Dans une lettre envoyée il y a quelques mois au ministre canadien de l'Immigration, Ahmed Hussen, et au premier ministre Justin Trudeau, l'AQAADI demande également des fonds supplémentaires pour la Commission de l'immigration et du statut de réfugié. Elle dit n'avoir reçu aucune réponse.

Un porte-parole du ministre Hussen a affirmé mercredi que le budget fédéral prévoit déjà une somme pour la Commission de l'immigration et du statut de réfugié. Le gouvernement réserve en effet près de 63 millions $ sur cinq ans pour l'organisme.

Bernie Derible a ajouté que le ministre suit la situation de près, mais que pour l'instant, il n'y a pas lieu de modifier l'Entente sur les tiers pays sûrs.

Sécurité à la frontière

Un porte-parole du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a précisé dans un courriel que l'Agence des services frontaliers et la GRC ont fait des ajustements de personnel pour faire face à cette hausse des passages illégaux jusqu'à maintenant.

Il a rappelé que les personnes qui traversent illégalement la frontière détiennent déjà un visa américain et que, par conséquent, elles subissent une double vérification de leur identité et de leurs antécédents, d'abord aux États-Unis et ensuite au Canada.

«En termes clairs, essayer de franchir la frontière d'une manière irrégulière n'est pas un laissez-passer pour le Canada», a écrit Scott Bradley, ajoutant que ces personnes sont appréhendées par la police à leur entrée en territoire canadien et que leur demande suit ensuite le processus.

Passages illégaux à la frontière interceptés par la GRC en 2017

  • Québec: 245 (janvier), 432 (février), 644 (mars)
  • Manitoba: 19 (janvier), 142 (février), 170 (mars)
  • Colombie-Britannique: 46 (janvier), 84 (février), 71 (mars)
  • Nouveau-Brunswick: 0 (janvier), 0 (février), 1 (mars)
  • Alberta: 0 (janvier), 0 (février), 1 (mars)




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