Radicalisation: la vigilance est de mise

Alors qu'on aurait tendance à associer la radicalisation... (AFP, Ahmad Al-Rubaye)

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Alors qu'on aurait tendance à associer la radicalisation exclusivement aux conflits du Moyen-Orient, le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence spécifie qu'il s'intéresse autant à la violence de l'extrême droite (ou de la gauche) qu'à celle qui se nourrit de religion.

AFP, Ahmad Al-Rubaye

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(Québec) Nulle région du Québec n'est épargnée.» La radicalisation violente ne serait pas l'apa­nage de l'île de Montréal.

«Les gens nous appellent de partout au Québec», insiste le directeur du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, Herman Deparice-Okomba, au cours d'une discussion informelle. Des jeunes qui décrochent, qui ne cultivent plus de rêves, vulnérables donc, il y en a dans toutes les localités.

Il est cependant primordial de ne pas exagérer, poursuit-il. Il n'y a pas de raz-de-marée, de vague de radicalisation violente.

Le Centre est en activité depuis 19 mois. Il aurait répondu à environ 350 «demandes d'assistance» qui auraient «nécessité une intervention sur le terrain auprès de personnes en situation de radicalisation, de leurs proches ou de leur famille», indique-t-on dans un communiqué de presse.

Mais il y a aussi beaucoup d'appels de gens inquiets pour pas grand-chose, de parents qui veulent encadrer leur enfant, de professeurs qui ont besoin d'outils pour une présentation en classe, d'élèves qui préparent une activité, etc., note M. Deparice-Okomba.

Et il faut définir c'est quoi, la radicalisation. Ce n'est pas seulement celle d'enfants d'immigrants du Maghreb voulant partir en Syrie au nom d'un islam de conte de fées. «C'est l'erreur à ne pas faire. On a choisi de s'attaquer à toute forme de radicalisation.» 

«La radicalisation n'a pas de couleur [...] n'est pas liée aux origines», ajoute M. Deparice-­Okomba. À Saint-Jean-sur-Richelieu ou aux Communes en 2014, les attentats étaient l'oeuvre de natifs.

Le Centre cible la radicalisation menant à la violence. Celle de l'extrême droite, celle qui se nourrit de religion, celle de l'extrême gauche. Aussi celle des plus fervents antiavortement, homophobes... On vise large.

Quoi qu'il en soit, la radicalisation des jeunes Québécois est à des années-­lumière de celle observée outre-­Atlantique, plus près du conflit syrien. «En Europe, ils sont rendus loin», observe notre interlocuteur. Il pense que la culture de prévention du Québec joue.

400 participants

Environ 400 chercheurs, penseurs, intervenants et fonctionnaires seront justement à Québec dès dimanche soir pour évaluer les différentes stratégies pour lutter contre la radicalisation des jeunes, surtout par le prisme du Web. 

M. Deparice-Okomba est coprésident de la conférence organisée par l'UNESCO. L'objectif des organisateurs serait de lancer des initiatives afin d'offrir aux jeunes qui sillonnent le Web de l'information permettant de faire la différence entre du contenu valable et du contenu haineux ou mensonger.

Pour information: info-radical.org 

Vraiment confidentiel?

Une enquête de Radio-Canada ébranle le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

Dans le reportage diffusé jeudi soir, d'anciens employés soutiennent que la confidentialité des dossiers transmis au Centre n'est pas assurée. Que des informations recueillies durant des entretiens professionnels avec des personnes accompagnées par le CPRMV auraient été ébruitées, transmises à la direction. Ceci contrevient à la déontologie qui encadre le travail des psychologues et des travailleurs sociaux, notamment, et pourrait nuire à la confiance accordée par les personnes demandant de l'aide, à qui on promet cette confidentialité. Le Centre nie toutes les allégations.

Toujours à Radio-Canada, le directeur Herman Deparice-Okomba souligne néanmoins que son organisation est jeune, qu'elle progresse encore et qu'elle reçoit un accompagnement du Centre jeunesse pour améliorer ses pratiques. Des 352 dossiers évalués en 19 mois, au moins six ont été transmis aux forces de l'ordre, selon les statistiques du CPRMV.

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