Violences sexuelles : le b.a.-ba du témoin actif

Plusieurs études l'ont prouvé, dans un bar où... (Photothèque Le Soleil)

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Plusieurs études l'ont prouvé, dans un bar où il y a beaucoup de monde, les témoins de harcèlement ou de comportements déplacés vont se déresponsabiliser par rapport à la situation.

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(Québec) L'Université Laval a commencé il y a quelques semaines à former des témoins actifs, appelés à intervenir subtilement s'ils voient des comportements qui pourraient dégénérer en agression sexuelle. Pendant trois heures, ces étudiants apprennent la notion de consentement éclairé et les différentes interventions qu'ils pourraient être appelés à faire lors de soirées bien arrosées.

Jusqu'à présent, une trentaine d'étudiants ont suivi ces formations inspirées des universités américaines, mais le Centre de prévention et d'intervention en matière de harcèlement (CPIMH) de l'Université Laval souhaite pousser ce projet-pilote beaucoup plus loin.

L'effet du passant

Plusieurs études ont prouvé ce phénomène : plus il y a de gens ou de passants autour d'une personne qui semble en détresse urgente, moins grandes sont ses chances de se faire aider. «C'est un effet de comparaison sociale. Plus il y a de personnes autour qui n'agissent pas, moins on va être porté à agir», explique Sébastien Grenier, étudiant à la maîtrise et formateur de témoins actifs. Par exemple, dans un bar ou un party où il y a beaucoup de monde, les témoins de harcèlement ou de comportements déplacés vont se déresponsabiliser par rapport à la situation. Lors des formations, M. Grenier fait des mises en situation, sous la forme de petites pièces de théâtre, et demande aux étudiants d'intervenir. Il tient toutefois à respecter leur style d'intervention. Certains vont aller directement taper sur l'épaule de la personne qui harcèle pour lui dire qu'elle va trop loin. D'autres vont plutôt choisir d'aller quelques secondes vers un couple qui danse, regarder la femme dans les yeux (car la majorité des victimes d'agressions sexuelles sont des femmes), et lui demander si tout va bien. Enfin, certains vont y aller de façon indirecte en demandant au serveur du bar de surveiller si telle situation dégénère ou en allant avertir un ami. «Ça peut être subtil et on n'a pas besoin d'être des héros. Parfois, juste faire diversion auprès du potentiel agresseur, ça fonctionne», explique M. Grenier. 

Le langage non verbal parle

Comment savoir si deux personnes sont simplement en train de flirter ou si l'une des deux est victime de harcèlement? Le regard est détourné, la personne est plus crispée, refermée sur elle-même, énumère Josée Laprade, directrice du CPIMH. Selon elle, les gens parlent à 70 % avec leur corps. «On est mieux de se tromper que de ne rien faire et que l'irréparable puisse arriver», évalue Marie-Ève Simard, une étudiante qui a suivi la formation. Sa collègue Sophie Villeneuve se rappelle avoir déjà été témoin de plusieurs situations dans les bars qui ont pu dégénérer. «Je le vois dans ma tête. À chaque fois que je sortais, j'aurais pu intervenir, mais je ne le faisais pas, je ne l'ai jamais fait.» Pour elle, un viol était quelque chose qui se passait exclusivement entre l'agressé et l'agresseur. «C'était entre eux et la justice et ça ne me concernait pas moi, en tant qu'inconnue», commente Mme Villeneuve. La formation lui a toutefois fait prendre conscience de l'importance des témoins.

La pyramide de la culture du viol

La formation enseigne également aux étudiants ce qu'est la pyramide de la culture du viol. À la base, il y a les croyances et les stéréotypes qu'on entretient sur les hommes et les femmes; sur les rapports sexuels et amoureux. Ces croyances vont influencer nos comportements, ou ce qu'on tolère comme comportement des gens qui nous entourent. «Est-ce que dans notre milieu d'études ou de travail, on accepte d'entendre des blagues sur le viol, par exemple?» illustre Josée Laprade. En haut de la pyramide se trouvent les agressions sexuelles, qui prennent racine dans les croyances et les comportements qu'on a entretenus. Selon des études faites aux États-Unis, la présence d'un témoin actif diminue de 44 % les risques qu'un viol soit commis.




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