Légion royale canadienne: fin d'une ère de conflits

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Claude Racine, l'actuel président local de la Légion royale canadienne a pris les rênes pendant la tutelle.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) La filiale de Québec de la Légion royale canadienne tourne la page sur des années de conflits internes. Au terme d'une poursuite civile réglée à l'amiable, une lettre d'excuses a été envoyée aux membres en février afin de disculper d'anciens administrateurs soupçonnés de malversations.

Le 14 février 2013, la filiale 265 Charles Forbes de la Légion royale canadienne était mise sous tutelle. Les dirigeants provinciaux jugeaient suspecte la vente d'un édifice sur la rue Paquet pour en acheter un autre, plus cher, sur le boulevard Valcartier. Ils avaient également réalisé que 10 % des fonds amassés pendant la campagne du coquelicot étaient systématiquement versés dans le compte courant de la filiale (voir autre texte).

Se considérant injustement accusés et victimes de diffamation, cinq administrateurs visés ont entamé des poursuites judiciaires contre la Légion royale canadienne, la direction provinciale et la filiale locale. Le procès a eu lieu en janvier. Après six jours d'audiences, une entente à l'amiable a été conclue. Comme c'est très souvent le cas, le contenu de l'entente n'a pas été révélé.

Toutefois, une lettre d'excuses a été publiée peu après par Norman Shelton, président de la direction du Québec de la légion. «À la lumière des faits portés à la connaissance des parties, il appert qu'aucune malversation ni manoeuvre dolosive quelconque n'a été commise par les membres du conseil 2012-2013», peut-on y lire. Et encore : «En cours de tutelle, il a été démontré qu'aucun des membres ci-dessus nommés n'avait commis d'acte illégal ou répréhensible.»

M. Shelton dit regretter «tous les troubles et inconvénients» subis par les membres et souhaiter que «l'esprit de camaraderie qui a toujours régné au sein de la filiale Forbes puisse se poursuivre».

Pas les bienvenus

Claude Racine, l'actuel président local qui a pris les rênes pendant la tutelle, affirme que cela ne sera pas si simple pour les cinq personnes impliquées. «Les membres ne sont pas intéressés de les revoir. Eux autres, ils veulent revenir pareil, mais ils ne se sentiront pas la bienvenue.»

En trame de fond, la question financière. «On a perdu beaucoup d'argent à cause de tout ce conflit-là», dit M. Racine. Il évoque principalement la baisse du membership - plus d'une centaine des quelque 300 membres ont déserté, mais auraient été remplacés depuis - et les frais de déménagement.

Entre le début du litige en 2013 et maintenant, les légionnaires ont eu quatre toits. Ils ont quitté la rue Paquet pour le boulevard Valcartier, mais la bâtisse a été vite revendue - à perte - car jugée trop petite, impossible à adapter et manquant de stationnement.

La filiale Forbes a ensuite loué des locaux à Lac-Saint-Charles et maintenant sur le boulevard Hamel. Selon M. Racine, elle n'a plus les moyens d'être propriétaire.

Richard Gagnon, président démis de ses fonctions lors de la mise sous tutelle et poursuivant dans l'affaire, demeure très sceptique face à la revente par ses successeurs de l'immeuble dégoté sur le boulevard Valcartier. «Ils ont perdu beaucoup d'argent», déplore-t-il lui aussi. La situation géographique lui apparaissait également plus propice au recrutement puisque c'était près de la base militaire et donc d'un bassin naturel de vétérans. Selon M. Gagnon, il y a un lien à faire avec le membership.

Son collègue Richard Morency, qui était vice-président, se dit quant à lui soulagé que cette chicane soit derrière lui. «On a gagné ce qu'on voulait avoir. On voulait des excuses. On voulait blanchir notre nom comme quoi on n'avait rien fait. C'est le minimum qu'on a pu avoir», a-t-il déclaré au Soleil.

«Il n'y a jamais eu de détournement de fonds, de vol ou de fraude»

La gestion des fonds du coquelicot a été au coeur du procès écourté de la filiale de Québec de la Légion royale canadienne.

Plusieurs questions ont été soulevées sur l'habitude prise par la filiale 265 Charles Forbes de garder 10 % des sommes récoltées auprès du public. Dans les jours précédant le 11 novembre, jour du Souvenir, les Canadiens peuvent acheter une fleur rouge montée sur une épinglette, symbole du sacrifice des soldats en temps de guerre, moyennant quelques dollars.

Selon le manuel du coquelicot, l'argent amassé à ce temps fort de l'année doit être placé dans un compte en fidéicommis et dépensé localement au seul bénéfice des vétérans et de leur famille immédiate. Les utilisations permises sont nombreuses (voir tableau), mais chaque demandeur ne peut recevoir qu'un don par année, généralement de quelques centaines de dollars. 

Dans la capitale québécoise, le dixième de l'argent aboutissait plutôt dans le fonds de roulement de la filiale. Ces dernières années, la campagne du coquelicot a permis d'amasser entre 80 000 et 100 000 $ dans la région de Québec. C'est donc près de 10 000 $ par année qui n'étaient pas remis directement à un vétéran. 

En cour, Fernand Renaud, comptable de la filiale 265, a parlé d'une «tradition» datant de presque 20 ans. Il a expliqué que le transfert avait pour but d'absorber les frais engagés par les administrateurs et les membres pour tenir la campagne du coquelicot, qu'il s'agisse de louer des installations, de payer des repas ou de l'essence. 

Aucune anomalie

Les vérificateurs de la direction provinciale n'avaient jamais relevé l'anomalie. M. Renaud a assuré qu'il n'avait jamais vu quelqu'un utiliser les fonds à des fins personnelles. 

Claude Racine, actuel président de la filiale, est aussi formel : «Il n'y a jamais eu de détournement de fonds, de vol ou de fraude.» L'enquête des juricomptables embauchés par la direction provinciale l'a prouvé, insiste-t-il. 

Sachant maintenant que la pratique du 10 % n'est pas autorisée, les administrateurs déduisent plutôt les dépenses encourues par la campagne du coquelicot à même les revenus engrangés pour ensuite redistribuer l'excédent. Des documents officiels sont également remplis pour garder trace des dons. Enfin, les dons systématiques ne sont plus permis. Chaque demandeur doit présenter une nouvelle demande chaque année.

Utilisations permises des fonds du coquelicot

La gestion des fonds du coquelicot a été au... - image 4.0

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La gestion des fonds du coquelicot a été au coeur du procès écourté de la filiale de Québec de la Légion royale canadienne.

-Subventions pour la nourriture, le logement ou les médicaments des vétérans

-Programmes de transition pour la formation et l'éducation des vétérans

-Visites et excursions d'un jour pour les vétérans

-Bourses d'études aux enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants des vétérans

-Services aux aînés pouvant bénéficier aux vétérans

-Dons en cas de catastrophes qui touchent des vétérans

-Promotion et administration des activités du Souvenir

-Alcool et cigarettes sont exclus




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