Femmes autochtones de Val-d'Or: Picard a «le sentiment de parler dans le vide»

Ghislain Picard, le chef de l'Assemblée des Premières... (Collaboration spéciale, Ulysse Lemerise)

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Ghislain Picard, le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, réclame qu'un budget d'urgence soit débloqué par le gouvernement pour offrir des services de première ligne et assurer un filet de sécurité dans les heures qui suivront l'annonce de la décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales, vendredi.

Collaboration spéciale, Ulysse Lemerise

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<p>Fanny Lévesque</p>
Fanny Lévesque

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Le Soleil

(Sept-Îles) Si aucune accusation n'est déposée vendredi dans l'affaire des femmes autochtones de Val-d'Or, «l'effet» dans les communautés pourrait être aussi grand qu'au lendemain de la diffusion du reportage-choc d'Enquête, prévient le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard.

«C'est clair que le sentiment de parler dans le vide ou de se sentir pas écouté va être renforcé», a déploré le chef Picard. «Ce qui va sans doute avoir comme impact d'augmenter la réticence de celles qui songeaient à dénoncer. La question du soutien aux victimes, à leurs familles et aux communautés, ça va devenir un aspect important.»

L'APNQL réclame en ce sens qu'un «budget d'urgence» soit «immédiatement» débloqué par le gouvernement pour «offrir des services de première ligne et assurer un filet de sécurité». «Il faut trouver la bonne façon d'outiller les communautés et les intervenants, qui sont déjà complètement dépassés au moment où l'on se parle», soulève-t-il.

Analyse terminée

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a fait savoir lundi qu'il avait terminé l'analyse de 37 dossiers, soumis par le Service de police de la Ville de Montréal, qui a été mandaté par Québec pour enquêter sur les allégations d'abus à l'égard de femmes autochtones de Val-d'Or par des policiers de la Sûreté du Québec.

Le DPCP révélera vendredi s'il portera des accusations, mais plusieurs médias ont déjà rapporté que non. Le DPCP souhaitait d'abord rencontrer les plaignants, ce qu'il fait depuis le début de la semaine, avant de rendre publiques ses conclusions. L'analyse porte sur les plaintes déposées avant le 4 avril 2016, les autres font toujours l'objet d'une enquête.

Même si elles sont «encore officieuses», les informations entendues jusqu'à présent donnent du poids à l'APNQL, qui réclame depuis un an le déclenchement d'une commission d'enquête plus large, examinant les relations entre les autorités policières et les Autochtones. «Des policiers qui enquêtent sur des policiers, ça ne passe pas le test», affirme M. Picard.

«Si ça s'avère vrai, ça renforce l'idée de tenir une enquête indépendante parce que très clairement le chiffre 37 confirme qu'il y a un fossé entre les forces policières et les communautés [...] J'irai même encore plus loin en disant qu'il y a peut-être un doute fondé ici sur l'application de la justice quand il s'agit des communautés autochtones.»

Le Parti québécois a réclamé mercredi que le Bureau des enquêtes indépendantes fasse la lumière «pour éviter que cette enquête se limite à ce que ce soient des policiers qui enquêtent sur des policiers». Six policiers de la Sûreté du Québec ont été suspendus après la diffusion de l'émission Enquête, en octobre 2015

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