Étudiants étrangers: le b.a.-ba de l'hiver québécois

Originaire de Madagascar, Princy Solay Rakotonirainy, étudiant en... (Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Originaire de Madagascar, Princy Solay Rakotonirainy, étudiant en finance à l'Université Laval, éprouve des craintes face à la perspective de vivre son premier hiver québécois.

Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Originaire de Madagascar, un coin du monde où la glace ne se retrouve que dans les drinks, Princy Solay Rakotonirainy se faisait un sang d'encre avec l'hiver québécois avant de débarquer à l'Université Laval, en septembre, pour suivre une formation en finance.

«J'ai des amis qui me disaient que l'hiver, au Québec, c'est grave, ça dure six mois par année. Tu vas voir, tu vas te taper des - 40. En février, c'est pire, c'est la dépression directe, tu ne vois pas le soleil, tu es à bout de nerfs. J'avoue que ça fait peur...»

L'étudiant de 27 ans n'est pas le seul sur le campus à appréhender l'Armageddon hivernal à la québécoise. «En Algérie, le bureau d'immigration pour le Canada est vide pendant l'hiver. Personne ne veut venir», lance Mourad Hamed-Abdel Ouahab, étudiant en communications et relations publiques, arrivé au pays avec sa conjointe Esma. «Chez nous, la neige, on en retrouve seulement un peu en montagne. À Alger, quand il fait - 5, la télé et la radio diffusent des bulletins spéciaux.»

Question de désamorcer les appréhensions et déboulonner certains mythes sur l'hiver québécois, le Bureau de la vie étudiante de l'Université Laval organise chaque session une rencontre pour les étudiants étrangers qui, souvent, n'ont jamais vu le début de l'ombre d'un flocon de neige et qui se font fait une tête à partir d'histoires douteuses propagées par leur entourage.

L'hiver québécois 101

À l'avant de la classe, où prennent place une dizaine d'étudiants, Roxane Ruiz est chargée de remettre les pendules à l'heure. Ne partez pas en peur, mais il existe quand même des précautions élémentaires à adopter pour apprivoiser l'hiver québécois, tel est l'essentiel de son message qui se veut rassurant.

«L'hiver au Québec, ce n'est pas tout blanc ou tout noir. Le climat est très changeant. Il ne fait pas toujours froid. Il y a des journées de pluie en hiver et parfois beaucoup de vent», explique-t-elle, précisant à l'assemblée qu'il existe des remèdes au manque d'ensoleillement. «Il ne faut surtout pas rester enfermé. Il faut profiter des belles journées pour sortir prendre une marche.»

Et l'étudiante d'enchaîner avec le b.a-ba sur la façon de se vêtir en hiver. Rien de neuf pour le Québécois pure laine, mais quelques notions indispensables pour le néophyte. À l'aide d'images projetées sur un écran, Roxane fait la nomenclature des vêtements à acheter. Un soin particulier doit être apporté au choix des bottes, insiste-t-elle. 

Le prix de tout l'attirail fait grincer des dents. Roxane conseille d'attendre au Boxing Day pour profiter de rabais. «C'est quand même rassurant de savoir quoi acheter, même si ça finit par coûter un bras», lance Esma, 25 ans, étudiante en architecture et design.

«Avant de sortir, il faut consulter la météo et choisir les vêtements appropriés. Ça peut prendre jusqu'à cinq minutes pour tout enfiler», poursuit Roxane. La cagoule, cette pièce qui couvre tout le visage et donne l'apparence d'un voleur de banque, peut être utile, mais seulement lorsqu'il fait froid à pierre fendre et qu'on doit rester longtemps à l'extérieur, précise-­t-elle. Prudent et paré à toute éventualité, Princy en avait acheté une...

Une partie de l'exposé est consacrée à une liste de suggestions d'activités extérieures à faire pendant la saison froide. Patinage, ski de fond, Carnaval, hôtel de glace... «J'ai hâte de manger du sirop d'érable sur la glace...» s'enthousiasme Esma.

Traumatisme

«Je reste toujours surprise de ce que les gens peuvent dire au sujet de l'hiver québécois, explique Roxane en entrevue. Soit ils nourrissent cette méconnaissance en disant qu'il fait terriblement froid, qu'on peut mourir, perdre un bout d'oreille [rires], soit, au contraire, ils font croire qu'un manteau et des petites bottes d'automne vont faire le travail.»

«Pour les étudiants qui arrivent en plein janvier, ajoute-t-elle, c'est différent. Ça peut être un vrai traumatisme.»

«Ça démystifie les choses, ajoute Esma. J'ai appris que ce n'est pas des - 40 tous les jours. Moi, c'est plus la pluie et l'humidité que je n'aime pas.»

Et comment voient-ils venir leur première tempête? «Ça, je ne sais pas, mentionne Princy. J'ai vu de la neige pour la toute première fois de ma vie récemment. C'était une toute petite accumulation, le matin, et je me demandais si je devais sortir, mais j'ai fait l'effort. Il faisait moins froid que je le croyais.»

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer