L'«inquiétant» coût de la vie au Nunavik

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L'étude rendue publique jeudi met en évidence la vulnérabilité des ménages à faible revenu du Grand Nord québécois.

La Presse

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<p>Fanny Lévesque</p>
Fanny Lévesque

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Le Soleil

(Sept-Îles) Les seuls besoins de se nourrir et de se loger grugent plus de 60% des revenus des ménages du Nunavik et le résultat «particulièrement inquiétant» grimpe jusqu'à 70% pour les moins bien nantis.

«C'est énorme», affirme le directeur du rapport de recherche sur les coûts de la vie au Nunavik et sociologue de l'Université Laval, Gérard Duhaime. «Ça réduit leur capacité de satisfaire les autres besoins. C'est très important». Au Québec, les dépenses dédiées à l'alimentation et au logement par foyer oscillent autour de 40%. 

L'étude rendue publique jeudi met notamment en évidence la vulnérabilité des ménages à faible revenu du Grand Nord québécois. On y apprend entre autres que l'achat d'aliments ampute 43% de leur revenu et le logement, 27%. «Ça les rend plus fragiles. Ce sont des gens qui n'ont pas de coussins, pas de réserves pour faire face à un imprévu», lance-t-il. 

Le rapport de recherche, financé par Québec, l'Administration régionale de Kativik et la société Makivik, a justement été commandé pour permettre de cibler des solutions durables de réduction des écarts entre le coût de la vie au Nunavik et le sud. L'étude s'est intéressée à la consommation de 450 ménages du nord pendant 16 mois. 

Les données portaient sur 3682 biens et services, c'est cinq fois plus que ce qu'utilise Statistique Canada pour le calcul de l'indice des prix à la consommation. «Une étude de cette ampleur-là, c'est une première», a souligné M. Duhaime. C'est que le rapport va au-delà de comparer les prix et examine plus largement le coût de la vie. 

«Avec une comparaison de prix, on ne sait jamais quel est l'impact dans le budget des ménages parce qu'on ne connait pas leur consommation réelle», explique le chercheur. Les foyers échantillonnés aléatoirement dans six communautés nordiques ont ainsi collectionné pendant deux semaines tous leurs reçus d'achat. 

«Ça nous a permis de faire une structure de leurs dépenses», illustre M. Duhaime. «Ça montre que pour la moyenne des ménages, on a 60% de toutes les dépenses qui sont consacrées uniquement à l'alimentation et au logement». Un mince 2,1% des argents des ménages est investi dans les loisirs, la formation et la lecture, est-il aussi révélé. 

L'exercice a également permis d'établir un indice général du coût de la vie pour chacun «des postes budgétaires» à l'étude. Il en coûte donc 13% plus cher de vivre au Nunavik plutôt qu'à Québec. Un écart qui semble petit à priori, mais qui s'explique parce qu'il tient compte que le prix des loyers est 28% moins cher dans le nord qu'en ville. 

«Le prix du logement est moins cher parce que les gens du Nunavik habitent des habitations publiques, qui appartiennent soit à l'employeur, soit à l'Office municipal de l'habitation», précise le sociologue. «Ça veut dire que le logement agit déjà comme une mesure de réduction du coût de la vie. C'est une mesure importante à conserver».

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Le panier d'épicerie

À l'exception du logement, toutes les autres composantes examinées pour déterminer le coût de la vie explosent au-delà du 55e parallèle. Le même panier d'épicerie, entre autres, coûte 148$ au Nunavik et 100$ à Québec. L'ameublement est 42% plus onéreux au nord, les boissons alcoolisées et produits du tabac sont aussi 37% plus dispendieux. 

«Leur pouvoir d'achat n'est pas identique à quelqu'un qui habite au sud. Le dollar là-bas ne vaut pas la même chose que le dollar à Québec», résume M. Duhaime. «Il y a une réduction de la liberté qu'on a, quand on a de l'argent. Il y a une réduction symbolique aussi parce que le sentiment d'injustice là-bas est palpable.».

Le rapport de recherche livré par l'Université Laval doit servir «de première étape» pour mieux analyser les impacts des mesures «durables» de réduction du coût de la vie à instaurer au Nunavik et suivre de près celles déjà en place. Québec a qualifié «de fort précieuses» les données documentées. 

«(L'étude) nous aidera à poursuivre le travail entamé dans le cadre du Plan Nord en vue d'accompagner les communautés du Nunavik dans leurs efforts de développement», s'est réjoui le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand. L'exercice a nécessité des investissements de 500 000$, payé à moitié par Québec.

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