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Les demandes d'aide bondissent chez les vétérans

«Je ne suis pas surpris de savoir qu'on... (Le Soleil, Erick Labbé)

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«Je ne suis pas surpris de savoir qu'on est plus nombreux à consulter», dit Simon-Pier Auclair-Walsh, un vétéran de 30 ans qui a participé à la mission canadienne en Afghanistan en 2009.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Les vétérans appellent de plus en plus à l'aide. Le nombre d'entre eux ayant été référé dans les cliniques spécialisées pour traumatismes liés au stress opérationnel (TSO) a bondi de façon fulgurante. Celle de Québec, la plus achalandée au pays, ne dérougit pas, si bien qu'elle manque d'espace et doit déménager sous peu.

L'augmentation est de plus de 1010 % d'un océan à l'autre puisqu'en 2006, le ministère des Anciens combattants a aiguillé 189 vétérans vers l'une de ses cliniques TSO. Dix ans plus tard, c'est 2282 militaires ayant quitté l'armée qui ont été confiés à cette ressource d'aide psychologique. Il faut dire aussi que le nombre de cliniques a doublé dans la dernière décennie passant de cinq à onze.

La mission canadienne en Afghanistan n'est pas étrangère à cette hausse puisque 13 % des militaires déployés dans ce pays ont reçu une pension ou une indemnité d'Anciens Combattants Canada en lien avec un trouble de santé mentale, explique le porte-parole du ministère, Steven Harris. Mais ce n'est pas tout. «On parle beaucoup plus de la santé mentale. C'est quelque chose que l'on observe non seulement du côté des militaires, mais également dans la vie civile», souligne-t-il.

Le futur centre d'excellence à Québec?

La clinique TSO de Québec, située à Loretteville, a ouvert ses portes en 2004 et est la plus achalandée au pays avec 1200 clients actifs, affirme son gestionnaire, Simon-Pierre Breton. En moyenne, il dit recevoir une quarantaine de nouvelles demandes d'aide par mois pouvant provenir de Drummondville aux Îles de la

Madeleine et de la frontière du Maine à Chibougamau. «Nous avons un immense bassin et couvrons deux bases militaires [Valcartier et Bagotville]», explique M. Breton.

«Et puisque Valcartier c'est une base d'armée de combats, beaucoup de soldats reviennent blessés», poursuit-il. Selon le gestionnaire, le territoire couvert par sa clinique compte environ 10 000 vétérans. «Si on avait le personnel et l'envergure, on pourrait passer facilement à 3000 clients», évalue Simon-Pierre Breton. Le projet de déménagement est déjà enclenché alors qu'un appel d'offres a récemment été lancé tout comme les demandes pour bonifier le nombre de spécialistes y travaillant.

M. Breton caresse aussi le rêve d'accueillir le nouveau centre d'excellence pour les soins aux vétérans, spécialisé en santé mentale, en trouble de stress post-traumatique et en problèmes connexes annoncé dans le dernier budget du gouvernement fédéral. Doté d'une enveloppe de 7,5 millions de dollars sur quatre ans, le futur centre vise à faire des percées dans la recherche scientifique et à développer des outils pouvant servir aux différentes cliniques TSO à travers le pays.

«Je pense que Québec devrait être fortement considérée», affirme le gestionnaire qui cite notamment l'achalandage de la clinique de Loretteville et le partenariat déjà existant avec l'Institut universitaire en santé mentale de Québec comme raisons pouvant convaincre Ottawa d'installer son nouveau centre dans la Capitale-Nationale. Mais selon le porte-parole d'Anciens Combattants Canada, Steven Harris, le projet n'est pas encore suffisamment avancé pour parler de localisation.

Un service essentiel

Simon-Pier Auclair-Walsh avait remarqué qu'il y avait de plus en plus de voitures dans le stationnement de la clinique TSO de Loretteville qu'il fréquente depuis 2013. «Je ne suis pas surpris de savoir qu'on est plus nombreux à consulter», dit ce vétéran de 30 ans qui a participé à la mission canadienne en Afghanistan en 2009. S'il est maintenant capable d'en parler, c'est notamment grâce à l'aide qu'il y a reçue. 

Comme beaucoup de ses camarades d'armes, les problèmes ne sont pas apparus tout de suite. C'est plusieurs mois après son retour au Québec que son ex-conjointe et lui ont compris que quelque chose clochait. «Un soir je me suis réveillé et je cherchais un ennemi avec un couteau dans les mains», raconte-t-il. Sa copine est intervenue et le militaire n'a pas tardé à consulter les médecins de la base. Lorsqu'il a pris la décision de quitter les Forces, c'est la clinique TSO qui a pris le relais. 

Les thérapies de groupe lui ont notamment donné un sérieux coup de pouce. «Ça m'a aidé, je me sentais moins seul dans ma situation», souligne le trentenaire qui a d'abord fréquenté la clinique sur une base très régulière. Depuis, les rendez-vous se sont espacés mais demeurent nécessaires, d'autant plus, dit-il, que les médecins qu'il consulte lui fournissent la médication dont il a de besoin. 

Simon-Pier Auclair-Walsh ne comprend pas les vétérans qui se disent abandonnés par le gouvernement puisqu'il a reçu tous les services dont il avait besoin et même plus. Sa compagne actuelle et son fils âgé de 8 ans ont pu consulter des spécialistes de la clinique pour les aider à gérer l'amoureux et le papa qui a parfois des comportements inexplicables. Si M. Auclair-Walsh ne regrette pas sa décision de joindre l'armée, il admet en payer le prix aujourd'hui. Mais l'ancien militaire se croit tout de même chanceux de jouir de l'aide indispensable que la clinique TSO lui offre.

Projet pilote concluant à Valcartier

Comme tous les centres de la famille des bases militaires à travers le pays, celui de Valcartier n'offrait que des services aux employés en service. Mais depuis que la base participe à un projet pilote, le centre a ouvert ses portes aux vétérans libérés pour des raisons médicales afin de les soutenir dans un moment crucial «où un vide s'installe», explique son responsable des communications, Dany Saint-Laurent. 

Cet «essai» mené dans sept centres au pays a connu un tel succès que le gouvernement canadien a décidé d'élargir le programme à ses 32 emplacements au Canada. Une mesure qui ravit M. Saint-Laurent qui dit avoir recruté au moins une nouvelle famille par jour lors de la campagne médiatique menée sur le territoire qu'il couvre. 

Les centres de la famille offrent des services diversifiés allant d'aide à la recherche d'emplois à un service de gardiennage ou même de référencement pour d'autres ressources. Comme le nom l'indique, toute la famille d'un vétéran peut y avoir recours.




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