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De plus en plus de tests de drogue échoués dans l'armée

Selon les données les plus récentes, en 2015,... (La Presse canadienne, Lars Hagberg)

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Selon les données les plus récentes, en 2015, les scientifiques ont repéré de la drogue dans l'urine de 344 membres de l'armée de terre.

La Presse canadienne, Lars Hagberg

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(Québec) La consommation de drogue est toujours populaire au sein des Forces armées canadiennes. Après quelques années de décrue, le nombre de tests d'urine échoués par les soldats est en croissance, révèlent des statistiques reçues par Le Soleil.

Que préfèrent les militaires? La marijuana, de loin. La cocaïne, ensuite. Suit un cocktail d'amphétamines, de codéine, de morphine, d'ecstasy...

Et ils en consomment beaucoup de ces substances illégales? Selon les données les plus récentes, en 2015, les scientifiques ont repéré de la drogue dans l'urine de 344 membres de l'armée de terre. Parfois, un même individu avait fumé-sniffé-avalé plus d'un produit. Aux fins de comparaison : en 2013, 279 échantillons positifs avaient été repérés. En 2012 : 238.

C'est beaucoup? L'an dernier, il a fallu que les militaires remplissent 5657 petites bouteilles de test pour que les équipes médicales dénichent les quelques centaines de fautifs. La Défense nationale évalue donc qu'environ 6,1 % des troupes ont échoué à cet examen. C'est environ 1 sur 16.

Ce taux grimperait. En 2009, l'armée avait effectué une étude pancanadienne sur l'usage des drogues dans ses rangs. La prévalence était alors de 4,2 %, nous écrit une conseillère en communications du ministère de la Défense nationale, Suzanne Parker. À l'époque, on avait noté que les bases de Valcartier et de Petawawa se démarquaient en la matière.

D'autres statistiques émanant de l'armée laissent toutefois voir que la consommation de différentes drogues s'est maintenue autour de 6 %, 7 %, au cours des dernières années. Même si les stupéfiants sont interdits dans les forces. Même si un programme d'éducation, de dépistage, de traitement et de réadaptation est en place.

Peu ou pas de ces militaires en «échec» ont par contre été sanctionnés. Pourquoi? Parce que ces tests font partie d'une vaste étude visant à évaluer la prévalence de l'usage de la drogue dans l'armée. Les prélèvements recueillis dans le cadre de cette recherche sont anonymes.

Les conséquences de l'usage de drogue peuvent cependant être importantes pour l'armée. Un exemple : beaucoup de tests antidrogue ont été menés auprès des militaires prêts à partir en Afghanistan, nous apprenait un reportage de la CBC. Ceux-là n'étaient pas anonymes. Et des dizaines de soldats qui devaient être déployés ont dû rester à la maison.

Plus populaires chez les civils

Suzanne Parker, du ministère de la Défense, fait néanmoins remarquer que les drogues sont plus populaires chez les civils : «Les rapports récents des Forces armées canadiennes [FAC] indiquent que le pourcentage de consommation de drogues au sein des FAC est bien inférieur à celui de la population canadienne en général.»

Elle souligne en outre que les statistiques sur les tests d'urine positifs aux drogues n'indiquent pas si un médecin a prescrit ou non la substance illicite. «Ce qui peut être un facteur contribuant au pourcentage de tests positifs.»

Échantillons dilués

Le taux de consommation de drogue par les militaires pourrait aussi être plus élevé que ce que laissent entrevoir les statistiques officielles. Les documents consultés montrent que certains échantillons reçus par les laboratoires militaires étaient dilués avec autre chose que les flux biologiques, ce qui sert à masquer le contenu. En plus, de nombreux échantillons n'ont jamais été testés parce que des «erreurs fatales» ont été commises durant les manipulations.

Les analyses d'urine pour détecter de la drogue ne sont pas systématiques. Les militaires occupant des postes à risque élevé doivent s'y soumettre plus souvent. Sinon, les supérieurs l'exigent «en cas d'accident ou d'incident», lorsqu'ils ont des motifs raisonnables de soupçonner l'intoxication ou pour contrôler un militaire qui doit rester sobre après avoir raté un précédent test.

Nous avions aussi demandé les données pour la marine canadienne et l'aviation. Le ministère de la Défense affirme ne pas avoir les statistiques pour ces pans de l'armée.

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