Liqueur au CHSLD: «une situation qu'il fallait corriger»

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Les révélations du Soleil concernant la décision d'interdire la boisson gazeuse au souper au CHSLD Christ-Roi ont poussé la classe politique à réagir. Mais les gestionnaires maintiennent malgré tout leur décision.

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(Québec) Les neuf résidents du CHSLD Christ-Roi à qui on donnait une «petite liqueur» après souper devront se faire à l'idée, le CIUSSS de la Capitale nationale garde le cap dans sa volonté d'uniformiser «l'offre alimentaire» dans ses 30 établissements. «C'est une situation qu'il fallait corriger.»

Depuis des années, le Christ-Roi avait comme pratique de fournir à une poignée de résidents une boisson gazeuse après les repas, en plus du thé et du café. Comme Le Soleil l'indiquait dimanche, le CIUSSS a décidé d'y mettre un terme.

La décision a été prise par souci d'équité, explique Céline Allard, directrice du soutien à l'autonomie des personnes âgées au CIUSSS. «C'est le seul endroit sur le territoire où cette pratique avait lieu. Ce qu'il faut comprendre, c'est que les gens vont continuer à garder leurs habitudes de vie, ils vont toujours avoir la possibilité d'avoir de la liqueur.»

À leurs frais.

«Ce qu'on dit, c'est que ça ne fait pas partie de l'offre alimentaire, comme la bière, la cigarette, comme la palette de chocolat. Notre travail, c'est de répondre aux besoins des résidents et de s'assurer que celui qui a une habitude de vie, il puisse la garder.»

Règle générale, ce sont les proches du résident qui s'assurent qu'il puisse conserver ses habitudes de vie en lui fournissant ce qu'il désire. Mais dans certains cas, comme les résidents touchés par la décision du CIUSSS, les gens n'ont personne à qui demander. D'où l'idée, à Christ-Roi, de leur offrir au moins la liqueur.

Mme Allard assure qu'«on va s'occuper de l'approvisionnement s'ils en font la demande, comme on fait pour d'autres habitudes de vie».

Saine gestion

Au bout du fil, le ministre Gaétan Barrette a expliqué y voir un exemple de saine gestion. «Cette décision a été prise pas tant pour une question de saines habitudes de vie, mais parce que, à l'intérieur du budget dont nous disposons, il faut s'assurer que les gens soient bien nourris. Nous avons au Québec la portion financée par les patients la plus basse au Canada. C'est ce que nous avons, comme société, décidé de consacrer à ça...»

Pas question, donc, d'offrir de boisson gazeuse au menu. «Si on met la douceur dans le menu, ça devient un droit. Les familles vont invoquer l'équité pour y avoir accès. C'est ça qui est dangereux.»

La pratique dont il est question était localisée, pour un nombre limité de personnes. Elle n'a jamais fait l'objet de plaintes, confirme Mme Allard.

Dorénavant, donc, des frais seront imposés aux gens qui voudront boire leur «petite liqueur». Même les plus pauvres. «On laisse des sommes aux gens, plaide le ministre de la Santé. On ne prend pas toute la pension, il reste toujours un petit quelque chose. Sous la curatelle aussi, il y a un petit montant.»

Mme Allard assure que le dossier des neuf personnes touchées sera analysé. «Le changement va entrer en vigueur quand on aura terminé la révision du Guide du résident, [...] ça peut aller dans quelques mois. On va regarder chacun des cas pour voir ce qu'on va décider. S'ils n'ont pas la capacité financière, on va leur fournir la liqueur.»

Comme c'est le cas présentement.

La mission des CHSLD, insiste M. Barrette, c'est de prodiguer des soins. «La première chose qu'on fait, c'est de donner les meilleurs services possible. Je maintiens que les soins ne correspondent pas à ce qu'on en dit. On dit tellement de choses que c'est rendu que les gens ont peur d'aller en CHSLD... Vous vivez dans votre univers, je vis dans le mien.»

Décisions centralisées

En conférence de presse, lundi, le député péquiste Harold Lebel a accusé le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, de «centraliser tout autour de lui les décisions» et d'avoir instauré dans le réseau un climat de peur qui pousse les administrations des CHSLD à prendre des décisions insensées et inhumaines.

«Il le dit, c'est une décision locale, mais toutes les décisions sont très centralisées autour de lui. Je ne dis pas que c'est lui qui a pris la décision de ne plus donner le verre de liqueur, mais c'est l'atmosphère qu'il a installée dans le réseau. [...] Les gens n'ont plus de marge de manoeuvre», a dit le député de Rimouski, citant l'uniformisation des menus en CHSLD. «Il y a une crainte de ne pas respecter la ligne du ministère», a-t-il ajouté.

Du côté de la Coalition Avenir Québec, le député François Paradis déplore «ce genre de gouvernance-là, où les décisions se prennent très haut sans consulter ceux et celles que ça concerne».

«Ce que ça dénote, c'est que la qualité de vie n'est pas au centre des préoccupations. Dans les meilleures pratiques, il faut tenir compte de cet homme et de cette femme-là qui ne sont plus des enfants d'école et qui ont des petits plaisirs. On leur promet un milieu de vie qui se rapproche de celui qu'ils ont connu et on leur retire leur petit plaisir», a dénoncé au Soleil le député de Lévis.




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