Besoins et objectifs à la hausse pour la campagne de Lauberivière

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(Québec) Lauberivière augmente une fois de plus l'objectif de sa campagne annuelle de financement qui passe à 750 000 $. Le tout sur fond d'espoir de déménagement dans un édifice neuf et mieux adapté aux besoins qui, eux aussi, sont en hausse.

Les 700 000 $ espérés l'an dernier ont été atteints pour le refuge pour itinérants et la soupe populaire de la rue Saint-Paul. Les responsables ont donc bon espoir de voir les donateurs être encore plus généreux pour l'organisme dont la gestion quotidienne ne vient que du financement privé. «La population est habituellement au rendez-vous, alors on espère encore une fois cette année», a dit le directeur général de Lauberivière, Éric Boulay, lors du lancement de la campagne annuel jeudi. Plus de 225 000 dépliants seront envoyés dans les foyers de la région.

Il faut dire que les besoins sont en hausse pour une clientèle itinérante de plus en plus diversifiée. 

«Dans les 15 dernières années, le visage de l'itinérance a changé», a poursuivi M. Boulay, directeur depuis 2011, mais employé de Lauberivière depuis 1998. Exit l'image de «l'homme alcoolique chronique dans la quarantaine», dit-il. 

Les usagers du refuge sont de plus en plus jeunes, 30 % de la clientèle a de 18 à 30 ans. Ou encore plus vieille. «On a de plus en plus de personnes en perte d'autonomie», a ajouté M. Boulay à propos de cette clientèle âgée qui représente des défis particuliers pour l'organisation. Les femmes sont aussi de plus en plus présentes alors que la proportion d'hommes qui atterrissent à Lauberivière est passée de 85 % à 82 % ces dernières années. «Il n'y a pas de profil type», résume le directeur général.

En 2015, Lauberivière a servi 152 000 repas et offert 15 000 nuitées d'hébergement. Le centre de dégrisement a vu défiler 4000 personnes lourdement intoxiquées.

Pour une rare fois, les journalistes ont d'ailleurs pu visiter jeudi cette zone de dégrisement instaurée en 1998. La maison ouverte en 1983 compte 39 lits réguliers et divers services pour aider hommes et femmes dans la rue, en situation de pauvreté ou en détresse passagère à se reprendre en main.

Déménagement

Une visite dans les couloirs de Lauberivière permet aussi de constater que l'immeuble vétuste a bien besoin des rénovations promises depuis longtemps. Mais, finalement, devant les travaux évalués à plus de 10 millions $, l'idée de construire à neuf fait de plus en plus son chemin, comme le révélait Le Soleil le 12 octobre. 

La Ville de Québec a réservé un terrain de la rue de X'ian, près de l'ancien cinéma Charest et à 350 mètres de l'actuel refuge. La prochaine étape est d'évaluer la faisabilité de construire un tout nouvel immeuble et d'aller «quêter», a dit le maire de Québec, Régis Labeaume.

«On travaille sur le dossier. On a trouvé le terrain, il faut se rasseoir, mais il est fort possible qu'on construise à neuf», a commenté M. Labeaume après avoir pris un repas du midi à la soupe populaire jeudi en compagnie du cardinal Gérald Cyprien Lacroix et de la conseillère responsable du développement social, Chantal Gilbert.

«Il va me rester à faire une petite tournée, pour aller quêter moi aussi», a poursuivi le maire, laissant entendre qu'il ira plaider la cause de Lauberivière auprès des plus hautes instances.

«C'est un cas de premier ministre», a-t-il lancé.

Trois visages de Lauberivière

Yves, l'usager

Lorsqu'il est arrivé à Québec en provenance de Montréal l'an dernier, Yves n'en menait pas large. «Mon problème, c'est l'alcool», dit d'entrée de jeu celui qui attribue à Lauberiviere une bonne partie de son retour sur la bonne voie. «Lauberivière m'a permis d'être capable de me reprendre en main. Ce que j'ai trouvé spécial est que quand on m'a accueilli, on ne m'a pas jugé, mais pas pantoute, on m'a tout simplement ouvert les bras», a-t-il dit aux journalistes lundi. «J'ai repris le goût de vivre.» Le solide gaillard ne cache pas que chaque étape se fait lentement, pas à pas. Aujourd'hui, il est en maison de chambres, mais fréquente toujours Lauberivière. Pour manger, faire du bénévolat et parler. «J'ai besoin de me faire écouter, parce que j'ai des choses à dire.»

Katy, l'intervenante

Dans la réalité des itinérants, il y a la pauvreté, bien sûr, des dépendances, souvent, et, parfois, les problèmes de santé mentale, aussi. Lauberivière dispose de 10 chambres où une équipe de professionnels accueille des hommes et des femmes après une période d'hospitalisation en psychiatrie, explique l'intervenante Katy Normand. «C'est un séjour d'environ trois mois. Ces gens sont ici pour réintégrer une routine de vie pour ne pas retourner en hospitalisation», explique-t-elle. Pas de médecin dans la place, mais des spécialistes qui aident ces personnes dans leur prise de médicaments et les soutiennent pour un retour à une vie plus normale dans un contexte encadré et sécuritaire.

Yvon, le bénévole

En 2011, Yvon Plante a fait une soirée de bénévolat à Lauberivière. Il a eu une forme de coup de foudre pour cette implication qui le mène maintenant dans les cuisines de la soupe populaire deux fois par semaine. «J'étais venu pour une soirée et, finalement, ça fait cinq ans que je suis ici», explique ce retraité du monde des affaires alors que la cuisine fourmille pour un repas spécial servi jeudi à l'occasion du lancement de la campagne annuelle de financement. «Les gens sont super ici dans la cuisine, on a du plaisir.»

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