La Dre Irma LeVasseur sort de l'anonymat

Pionnière dans les soins pédiatriques au Canada, Irma... (Archives Le Soleil)

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Pionnière dans les soins pédiatriques au Canada, Irma LeVasseur a travaillé à fonder trois établissements hospitaliers au Québec.

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(Québec) Plus de 50 ans après son décès dans l'indifférence, la première femme médecin de la province, Irma LeVasseur, a officiellement pris sa place dans l'histoire du Canada.

Une plaque commémorative rendant hommage à la Dre LeVasseur a été inaugurée mardi matin à l'hôpital de l'Enfant-Jésus dans Limoilou, un des trois établissements que la pionnière dans les soins pédiatriques au Canada a contribué à fonder au Québec. 

C'est la Commission des lieux et monuments historiques du Canada qui lui a décerné cet hommage près de dix ans après l'avoir désignée «personnage historique national». L'écriteau, présenté par des employés de Parcs Canada, les députés Joël Lightbound et Alupa Clarke ainsi que la PDG du CHU de Québec Gertrude Bourdon, sera installé à l'entrée de l'auditorium Irma Levasseur fraîchement rénové. 

«Enfin! Il était temps que l'on sorte cette pionnière de l'anonymat!», s'est réjouie mardi matin l'auteure Pauline Gill qui a consacré une trilogie historique à la docteure originaire de Québec. Selon l'ex-enseignante en histoire qui consacre désormais sa vie à l'écriture de romans portant sur des personnages importants dans la province, cela fait près de dix ans que le projet de reconnaissance officielle d'Irma LeVasseur par l'intermédiaire d'une plaque commémorative a été porté à l'attention du gouvernement du Canada. «Ce n'est qu'aujourd'hui que l'on passe à l'action», se désole-t-elle expliquant que c'est le 150e du Canada qui a fait débloquer le dossier. 

Jocelyne et Madeleine Levasseur, deux membres de la famille élargie des Levasseur tenaient à assister à l'événement qu'elles attendaient depuis longtemps. Elles jugent que leur ancêtre éloignée a été trop longtemps oubliée et que peu de choses ont été faites pour souligner son apport important dans l'histoire de la province. Leur clan travaille aussi depuis des années pour qu'un timbre soit consacré à la pédiatre. «Même Caillou a eu le sien!», illustre Mme Levasseur. 

Une délinquante

L'historien Serge Bouchard a consacré en 2006 un épisode de l'émission de Radio-Canada «Les remarquables oubliés» à Irma LeVasseur. Il n'est pas étonné du temps que cela a pris pour les instances gouvernementales à souligner le boulot de la médecin non seulement en raison de «l'inculture historique», mais également en raison du sexe de la pionnière. «On n'a pas l'habitude de reconnaître l'apport des femmes dans l'histoire», fait-il valoir. 

Selon lui, la Dre LeVasseur a su démontrer que pour avancer dans la vie «il faut être caractériel et délinquant». Il rappelle que la Québécoise a fait fi de toutes les convenances de l'époque pour réaliser son rêve, celui de devenir médecin. Elle s'est exilée aux États-Unis afin de faire les études en conséquence puisqu'à l'époque les femmes ne pouvaient aspirer à cette profession. De retour dans sa province natale, elle est devenue en 1903 la première à enfiler un sarrau. 

Irma LeVasseur, qui a vu son petit frère mourir en bas âge et son aîné atteint d'un handicap, s'est rendue en Europe pour se spécialiser en pédiatrie. Elle a par la suite cofondé l'Hôpital Sainte-Justine à Montréal, celui de l'Enfant-Jésus et le Centre Cardinal-Villeneuve à Québec. Malgré tous ces accomplissements, elle est décédée en 1963 dans l'anonymat.




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