Surdoses d'opiacés: l'accès à l'«antidote» retardé à Québec

Le programme a 26 critères à remplir auprès... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Le programme a 26 critères à remplir auprès de Santé Canada avant d'aller de l'avant, dont celui de démontrer que le projet reçoit l'acceptabilité sociale.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Annoncé pour cette année, le programme d'accès et de formation à la naloxone, ce composé qui agit comme «antidote» en cas de surdose aux opiacées, ne se réalisera vraisemblablement pas avant 2017 à Québec. La Direction de la santé publique a plutôt choisi d'attendre la mise en place du programme provincial présentement en élaboration.

«Certaines régions ont continué les travaux et choisi de ne pas attendre, mais nous, comme les ambulanciers de la région sont formés pour administrer la naloxone et qu'ils en ont dans tous leurs véhicules et que le produit est aussi disponible sans prescription dans les pharmacies, nous avons décidé d'attendre. Nous n'avons pas eu de signalement à l'effet que ce qui existe déjà ne réponde pas aux besoins. Nous ne voulions pas mettre de l'énergie à développer cela alors que ce qu'on a permet de diminuer les risques», a expliqué au Soleil Catherine Chagnon, agente d'information au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

Mme Chagnon indique que le programme d'accès national à la naloxone associé à une formation pour les pairs aidants devait être déployé «d'ici l'hiver», mais elle a refusé de s'avancer à dire qu'il serait en place d'ici la fin de l'année. Elle signale cependant que le projet de centre d'injection supervisée est toujours considéré comme prioritaire par le CIUSSS.

«Nous avons deux comités qui travaillent là-dessus : l'un sur l'organisation des services et l'autre sur l'acceptabilité sociale. Le projet final devrait être accepté en septembre 2017 pour que la demande d'exemption à Santé Canada soit déposée avant novembre, la date limite. Dans cette demande, rien ne sera laissé au hasard. Il y a 26 critères à remplir, dont celui de démontrer que le projet reçoit l'acceptabilité sociale. À ce moment, le lieu d'installation du centre d'injection sera identifié et les employés désignés. Nous serons donc prêts à aller de l'avant dès qu'on aura l'autorisation», poursuit-elle, indiquant qu'une ouverture dans les premiers mois de 2018 serait réaliste.

Départ tardif

Mario Gagnon, coordonnateur de l'organisme Point de repères, a toutefois déclaré au Soleil qu'il trouvait dommage que le programme d'accès à la naloxone tarde à prendre forme. «Au mois de juin, nous avions rencontré un pharmacien et obtenu une prescription collective du sous-ministre. Il nous restait à être formés pour que nous puissions à notre tour former les pairs aidants.»

Point de repères demande ce programme depuis longtemps en l'absence d'un centre d'injection supervisée. 

«Le projet existe à Montréal depuis deux ans et a contribué à sauver des vies. Une fois le programme en place, l'équipe de Point de repères, les travailleurs de rue et les pairs pourraient aller à la pharmacie se procurer gratuitement des doses de naloxone qu'ils pourraient administrer aux toxicomanes en surdose d'opiacées (héroïne, morphine, fentanyl, dilaudid, oxycodone). Ensuite, ils ont une heure pour aller à l'urgence se faire traiter, sinon ils retombent en situation de surdose», conclut-il. Après que deux personnes aient succombé à des surdoses de fentanyl au début de l'année, Point de repères n'a pas répertorié d'autres décès en 2016 même si plusieurs cas de surdoses ont été rapportés.

Cannabis médical : finies les doses de plus de trois grammes par jour pour les vétérans

Le ministre des Anciens combattants Kent Hehr a annoncé mardi qu'il fixait dorénavant à trois grammes par jour la limite de remboursement du cannabis à des fins médicales pour les vétérans. 

La limite était jusqu'à maintenant de 10 grammes par jour et avait fait passer la facture du gouvernement de 400 000 $ à 25 millions en trois ans. Parmi les 1762 vétérans canadiens qui ont une prescription de marijuana, 695 en reçoivent 10 grammes par jour. En moyenne, les vétérans se font rembourser 170 grammes par mois, soit un peu plus de six grammes par jour. 

Compte tenu des difficultés que présente toute transition, les vétérans qui reçoivent actuellement un remboursement pour plus de trois grammes par jour pourront maintenir leur quantité actuelle jusqu'au 21 mai 2017 si elle est autorisée par un praticien de la santé. Un processus de reconnaissance des circonstances exceptionnelles sera également mis en place pour les vétérans autorisés à utiliser plus de trois grammes par jour dans le but d'assurer leur santé et leur bien-être, par exemple pour un vétéran aux prises avec des douleurs liées au cancer. 

Dans un tel cas, le vétéran devrait fournir la documentation nécessaire obtenue auprès d'un oncologue pour déterminer s'il y a lieu d'approuver des quantités supérieures à la limite prévue. 

Un taux a également été établi à raison de 8,50 $ par gramme afin de s'assurer que les coûts sont facturés aux vétérans.

Le Ministère les rembourse ensuite selon la juste valeur marchande.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer