Demandeurs d'asile: Ottawa veut collaborer avec Washington

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Depuis le début de l'année, près de 200 personnes ont traversé la frontière entre les États-Unis et le Canada, par la petite municipalité frontalière d'Emerson, au Manitoba.

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La Presse Canadienne
Ottawa

Ottawa entend collaborer étroitement avec les États-Unis pour gérer la récente hausse des demandeurs d'asile traversant illégalement la frontière terrestre canadienne en provenance des États-Unis, a déclaré samedi le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale.

M. Goodale a rendu visite samedi à la petite localité d'Emerson dans la province du Manitoba - qui a dû faire face ces dernières semaines à l'arrivée de dizaines de migrants fuyant les États-Unis pour demander l'asile au Canada. Il a indiqué avoir fait le déplacement pour évaluer la situation sur place et remercier la population locale pour son accueil des migrants.

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Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, est allé voir de ses propres yeux ce qui se déroule à Emerson, où de nombreux migrants provenant des États-Unis ont afflué depuis le décret migratoire de Donald Trump.

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«Nous avons besoin d'une très bonne coopération avec les États-Unis pour bien comprendre [...] tous les facteurs qui contribuent à cette migration, et les Américains ont indiqué qu'ils souhaitaient également avoir tous les faits et comprendre la genèse» de ce phénomène, a souligné M. Goodale au cours d'un point de presse retransmis à la télévision.

«Nous allons coopérer étroitement avec eux pour assurer la meilleure gestion possible de la situation», a ajouté le ministre, sans toutefois donner de précisions sur les contacts entre les autorités des deux pays sur ce dossier.

Le nombre de migrants déposant une demande de statut de réfugié au Canada après avoir franchi illégalement la frontière terrestre canadienne est en hausse depuis le début de l'année. Cette augmentation intervient à un moment où le président américain Donald Trump a durci la politique de son pays en matière d'immigration.

Répondant aux critiques de parlementaires de l'opposition conservatrice réclamant des contrôles plus stricts, M. Goodale a insisté sur le fait que «toutes les lois canadiennes sont appliquées», et le sont «avec efficacité».

Mais il a en même temps écarté un renforcement du contrôle de la frontière dans la situation actuelle. Faisant valoir que la frontière américano-canadienne, la plus longue du monde, voit passer chaque jour quelque 400 000 personnes dans les deux sens et pour plus de 2,5 milliards $ de marchandises, il a souligné qu'il fallait assurer sa sécurité, mais aussi l'efficacité et la fluidité des passages.

Selon les autorités locales, plus de 180 personnes, en majorité originaires d'Afrique et du Moyen-Orient, ont passé illégalement la frontière canadienne dans la région d'Emerson depuis le début de l'année, dont une soixantaine la semaine dernière.

Le Canada et les États-Unis sont liés par l'»Entente sur les tiers pays sûrs», stipulant que les demandeurs d'asile doivent déposer leur demande dans leur pays d'arrivée. Ce texte prévoit toutefois des exceptions qui font que des migrants arrivant illégalement au Canada, le plus souvent par des chemins forestiers, peuvent y demander l'asile.

M. Goodale a indiqué que son gouvernement n'avait pas l'intention de remettre en cause cet accord.

***

Plus de ressources du fédéral

Le ministre Goodale visitait samedi la ville manitobaine d'Emerson, une petite municipalité frontalière qui a vu quelque 200 migrants arriver illégalement à ses portes depuis le début de l'année.

M. Goodale a remercié les politiciens locaux et les premiers répondants pour leur travail, affirmant du même souffle que le gouvernement fédéral injecte pas moins de 30 000 $ pour couvrir les coûts excédentaires essuyés par le service de sécurité incendie d'Emerson. Plus d'argent sera disponible, a-t-il précisé.

«Nous devons tous travailler ensemble. Nous devons avoir une bonne communication les uns avec les autres. C'est un ensemble d'enjeux impliquant des responsabilités nationales, provinciales et locales», a-t-il dit. La Gendarmerie royale du Canada et l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ont dépêché davantage de ressources dans les endroits névralgiques comme la région d'Emerson. L'ASFC a aussi mis à disposition un semi-remorque pour aider aux déplacements transfrontaliers.

Le fédéral évalue par ailleurs les demandes du Québec et du Manitoba relativement à une éventuelle hausse des services de soutien aux immigrants, a dit le ministre.  La Presse Canadienne




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