Affaire Sklavounos: Alice Paquet se retire du débat public

Alice Paquet a effectué une dernière intervention à... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Alice Paquet a effectué une dernière intervention à l'occasion d'une manifestation contre la culture du viol qui a réuni une centaine de personnes devant l'Assemblée nationale, mercredi soir.

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Ian Bussières</p>

(Québec) La jeune femme qui avait accusé le député Gerry Sklavounos de l'avoir agressée sexuellement, Alice Paquet, se retire du débat public. Elle l'a affirmé mercredi soir lors d'une dernière intervention à l'occasion d'une manifestation contre la culture du viol qui a réuni une centaine de personnes devant l'Assemblée nationale.

«Je vais me retirer, on m'a assez traînée dans la boue. Je vais reprendre ma place avec vous, dans l'ombre, en espérant qu'un jour, ensemble, on va sortir de cette ombre pour briller plus que jamais», a-t-elle lancé dans son allocution.

Ne souhaitant pas revenir sur le fait qu'aucune accusation n'ait été portée contre celui qu'elle avait dénoncé, Alice Paquet a tout de même écorché le député qui siégera dorénavant comme indépendant. 

«Je ne parlerai pas de Gerry Sklavounos ce soir. Je voudrais l'oublier. Je voudrais ne plus jamais avoir à revoir son visage. Imaginez, devoir voir son visage tous les jours à la télévision», a-t-elle d'abord affirmé, avant d'ajouter que «la culture du viol, c'est dire que tu es extraverti», citant une phrase prononcée par le député de Laurier-Dorion dans une conférence de presse donnée il y a quelques jours.

Aux médias, avant son allocution, la jeune femme a avoué que le fait que son dossier ait été très médiatisé n'a peut-être pas donné envie aux victimes d'agression sexuelle de dénoncer. «Le taux de dénonciation n'est que de 5 %. Quand les femmes, et les hommes, dénoncent, ils frappent un mur.»

Sans regret

Même si elle affirme avoir besoin de se reposer psychologiquement, Alice Paquet jure qu'elle ne regrettera jamais d'avoir dévoilé sa situation lors d'une manifestation publique cet automne à l'Université Laval. «Personne ne s'attend à la tempête qui va suivre après. C'est difficile de dénoncer, justement parce qu'on fait alors face à plusieurs préjugés.»

Et même si elle a salué le travail des enquêteurs qui ont donné suite à sa seconde dénonciation cet automne, Alice Paquet pointe quand même du doigt les corps policiers du Québec dans les dossiers d'agressions sexuelles.

«Vous savez que la Sûreté du Québec est le deuxième corps policier au Canada pour le nombre de plaintes [d'agressions sexuelles] qui n'aboutissent pas parce qu'il n'y a pas suffisamment de preuves? C'est alarmant comme chiffre. Et il n'y a qu'un corps de police du Québec qui a accepté de répondre à une enquête du Globe and Mail sur le sujet. Ça montre qu'au Québec, on en laisse passer beaucoup!» 

Et elle continuera malgré tout d'inciter les victimes d'agressions sexuelles à parler et à dénoncer leurs agresseurs. «Je leur conseille d'aller chercher de l'aide, d'en parler, de briser le silence, car c'est un fardeau qui est tellement lourd à porter. Je veux aussi pousser les gens à dénoncer, même s'il n'y a pas toujours des accusations qui sont déposées en bout de ligne», a-t-elle ajouté en entrevue.




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer