Brigade sur le campus contre la violence sexuelle

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Les résidences universitaires de l'Université Laval, où des agressions sexuelles récentes ont défrayé la chronique

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) L'Université Laval entraîne une brigade d'étudiants capables de détecter les situations glissantes durant lesquelles il y a danger de violence sexuelle ou durant lesquelles le consentement clair n'a pas été exprimé. Ils sauront même intervenir «subtilement» jusque dans les initiations de début de session et les soirées bien arrosées.

«Ça répond vraiment à un besoin», souligne Josée Laprade, directrice du Centre de prévention et d'intervention en matière de harcèlement de l'institution. Elle espérait former une trentaine de ces «témoins actifs», surtout parmi les habitants des résidences universitaires (où des agressions sexuelles récentes ont défrayé la chronique). Ils sont déjà plus nombreux à avoir suivi le cours de trois heures. Et il a fallu ajouter d'autres groupes au calendrier.

Ces étudiants apprennent à identifier les signes du non-consentement, à voir la violence sexuelle. Ils peuvent dès lors s'en mêler sans fracas, explique Mme Laprade. Comment? Dans les partys, par exemple, en s'invitant dans la conversation, en se plaçant entre les deux protagonistes le temps d'un répit. «Les agressions sexuelles, c'est beaucoup lié aux activités festives et à la boisson.»

Justement, parlant de boisson, Mme Laprade escompte aussi «éduquer» les 500 ou 600 jeunes qui organisent les initiations qui pimentent l'arrivée des nouveaux en début de session automnale. «Pour que les activités qui sont proposées aux étudiants soient des activités respectueuses.»

Car il y parfois un monde entre les activités d'initiation soumises à la direction pour approbation et la réalité. L'équipe de Mme Laprade opte donc pour la sensibilisation, l'éducation : que sont les violences sexuelles, le respect, le consentement clair; quels sont les règlements de l'université et les lois en la matière; comment prévenir; quelles sont les ressources d'aide disponibles quand il y a dérapage... 

Sans oui, c'est non!

Aussi, pour une deuxième année, l'Université Laval lance sa campagne «Sans oui, c'est non!» «Une grosse campagne» pour la mouture 2017, se vante Josée Laprade.

Jusqu'au 24 février, de nombreuses activités seront organisées. Déjà, 14 kiosques d'information ont été érigés dans 14 pavillons. «Il y a 50 bénévoles pour faire de la sensibilisation sur le terrain.»

Théâtre, conférences, atelier pour la communauté LGBT, activités sociales sont également au menu. En plus, un atelier d'autodéfense, parce que le risque d'être victime d'une agression sexuelle est réduit de 50 % chez ceux et celles qui ont acquis ces compétences, note Mme Laprade.

Programmation et informations pratiques: www.ulaval.ca/sans-oui-cest-non.html

La moitié des cégeps se mêlent à la sensibilisation

Amada Métras, présidente de l'Association étudiante du Cégep... (Le Soleil, Baptiste Ricard-Châtelain) - image 3.0

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Amada Métras, présidente de l'Association étudiante du Cégep de Sainte-Foy, et sa collègue du comité féministe Élizabeth Collin-Paré. Avec elles, Rose Crevier-Dagenais et Marie Pilote, respectivement présidente et coordonnatrice aux communications de la Fédération étudiante collégiale du Québec.

Le Soleil, Baptiste Ricard-Châtelain

La moitié des collèges publics du Québec embarquent dans une grande campagne de sensibilisation et d'éducation au sujet des violences sexuelles et de la notion de consentement. La moitié? Plusieurs, en effet, manqueraient de ressources pour se joindre au mouvement.

Selon le dernier décompte, des 48 cégeps, 25 participeront soit à la campagne «Ni viande, ni objet» créée par les étudiants du collégial de Sherbrooke, soit à la campagne «Sans oui, c'est non!» qui a fleuri dans les milieux universitaires. Certains ont même choisi de puiser dans les deux projets pour intervenir auprès de leurs ouailles.

«Dans la foulée des événements qui sont arrivés récemment [...], les cégeps se sentent interpelés et sentent qu'ils doivent en faire plus», affirme le pdg de leur fédération, Bernard Tremblay, de passage à Sainte-Foy ce lundi. Les budgets disponibles seraient toutefois insuffisants pour que les souhaits se concrétisent : «Les cégeps ont un urgent besoin de ressources psychosociales.» «C'est totalement inacceptable», critique la présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Rose Crevier-Dagenais. La participation des établissements d'enseignement postsecondaires à des programmes de sensibilisation devrait être obligatoire et soutenue financièrement par l'État, dit-elle.

«Oui, la culture du viol existe au Québec», ajoute-t-elle. «Les violences sexuelles, c'est l'affaire de tous.» Pour bien évaluer l'ampleur du problème, elle demande cependant au gouvernement de subventionner rapidement une étude quantitative exhaustive.

«Journées de réflexion»

Après les universités, «c'est au tour du réseau collégial de prendre la balle au bond», se réjouit-elle. Dans la région, les cégeps de Sainte-Foy, de Lévis-Lauzon et Garneau embarquent dans l'aventure.

Au fait, la conférence de presse convoquée par les cégeps lundi n'était pas fortuite. Dès mardi, la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, entreprend un série de «journées de réflexion» sur la thématique des violences à caractère sexuel dans le réseau postsecondaire.

La demande d'un budget supplémentaire (chiffré à 5 millions $) pour l'embauche de ressources psychosociales n'est pas plus fortuite, le gouvernement libéral étant en préparation pour son budget annuel qui sera rendu public en mars.

Sur le Web: campagne Sans oui, c'est non!, www.harcelementsexuel.ca;

campagne Ni viande, ni objet, cegepsherbrooke.qc.ca/fr/contrelesviolencessexuelles  




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