La presse écrite pourra souffler un peu

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Pour la première fois dans son budget, le gouvernement reconnaît que le marché de la presse écrite est fragilisé par «une importante baisse des revenus publicitaires». La publicité migre de façon importante vers de grosses plateformes internationales comme Facebook ou Google.

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(Québec) Le cri d'alarme de la presse écrite a été entendu, en partie, par le gouvernement. Québec offre une aide temporaire de 36 millions $ au cours des 5 prochaines années pour aider les médias, surtout locaux et régionaux, à réussir leur virage numérique.

Pour la première fois dans son budget, le gouvernement reconnaît que le marché de la presse écrite est fragilisé par «une importante baisse des revenus publicitaires». La publicité migre de façon importante vers de grosses plateformes internationales comme Facebook ou Google.

ll reconnaît également que les Québécois ont droit à une information «diversifiée et de qualité» où qu'ils soient dans la province. L'aide financière ira à renforcer les médias communautaires et à favoriser l'adaptation au monde numérique des médias régionaux.

Taxe de recyclage du papier

Tous les médias imprimés doivent payer une taxe qui est renvoyée aux municipalités afin de les aider à recycler le papier. Pour certains journaux, cette taxe a augmenté de 1000% au cours des 10 dernières années.

Le gouvernement tient à préserver le système actuel de compensation aux municipalités, car il le considère équitable pour l'ensemble des producteurs de matières qui vont au recyclage. Par contre, il consent à aider les journaux à souffler un peu, en versant une subvention temporaire de 5 ans à RecycleMédias, l'organisme qui représente les propriétaires et distributeurs de journaux depuis 2005.

Ces annonces sont «un premier pas dans la bonne direction», croit la Coalition pour la pérennité de la presse d'information au Québec, dont fait partie le Groupe Capitales Médias, Le Devoir, Hebdos Québec et TC Transcontinental.

«On montre qu'on peut soutenir l'industrie, sans compromettre l'indépendance et la distance que les médias doivent avoir pour couvrir le gouvernement», a réagi Bryan Myles, directeur du Devoir. Sauf que selon lui, le montant est «nettement insuffisant pour créer l'électrochoc qu'on espère».

La Coalition demandait des crédits d'impôt remboursables pour embaucher des journalistes, la fin de la taxe de recyclage et l'abolition de la TPS et de la TVQ sur les journaux vendus, ce qu'elle n'a pas obtenu.

«Le gouvernement aura un examen de conscience à faire également. Lorsqu'il fait des placements publicitaires sur le web, l'argent des contribuables est envoyé directement à des entreprises étrangères, au lieu d'être investi dans des médias québécois», commente pour sa part Claude Gagnon, président du Groupe Capitales Médias.




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