Les migrants syriens ont sensibilisé à la cause des réfugiés

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(Québec) Les migrants syriens venus s'installer dans la capitale ont rapproché et sensibilisé davantage la société civile à la cause des réfugiés. C'est du moins le constat que fait Dominique Lachance, directrice du Centre multiethnique de Québec, à près d'un an du jour où le premier avion transportant des familles syriennes s'est posé à Montréal.

Personne, pas même les experts du Centre multiethnique de Québec (CMQ), ne pouvait dire avec certitude, l'automne dernier, quelle tournure prendrait l'accueil des réfugiés syriens dans la Vieille Capitale, et encore moins à travers la province ou au pays.

Ce n'est qu'avec la victoire des libéraux contre Stephen Harper, en octobre 2015, que le plan a vraiment pris forme. Le gouvernement de Justin Trudeau a alors confirmé la cible à 25 000 réfugiés avant la fin de 2015, échéance finalement reportée à février 2016.

Le député de Québec Jean-Yves Duclos en espérait quant à lui 500 en quelques semaines pour la région, jusqu'au tournant de janvier 2016, puis encore davantage au cours de l'année.

L'arrivée massive n'a toutefois pas eu lieu. Du 1er janvier 2016 jusqu'à cette semaine, Québec a reçu progressivement 487 réfugiés ayant fui la guerre en Syrie sur un total de 683 nouveaux arrivants, a confirmé la Ville en conférence de presse, jeudi. Six autres familles arriveront vers le 25 janvier.

Ce n'est donc pas par leur nombre que les Syriens ont fait leur marque à Québec, mais par l'attention qu'ils ont suscitée. «Ce qui est intéressant avec les Syriens, ça a été au préalable leur arrivée. Avec la Ville de Québec, la santé et les services sociaux et tous les organismes, il y a eu une espèce de concertation en prévision d'une potentielle arrivée massive [de réfugiés]», a raconté jeudi Dominique Lachance, du CMQ, invitée par Le Soleil à dresser un bilan de la dernière année.

Peut-être tout ce beau monde a-t-il été marqué par l'image du petit Alan Kurdi, 3 ans, retrouvé mort le 2 septembre 2015 sur une plage de Turquie. «Il y a eu un mouvement d'empathie pour ces gens-là [les Syriens] après ça. Le conflit en Syrie ça date [de 2011]. Tout à coup, il y a eu une conscience nationale et internationale.» Québec n'y a pas échappé.

Redoutant une affluence sans précédent, des plans B ont été mis sur pied pour accommoder les Syriens en grand nombre. Les responsables de la ville de Québec ont notamment fait appel à la base militaire de Valcartier pour les loger. Cela n'aura pas été nécessaire, mais toutes ces mesures serviront un jour, croit Mme Lachance. Et «la dynamique [de collaboration] perdure» au-delà des Syriens, s'est-elle réjouie, précisant que cela servirait pour tous les immigrants et réfugiés, quelle que soit leur provenance.

Plus «empathique»

La défaite des conservateurs a aussi aidé au changement de culture, selon Mme Lachance. «On voyait une diminution du nombre de nouveaux arrivants depuis huit ans. [...] Là, on a un gouvernement qui dit ''on ouvre les portes'' [et qui démontre] plus d'empathie».

Mme Lachance a rappelé que la capitale n'en était pas à sa première «situation particulière». En 56 ans d'existence, le CMQ a connu quelques arrivées massives, dont celle de réfugiés lors de la crise au Kosovo en 1999. Encore là, même incertitude sur les plans, mais Québec a su moderniser et adapter ses pratiques.

Un guide des valeurs communes

Tri des ordures, bases du système scolaire, langue, transport, logement, violence conjugale, éducation des enfants et lois canadiennes; la Ville de Québec a créé un guide complet afin de mieux orienter réfugiés et immigrants qui s'installent dans la capitale.

La Ville de Québec a présenté jeudi un tout nouveau cahier d'accueil qu'elle a concocté pour ses nouveaux arrivants. «Québec, une ville pour moi» a été créé dans le but de faciliter l'intégration des personnes immigrantes dans leur nouvelle culture, un objectif partagé entre les municipalités et le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion.

Développé après des consultations auprès d'organismes de la région, le cahier révise les bases du quotidien au sein de la société canadienne et québécoise. Son détenteur y découvre des fascicules portant sur divers sujets, allant des rigueurs de l'hiver à l'assurance maladie, en passant par l'hygiène corporelle de base.

Punitions corporelles

Un seul volet a cependant suscité une question de la salle, celui sur «les valeurs communes». Des mises en garde y sont notamment données sur la violence conjugale et «les punitions corporelles et l'éducation des enfants». «Les parents n'ont pas le droit d'utiliser une force physique déraisonnable pour corriger leurs enfants», rappelle le document.

Interrogé à savoir pourquoi ces éléments étaient précisés, le maire Régis Labeaume a répondu qu'il était «tout à fait normal» d'aborder ces sujets. «Ça fait partie de la vie. Il y a des usages, des moeurs et des traditions différentes. Et il y a des lois et des règles qui existent ici qui peuvent être différentes des pays de provenance des immigrants», a-t-il dit, insistant qu'il n'y avait pas de problème notable avec une communauté en particulier.

Dominique Lachance, directrice du Centre multiethnique de Québec, a rappelé de son côté que ces sujets étaient abordés depuis longtemps dans les séances d'information. «C'est faux de dire qu'il n'y en a pas [de différences culturelles]. C'est aussi faux de dire que ça vise une communauté en particulier. [...] Il est d'autant plus important d'informer les gens qui ne connaissent pas les lois, dont la question des enfants.»

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