Redonner au Népal une école à la fois

Marie-Kristelle Ross (à droite) a été accueillie en... (fournie par Marie-Kristelle Ross)

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Marie-Kristelle Ross (à droite) a été accueillie en reine à l'école népalaise dont elle a financé la reconstruction. À gauche, la veuve de Kumar Rai, son porteur qui a perdu la vie lors du séisme de 2015, l'attendait avec le sourire et des colliers de fleurs.

fournie par Marie-Kristelle Ross

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<p>Fanny Lévesque</p>
Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) Marie-Kristelle Ross s'était promis qu'elle redonnerait au Népal après y avoir frôlé la mort en avril 2015. C'est maintenant chose faite. Quelque 400 petits Népalais ont maintenant un toit sur la tête pour mener à bien leurs études, grâce à elle.

La Septilienne et son mari se trouvaient au camp 1 de l'Everest lorsque la terre a tremblé sous leurs pieds, le 25 avril 2015. Trois sherpas de l'équipe du couple ont péri dans la tragédie qui a fait des milliers de morts. Elle a choisi de reconstruire l'école fréquentée par les quatre enfants de l'un des porteurs décédés, Kumar Rai. Rien de moins. 

«Ç'a été... On dirait que je ne réalise pas encore tout ça, mais ça n'aurait pas pu être mieux.» Au bout du fil, la cardiologue à l'Hôtel-Dieu de Lévis cherche encore les mots, elle qui revient à peine d'un séjour au Népal, le premier depuis le drame, où elle a pu constater «de ses yeux» les fruits de son projet, enfin finalisé. 

Marie-Kristelle Ross est parvenue à réunir 30 000 $, auprès de donateurs de Sept-Îles et de Québec, pour financer la reconstruction de l'école du village très isolé de Chheskam, où habite toujours la famille du défunt. Avec la collaboration d'une amie médecin népalaise, qui pratique à Katmandou, elle a pu superviser chacune des étapes des travaux. 

«Je voulais être certaine que tout se passe bien, il y a beaucoup d'argent qui a été envoyé [après le séisme], mais, concrètement, les gens ne voient pas la différence. Je ne voulais pas tomber dans le panneau, je ne voulais pas passer par aucune organisation de là-bas», poursuit-elle, soutenant qu'il y a malheureusement «beaucoup de corruption». 

Elle a eu à jeter un oeil à tout, des certifications des infrastructures à la coordination des porteurs de matériaux vers le site «super rural», situé à quatre jours de marche de la capitale. «On n'a eu aucun intermédiaire», se réjouit-elle, même si elle concède que le projet est vite devenu «beaucoup plus gros» que ce qu'elle avait prévu.

La construction du bâtiment a pu réellement prendre son envol en janvier, trois mois après avoir mis au point la logistique et les plans pour que l'école «soit théoriquement à l'épreuve» d'un autre séisme. «Je voulais construire quelque chose de mieux», soulève-t-elle. «Il y avait certains murs qui tenaient debout, on n'est pas parti de zéro.» 

Voilà deux mois maintenant que les élèves népalais apprennent à l'intérieur de l'école reconstruite, qui abrite huit classes. «Ils suivaient [depuis le séisme] leurs cours dehors et quand il pleuvait, il n'y avait pas d'école», raconte-t-elle. Ce n'est qu'au début du mois qu'elle s'est rendue sur place pour visiter les lieux. 

«Honnêtement, je ne savais pas à quoi m'attendre», lance la médecin. Elle n'avait pas à s'inquiéter. Marie-Kristelle Ross a été accueillie en reine, des dizaines d'enfants et la veuve de Kumar Rai l'attendaient. «Ils ont préparé une fête, j'ai été émue tout le long. J'ai les yeux rouges sur toutes les photos», rigole la Septilienne. 

«L'école était décorée, ils avaient fait des couronnes de fleurs», ajoute-t-elle. Un moment qu'elle savoure tranquillement depuis son retour au Québec. Mais, après cette vague d'amour, la cardiologue n'a pas envie de s'arrêter là. «On est au stade des détails et d'améliorer les choses», précise Mme Ross.

«Vouloir en faire plus»

L'ajout de tableaux et l'achat de matériel scolaire sont dans les cartons. L'aménagement de la cour extérieure à l'image de la baie de Sept-Îles et de ses îles est aussi dans les plans. Elle rêve en plus d'offrir l'enseignement de l'anglais par des professeurs certifiés aux enfants du village de Chheskam, qui est «zéro touristique». 

«C'est un peu une façon de s'en sortir», explique-t-elle. «Avec l'anglais, tu peux communiquer avec les touristes et là-bas, l'argent est juste dans le tourisme.» Rien n'est encore attaché, mais les idées et l'engagement de la trentenaire ne manquent pas. «En allant là, sérieusement, tu ne peux pas faire autrement que de vouloir en faire plus.» 

Marie-Kristelle Ross entretient une relation particulière avec le Népal depuis 2009. C'est d'ailleurs là qu'elle s'est fiancée à son mari. Le couple y parraine aussi un enfant depuis quatre ans.

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