Grève des juristes de l'État: négociations en formule exploratoire

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(Québec) Des «rencontres exploratoires» entre le Conseil du trésor et le syndicat des 1100 juristes de l'État ont eu lieu après Noël et au retour du long congé des Fêtes afin de mettre un terme à la grève générale illimitée qui dure depuis le 24 octobre. Une reprise en bonne et due forme des négociations n'a toutefois pas encore eu lieu.

En entrevue au Soleil, le représentant du syndicat Les avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ), Me Jean Denis, explique que des «discussions informelles» ont eu lieu les 27 décembre et 3 janvier, entre lui et la représentante du Conseil du trésor, Édith Lapointe.

«Il reste beaucoup de pain sur la planche pour en arriver à une entente négociée et profitable aux deux parties, mais c'est très encourageant, dans la mesure où il n'y avait pas moyen de se parler avant», explique-t-il.

«On veut accélérer le tempo pour en arriver à des ouvertures de part et d'autre. Il existe une étroite voie de passage, s'agit de la trouver ensemble. On est condamnés à s'entendre, on ne peut quand même pas rester dehors éternellement.»

Interrogé sur son degré d'optimisme pour la suite des choses, sur une échelle de 1 à 10, le représentant syndical avance une note de 6,5. 

Une source gouvernementale a confirmé mercredi au Soleil que deux rencontres avaient bel et bien eu lieu avec le représentant de LANEQ «pour en venir à une entente négociée», mais qu'il avait été convenu de ne pas porter la nature des échanges sur la place publique.

Une autre rencontre se déroulera vendredi, à laquelle se grefferont cette fois les deux négociateurs gouvernemental et syndical. «On passe de deux à quatre [à la table], c'est bon signe», avance Me Denis.

Piquets de grève

Les grévistes ont continué à mettre de la pression sur le gouvernement, mercredi avant-midi, en organisant des piquets de grève à Québec et à Montréal.

Les grévistes rencontrés devant les bureaux du Conseil du Trésor, sur la colline Parlementaire, ne mâchaient pas leurs mots à l'égard de l'attitude qu'ils qualifient d'intransigeante de la part du gouvernement Couillard. 

«Nous restons déterminés et solides malgré le mépris du gouvernement à notre endroit», laisse tomber Ève Ringuette, secrétaire de LANEQ et responsable de la mobilisation dans la capitale.

«Il existe un dogme à l'intérieur du gouvernement au sujet de ce que devraient être des fonctionnaires du droit, dénonce Pascal Renauld, avocat au ministère de la Justice. Le gouvernement veut-il avoir des avocats qui lui disent le droit avant de poser des actions? C'est ça la question qu'il faut se poser. On n'est pas des fonctionnaires du droit.»

Après 11 semaines, le débrayage des juristes de l'État constitue le plus long conflit de travail de l'histoire de la fonction publique québécoise. «Mon père doit se retourner dans sa tombe, lui qui a fait la grève des réalisateurs de Radio-Canada en 1950...» lance M. Renauld.

Pour Simon-Pierre Lavoie, l'un des 115 avocats du ministère du Revenu membres de LANEQ, il est inacceptable que le gouvernement persiste à faire une différence entre les juristes de l'État, qui font du droit pénal, et ceux de la Direction des poursuites criminelles et pénales.

Le coeur du conflit est la reconnaissance d'une parité avec les procureurs du DPCP, «sur la base du rôle particulier et unique» des membres de LANEQ, «ainsi que leur indépendance de fonction», selon le communiqué émis par le syndicat.

«Quand on poursuit des gens accusés de fraudes fiscales de plusieurs millions de dollars, on fait une job qui est, en gravité objective, bien plus grande que des [règlements] de constats d'infraction», explique M. Lavoie.

«Quand le ministre [Pierre] Moreau dit que nous ne sommes pas soumis aux mêmes obligations, soit il n'est pas au courant et il parle à travers son chapeau, soit il ment», dénonce à son tour son collègue Frédéric Simard.

«Il n'y a pas de raison de nous traiter différemment, on possède les mêmes compétences», renchérit Ève Ringuette.

Les effets de la grève, même si peu concrètes dans la population, commencent à se faire sentir à des degrés divers au plan législatif. Ainsi, le projet de loi qui aurait permis la vente de vins québécois dans les épiceries avant les Fêtes n'a pu être adopté en raison du conflit, explique un juriste chargé du dossier, André Gaulin.

Autres manifestations

Les membres de LANEQ tiendront une autre manifestation jeudi, devant le palais de justice de Québec, et vendredi, face au ministère de la Justice, route de l'Église.

Le mandat de grève avait été reconduit à 90 % lors d'une assemblée extraordinaire tenue le 20 décembre. Lors de cette même rencontre, les dernières offres gouvernementales avaient été rejetées dans une proportion de 97 %.

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