L'imam de Lévis avait eu un avant-goût de l'intolérance

La salle de prière de la communauté musulmane... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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La salle de prière de la communauté musulmane de la Rive-Sud, dans le Vieux-Lévis

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Ce printemps, l'imam de la nouvelle mosquée de Lévis et propriétaire d'une épicerie à Vanier, Karim Elabed, a été la cible d'individus qui l'accusaient d'avoir des liens avec une organisation terroriste. Une expérience qui l'a profondément troublé et avec les événements de dimanche, il se demande désormais s'il est bel et bien à Québec.

«Québec brillait par sa tolérance», a témoigné M. Elabed rencontré lundi matin à son commerce de la rue Soumande, le Marché Label Terre. Bouleversé, l'homme dans la mi-quarantaine avait peine à croire qu'il avait perdu un confrère dans l'attaque de dimanche soir, le propriétaire de l'épicerie Assalam, Azzeddine Soufiane. Un autre ami a aussi été gravement blessé. «Quand la terreur frappe, elle ne fait pas le tri, se désole-t-il. C'était des gens pacifiques qui avaient fait le choix de venir ici, de vivre en minorité. Ils étaient très ouverts sur le monde.»

Le deuil est double pour lui. Celui qui a uni sa destinée avec une Québécoise a l'impression d'avoir également perdu la ville qu'il aimait, celle où l'on vivait en paix. Il y avait bien quelques escarmouches mais «jamais de choses aussi graves», dit-il.

Sa désillusion a débuté lorsqu'il a ouvert la mosquée de Lévis en mai. Il raconte avoir été assailli de questions sur le soi-disant financement de celle-ci par une organisation terroriste. Des tracts ont aussi été distribués dans le quartier. Une épreuve douloureuse qu'il évoque les larmes aux yeux. C'est la première fois qu'il se posait la question : «Mais on est où?»

Karim Elabed voit néanmoins en ces épreuves l'occasion de se serrer les coudes mais, surtout, de réfléchir collectivement. «Ce qui se passe dans les médias, les accusations et les clichés qui y sont véhiculés dresse les communautés les unes contre les autres. Il faut se poser les bonnes questions.» «Bien qu'on soit différent, il faut qu'on soit uni», ajoute l'épicier. Il cite en exemple ses relations très amicales avec le prêtre de l'église située à deux pas de sa mosquée qui lui a ouvert grand les bras à son arrivée dans le secteur. «C'est ce genre de choses qu'il faut mettre en avant», conclut-il.

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