Violence sexuelle: un fléau sur les campus

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Plus du quart des répondants, soit 24,7 %, ont rapporté au moins une forme de violence sexuelle en milieu universitaire au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête.

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Patricia Cloutier
La Presse Canadienne
Québec

Plus du tiers des universitaires québécois ont vécu une forme ou une autre de violence sexuelle depuis leur arrivée sur le campus. Même si le constat est navrant, il ne surprend pas l'Université Laval.

«Toutes les études canadiennes et américaines vont dans le même sens. C'est souvent un étudiant sur trois ou sur quatre qui vit ce type de choses, que ce soit au Québec ou ailleurs», déplore Josée Laprade, directrice du Centre de prévention et d'intervention en matière de harcèlement (CPIMH) de l'Université Laval. Elle réagissait au dévoilement lundi après-midi à Montréal de la toute première Enquête sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire (ESSIMU). 

Selon elle, ce rapport permet aux universités québécoises d'avoir un portrait plus juste de la situation. «Étant donné qu'on sait que la majorité des agressions sexuelles ne sont pas dénoncées, on savait que ce qu'on avait comme statistiques ici n'était pas le reflet de la réalité», explique-t-elle. 

À chaque rentrée, Mme Laprade et son équipe tentent de faire de la prévention pour éviter des cas d'abus sexuels lors des initiations. Le rapport constate toutefois que seulement 12 % des violences sexuelles surviennent à ce moment précis. «C'est vrai. Les initiations, c'est juste une fois par année. Mais les cas d'abus ou de harcèlement surviennent très souvent lors d'activités festives. Alors je pense qu'il faut agir là», souligne-t-elle. 

À la demande de la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, l'Université Laval a consulté ses étudiants et son personnel sur le sujet des violences sexuelles en décembre. Josée Laprade met en ce moment la dernière touche à un rapport qui servira lors de la tournée de consultation de la ministre dans cinq universités, à la fin de l'hiver. 

«Ce que les jeunes nous disent, le message central, c'est qu'il faut se concentrer sur la prévention, sur l'éducation», soumet Mme Laprade.

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Après une vague d'intrusions à caractère sexuel dans les chambres des résidences, l'Université Laval a été au coeur de la levée de boucliers contre les agressions sexuelles l'automne dernier.

L'Université Laval a été au coeur de la levée de boucliers contre les agressions sexuelles l'automne dernier. Après une vague d'intrusions à caractère sexuel dans les chambres des résidences de l'université, une grande manifestation d'appui aux victimes a été organisée sur le campus. 

Depuis, les étudiants ont été plus nombreux à se tourner vers le CPIMH pour demander de l'aide. Mme Laprade évalue que le centre a connu une hausse d'achalandage d'environ 30 % depuis les événements d'octobre dernier.

La ministre Hélène David a alors promis une politique pour contrer le harcèlement sexuel dans les universités et les collèges. Politique sur laquelle son équipe travaille en ce moment. «C'est très sérieux les gestes qu'on s'apprête à poser», a-t-elle indiqué lundi.

Mme David s'est aussi dit en accord avec la majorité des recommandations du rapport. «C'est exactement les piliers sur lesquels on veut travailler.» Elle dit vouloir s'inspirer des meilleures pratiques en matière de prévention et les étendre à tout le réseau des études supérieures.

Les chercheuses qui ont travaillé sur l'étude depuis 2014 recommandent entre autres la création d'un environnement physique sécuritaire pour la communauté universitaire, la mise en oeuvre de campagnes permanentes de sensibilisation en matière de violence sexuelle adaptées aux différents groupes de la communauté universitaire, la création d'une ressource spécialisée en matière de violence sexuelle accessible à l'ensemble de la communauté universitaire et le financement de projets de recherche dans le domaine des violences sexuelles. 

Partant d'une définition large de la violence sexuelle, la recherche a porté sur différents types de manifestation, tels que l'agression sexuelle, l'exhibitionnisme, le voyeurisme, le harcèlement sexuel, le cyberharcèlement, l'attouchement non désiré, la menace de viol, le chantage sexuel et diverses formes de comportements sexuels non désirés ou non consensuels.

Plus de 9200 personnes, dont 70 % d'étudiants, ont participé à cette recherche indépendante.

Avec La Presse canadienne

Faits saillants de l'enquête

37 % des étudiants ou du personnel des universités ont subi une forme de violence sexuelle depuis leur arrivée

10 % des victimes ont dénoncé ou signalé la situation aux instances de leur université

47 % des violences sexuelles ont lieu lors d'activités sociales ou festives (excluant les initiations)

39 % ont lieu lors d'activités d'enseignement ou d'études

12 % ont lieu lors d'une initiation

Source : Enquête sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire




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