Suicides à Uashat mak Mani-Utenam: le rapport du coroner très attendu

L'avocat de quatre des cinq familles endeuillées, Me... (Collaboration spéciale, Fanny Lévesque)

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L'avocat de quatre des cinq familles endeuillées, Me Jean-François Bertrand, tient les mains de la vice-cheffe de Uashat mak Mani-Utenam, Virginie Michel, au terme des travaux de l'enquête publique, en juin à Sept-Îles.

Collaboration spéciale, Fanny Lévesque

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Fanny Lévesque

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Le Soleil

(Sept-Îles) Le rapport attendu du coroner sur la vague de suicides à Uashat mak Mani-Utenam en 2015 devra être un «très, très, très fort incitatif» pour que Québec et Ottawa agissent sur la question du suicide chez les Autochtones.

C'est du moins ce qu'espère l'avocat de quatre des cinq familles endeuillées, Me Jean-François Bertrand, qui est à Sept-Îles samedi pour le dévoilement des conclusions de l'enquête publique du coroner, Me Bernard Lefrançois. «Je souhaite de tout coeur que le coroner recommande aux gouvernements de réagir par le biais de nos recommandations.» 

En juin, les proches d'Alicia Grace Sandy, 21 ans, de Charles Junior Grégoire-Vollant, 24 ans, de Marie-Marthe Grégoire, 46 ans, de Céline Rock Vollant, 30 ans, et de Nadeige Guanish, 18 ans, ont livré devant le coroner de vibrants témoignages pendant le premier volet des travaux. Experts et intervenants y sont allés de leurs recommandations ensuite. 

L'avocat a soumis 44 recommandations principalement adressées aux deux ordres de gouvernements, allant de la création d'un centre en pédopsychiatrie à Uashat à la mise en place d'une ligne d'urgence 24 heures sur 24, en langue innue. «Tant mieux si ce sont les 44», dit-il. «Mais, [je ne vois pas ça] en termes quantitatifs, mais en termes qualitatifs.» 

«J'ai des attentes très élevées, les familles, les membres du conseil [de bande] aussi», poursuit-il. La bande innue de Sept-Îles ne compte que quelque 4000 âmes. «Les gens voient qu'il y a un problème, c'est manifeste. Alors, on s'attend à ce que le rapport arrive avec des propositions de solutions [...] que ce soit un déclencheur pour aller plus loin.» 

L'examen des morts des cinq Autochtones a révélé certains symptômes communs comme la consommation d'alcool, de drogue ou d'antécédents familiaux difficiles et même d'agressions. Mais, Me Bertrand s'attend à ce que l'exercice ne serve pas qu'à pointer les problèmes. «C'est une chose, mais ce qu'on veut c'est des solutions.» 

Exemple pour le pays 

Me Bertrand a la conviction que la série de suicides qui a secoué Uashat mak Mani-Utenam, la pire en 20 ans, puisse servir «à éclairer» les autres communautés du pays «et pas juste autochtones d'ailleurs». «C'est un rapport qui, je l'espère, va permettre de répondre à la problématique de Uashat, mais qui va certainement en inspirer d'autres.»

L'avocat l'a déjà dit en ouverture des travaux en juin, mais le répète encore aujourd'hui. «On va aller plus loin avec ça, c'est sûr. On va aller cogner aux portes pertinentes. J'ai toujours en tête l'image du premier ministre Trudeau qui disait tendre la main aux Autochtones [...] C'est là qu'on va voir si c'est une vraie main tendue.» 

Québec a ordonné une enquête sur la relation entre les Autochtones et les services publics, après le dépôt du rapport de Me Bernard Lefrançois. L'administration de la justice au sens large et les services de protection de la jeunesse ont d'ailleurs entre autres été montrés du doigt par certains intervenants au cours des travaux du coroner. 

Problématique sans réponse

Mais selon Me Bertrand, les recommandations de Me Lefrançois seront «une réaction spécifique» à ce que vit la communauté de Uashat. «Les autres questions soulevées dans l'enquête provinciale sont fondamentales et importantes, mais ne répondent pas à la problématique du suicide chez les Innus», nuance-t-il. 

En novembre 2015, le ministre de la sécurité publique par intérim, Pierre Moreau, a confié au Bureau du coroner le mandat de mener une enquête publique pour faire la lumière sur la mort de cinq Autochtones à Uashat mak Mani-Utenam, dans la foulée du décès de la jeune Nadeige Guanish, qui s'est enlevé la vie le 31 octobre.

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