Radio: Caire s'en prend à Labeaume

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La commission scolaire de la Capitale affirmait craindre que certains chauffeurs écoutent des radios d'opinion aux propos inappropriés pour des enfants.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Le maire Régis Labeaume est allé «beaucoup trop loin» lorsqu'il a invité à réfléchir «ceux et celles qui s'enrichissent avec la haine», estime Éric Caire. Le député de la CAQ trouve odieux de faire un lien entre les radios de Québec et l'attaque qui a coûté la vie à six musulmans à la Grande Mosquée.

«Que l'on essaye de blâmer les radios ou des partis politiques avec des accusations à peine voilées pour le geste d'un fou furieux dans un drame épouvantable, je trouve ça irresponsable et, à la limite, odieux. C'est odieux ce qu'on fait là», a dénoncé sans détour le député de La Peltrie. Mentionnons que sur le site Web de la CAQ, Éric Caire est décrit comme «un chroniqueur apprécié de l'émission Moreault en jase de la station CHOI Radio X».

C'est une note envoyée par la commission scolaire de la Capitale à ses chauffeurs d'autobus qui a mis le feu aux poudres, à l'Assemblée nationale. La directive, que la commission scolaire a finalement modifiée, interdisait aux chauffeurs d'écouter la «radio d'opinion» en présence des élèves. 

S'exprimant sur la directive, qu'il a qualifiée de «censure», Éric Caire a rapidement été questionné sur les déclarations du maire de Québec. Ce dernier a semblé cibler les radios d'opinion de Québec à deux reprises, dans les jours suivant l'attaque islamophobe du 29 janvier. «Il y aura un moment donné où il faudra interpeler les dirigeants, les propriétaires, les familles propriétaires et surtout les actionnaires des entreprises qui créent et vendent des produits haineux», avait notamment affirmé Régis Labeaume.

Éric Caire est d'avis que de faire un lien à mots couverts entre les radios et le geste d'Alexandre Bissonnette était «épouvantable de qui que ce soit». 

«Écoutez, le seul responsable, il est présentement détenu et il va faire face à la justice. Qu'on cherche des coupables indirectement parce qu'il y a des débats d'opinion à Québec, parce que les gens se servent de leur liberté d'expression pour émettre des opinions de manière tout à fait légitime, que ce soit à l'Assemblée nationale ou à la radio de Québec, je trouve ça épouvantable.»

Des mécanismes, des lois et le CRTC existent pour s'assurer que «ce qui est mis en ondes est mis en ondes correctement», croit celui qui est aussi leader parlementaire adjoint de la CAQ. «Moi, ce que j'entends à la radio de Québec, personnellement, je pense que ça reste dans les limites de l'acceptable.»

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, s'est également prononcé sur la directive de la commission scolaire. «Je pense qu'on réagit suite aux évènements en faisant les liens qui ont été présumés par certaines personnes mais qui, à mon avis, nécessitent une réflexion beaucoup plus large et du temps», a expliqué le ministre, affirmant qu'il écoutait diverses radios parlées de Québec avec ses enfants, le matin. 

«Si on veut combattre l'intolérance, il faut apprendre à se connaître et je ne pense pas que la censure, dans ce cas-ci, soit la réponse.»

Pas plus responsables

Pour ce qui est de la responsabilité des radios dans la tuerie du 29 janvier, Sébastien Proulx ne les considère pas comme plus responsables que le reste des Québécois.

«Ce que je sais, c'est qu'on a tous un travail à faire et qu'on a tous une réflexion à faire. Les médias y compris et les radios de Québec aussi.»

«L'ensemble des citoyens du Québec ont une responsabilité, c'est-à-dire de s'ouvrir davantage aux autres», a-t-il poursuivi quelques minutes plus tard. 

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a pour sa part rappelé que les auditeurs avaient le choix d'écouter ou non un poste de radio donné. Plusieurs animateurs de radio se sont engagés, comme lui, à «faire plus attention» à la suite de la fusillade, a pointé le chef de l'opposition, avant de faire écho aux propos de Régis Labeaume. 

«On a aussi des propriétaires et des gestionnaires de stations de radio qui ont le choix de tel ou tel animateur. C'est à eux aussi de choisir, et on peut leur poser la question, pourquoi avez-vous choisi d'utiliser un animateur dont vous savez qu'il est extrêmement controversé? C'est leur droit, c'est leur choix, mais on peut poser cette question-là.»

Régis Labeaume n'a pas donné suite aux propos d'Éric Caire, mardi. Avec Jean-Marc Salvet

«Que l'on essaye de blâmer les radios ou... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

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«Que l'on essaye de blâmer les radios ou des partis politiques avec des accusations à peine voilées pour le geste d'un fou furieux dans un drame épouvantable, je trouve ça irresponsable et, à la limite, odieux. C'est odieux ce qu'on fait là», a dénoncé Éric Caire.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

Pas de radio parlée dans les bus scolaires: la commission scolaire de la Capitale recule

La commission scolaire de la Capitale a reculé, mardi, dans la directive envoyée à ses chauffeurs d'autobus, la semaine dernière, interdisant d'écouter la «radio d'opinion» en présence des élèves. Dans un communiqué, la commission scolaire a expliqué s'en remettre «au discernement des chauffeurs».

Dans un courriel envoyé le 3 février et dévoilé par Radio X, mardi matin, la commission scolaire de la Capitale explique qu'il a été porté à l'attention de la direction que certains chauffeurs écoutent «des radios d'opinion en présence de nos élèves».

«Les messages qui y sont véhiculés ne sont pas appropriés pour des enfants et ne correspondent pas aux valeurs que nous voulons leur transmettre», explique la coordonnatrice au transport scolaire de la commission scolaire. Seuls les postes de radio musicaux seront désormais autorisés dans les autobus en présence des enfants, précise le courriel adressé aux chauffeurs.

Dénoncé par plusieurs politiciens à l'Assemblée nationale une fois qu'il a été rendu public, le courriel s'est également attiré la grogne de bon nombre d'auditeurs de Radio X, sur les réseaux sociaux.

En début d'après-midi, la commission scolaire de la Capitale a finalement affirmé par communiqué vouloir apporter «des précisions sur la note administrative qui a été envoyée».

«L'intention du secteur du transport scolaire est plutôt d'en appeler à la vigilance et au discernement des chauffeurs d'autobus afin d'éviter que des élèves soient exposés à du langage ou des sujets parfois moins adaptés à leur jeune âge», pouvait-­on lire. 

Les commissions scolaires des Découvreurs, des Premières-­Seigneuries et des Navigateurs ont confirmé au Soleil qu'aucune directive au sujet de la radio n'existe pour leurs chauffeurs d'autobus. 

Mise au courant du courriel de la commission scolaire de la Capitale dans les derniers jours, la CSN avait entamé avant le communiqué de mardi des vérifications judiciaires pour le secteur transport de la Fédération des employées et employés de services publics. Guillaume Piedboeuf




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