Retrait du crucifix: le CHU de Québec est la cible de menaces

La décision du CHU de Québec de retirer... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La décision du CHU de Québec de retirer un crucifix, qui était accroché dans le hall d'entrée de l'Hôpital du Saint-Sacrement depuis 1927, avait fait suite à la plainte d'un patient.

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(Québec) Le retrait d'un crucifix à l'Hôpital du Saint-Sacrement continue de soulever les passions. La controverse est telle que la direction du CHU de Québec aurait été la cible de menaces qui font actuellement l'objet d'une enquête policière.

«En lien avec le retrait d'un signe religieux à l'Hôpital du Saint-Sacrement, la direction du CHU de Québec-Université Laval désire informer les représentants des médias qu'une importante menace à l'intégrité de l'hôpital et de ses dirigeants a été reçue. Par conséquent, le dossier est transféré aux autorités policières et le CHU n'émettra plus de commentaires sur le sujet», a indiqué la direction de l'établissement dans un communiqué diffusé mardi.

De son côté, le Service de police a tenu à rappeler à la population «qu'elle a le droit d'exprimer ses opinions en toute liberté mais qu'elle doit le faire dans un cadre légal».

La décision du CHU de Québec de retirer un crucifix qui était accroché dans le hall d'entrée de l'hôpital depuis sa fondation par les Soeurs de la Charité, en 1927, fait suite à la plainte d'un patient. 

La direction a d'abord expliqué avoir basé sa décision sur le jugement de la Cour suprême du Canada qui a mis un terme aux prières durant les séances du Conseil municipal de Saguenay de même que sur le projet de loi 62 sur la neutralité de l'État.

Malgré le tollé soulevé et les explications de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui a assuré la semaine dernière que le projet de loi 62 n'empêchait aucunement les institutions de conserver des éléments patrimoniaux, la direction du CHU de Québec a refusé de faire marche arrière. Mardi, elle a persisté et signé.

«Comme la mission première de notre établissement est de donner des soins et services de santé, nous nous devons de respecter en premier lieu les droits de nos patients, lesquels sont en quelque sorte captifs de l'institution», écrit le CHU dans son communiqué. 

«À cet égard, poursuit-il, la Commission des droits et libertés de la personne et des droits de la jeunesse a une position claire: [La] présence dans une institution publique d'un symbole religieux, tel qu'un crucifix ou une croix, ne soulève pas de problème particulier du point de vue de la Charte, à moins que ledit symbole n'acquière un caractère coercitif en raison du contexte dans lequel il s'inscrit. Ainsi, lorsque la clientèle de l'institution est vulnérable, parce que captive, jeune ou influençable, comme dans une école, par exemple, alors l'exposition à un symbole religieux, tel qu'une croix accrochée au mur, peut revêtir un caractère contraignant incompatible avec les droits et libertés de la personne.»

L'établissement estime qu'il avait le devoir de répondre à la plainte reçue et qu'il ne peut envisager le retour du crucifix. «Nous avons la responsabilité de respecter ces principes, même si une certaine partie de la population pense autrement. Une plaque rendant hommage au travail d'édification de la communauté des Soeurs de la Charité est déjà présente dans le hall d'entrée de l'Hôpital. Les prochains travaux de rénovation du hall d'entrée nous donneront par ailleurs l'occasion d'encore mieux mettre en valeur l'apport historique légué par les religieuses dans l'édification de l'Hôpital du Saint-Sacrement», conclut le CHU de Québec.

De son côté, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a préféré ne pas se mêler de la controverse, estimant qu'il n'existe «aucune loi, règle, directive qui oblige, dans un sens ou dans l'autre, les administrations locales à faire ce genre de choix-là». 

«Je ne pense pas qu'au Québec, les rues Saint-Jean, Saint-Jacques, Saint-Paul et les hôpitaux Saint-Sacrement, Hôtel-Dieu et ainsi de suite vont changer de nom demain matin. Il y a une histoire au Québec qui va demeurer. Maintenant, la présence ou non d'un crucifix dans une pièce, dans toutes les pièces, dans toutes les chambres et ainsi de suite, ça demeure une décision locale», a commenté le ministre en mêlée de presse, mardi matin.

Le cardinal Lacroix déçu

Le cardinal Gerald Cyprien Lacroix... (AFP, Vincenzo Pinto) - image 3.0

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Le cardinal Gerald Cyprien Lacroix

AFP, Vincenzo Pinto

Le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec, doute que les motivations ayant conduit à la décision de retirer le crucifix du hall d'entrée de l'Hôpital du Saint-Sacrement soient «bien fondées». 

«J'y vois plutôt un manque de sensibilité à l'endroit de notre peuple et de son histoire, ainsi qu'un manque de respect envers ces femmes religieuses qui ont fondé l'hôpital et qui y ont oeuvré pendant plusieurs décennies», a commenté le cardinal Lacroix par voie de communiqué, mardi.

«Alors que nous parlons de tolérance, d'accueil, de respect de la différence et d'ouverture, le retrait du crucifix de l'Hôpital du Saint-Sacrement exprime tout le contraire», estime-t-il.

L'archevêque de Québec invite les Québécois et les Québécoises «à être nombreux et nombreuses à faire connaître aux autorités compétentes [leur] insatisfaction devant la décision du CHU, car les gestes d'aujourd'hui façonnent la manière dont nous transmettrons le sens de notre histoire collective aux générations futures et aux nouveaux arrivants».




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