Radicalisation des jeunes femmes: loin de l'image de la petite étourdie

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On présente souvent les jeunes femmes qui se radicalisent comme naïves, comme allant faire le djihad du sexe. Or, selon Hélène Charron, du Conseil du statut de la femme, elles ont un idéal maternel et conjugal, elles veulent construire le pays, participer à l'éducation, faire de l'aide humanitaire... loin des attentats à la voiture piégée!

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(Québec) Des agents de radicalisation sont à l'oeuvre au Québec et réussissent à embrigader de jeunes femmes dans un islam radical fantaisiste, révèle une recherche déposée jeudi à l'Assemblée nationale. Mais très peu d'entre elles aboutissent au Moyen-Orient.

Le phénomène est limité, tempère Herman Deparice-Okomba, directeur du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence. En Syrie, les services de renseignement ont dénombré entre 25 et 30 Québécois. Il ne faut pas être alarmiste.

Aussi, parmi les quelque 550 Occidentales recensées dans les zones de conflit en Syrie et en Irak, entre 3 et 7 Québécoises ont été identifiées, ajoute Olivier Lamalice, chercheur au Conseil du statut de la femme.

N'empêche, M. Lamalice et son collègue Benjamin Ducol, responsable de la recherche au Centre de prévention de la radicalisation, ont croisé une douzaine de jeunes femmes endoctrinées pour cette enquête. Ils n'ont mis que quelques semaines pour retrouver ces Québécoises. Et celles-ci leur ont parlé d'autres amies qui avaient flirté avec les mêmes idéaux.

Parmi l'échantillon, certaines ont été arrêtées le jour du grand envol, à l'aéroport. C'est d'ailleurs à la suite du départ de Québécois vers la Syrie et l'Irak qu'on a voulu creuser les motivations de celles qui rêvent de s'y établir. 

Constat : elles ne sont pas celles que vous croyez! «On les présente comme naïves, comme allant faire le djihad du sexe», illustre M. Ducol. L'image populaire de la petite étourdie recrutée pour être engrossée par un méchant djihadiste serait fausse. 

En fait, elles ont toutes un parcours différent. Mais bien des ressemblances : «On a des jeunes filles plutôt issues de la classe moyenne qui sont aussi très fortement scolarisées.» Souvent, elles excellent à l'école.

Survient l'adolescence, la crise identitaire. Généralement, elles ont été frappées par un trauma qui les a secouées, comme le décès d'un proche. L'islam «total» devient alors un outil de stabilité, il offre des repères. 

C'est ici que des agents de radicalisation peuvent intervenir. Il existe une «structure» d'endoctrinement au Québec, remarque M. Lamalice. D'ailleurs, les jeunes femmes interrogées se connaissent.

«Il y a des agents de radicalisation qui opèrent», acquiesce Benjamin Ducol. «Ce sont des gens qui opèrent au Québec et sur Internet. [...] Ils sont peu nombreux.» Combien? «Moins de 10.»

Vision caricaturale

Dans de petits groupes d'amis, les jeunes filles s'enfoncent lentement dans le radicalisme. Et s'éloignent tranquillement de leur famille au fur et à mesure qu'elles enfilent un voile ou qu'elles tiennent des discours extrémistes.

Les jeunes femmes embrigadées développent alors une «vision caricaturale» de la société québécoise, ajoute Hélène Charron, directrice de la recherche et de l'analyse au Conseil du statut de la femme. Elles fantasment sur la Syrie. Elles ont un idéal maternel et conjugal, elles veulent construire le pays, participer à l'éducation, faire de l'aide humanitaire... loin des attentats à la voiture piégée!

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