Abus policiers envers des Autochtones: beaucoup d'appels, mais peu de plaintes

Des femmes et des hommes autochtones ont utilisé... (Photothèque Le Soleil, Fanny Lévesque)

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Des femmes et des hommes autochtones ont utilisé la ligne téléphonique mise en place pour dénoncer les abus policiers.

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<p>Fanny Lévesque</p>

(Sept-Îles) La ligne téléphonique mise en place par Québec pour que les femmes autochtones victimes d'abus policiers dénoncent plus facilement a sonné quelque 75 fois en six mois à peine. Des femmes oui, mais aussi des hommes ont brisé le silence.

Les Services parajudiciaires autochtones du Québec (SPAQ), responsables de la ligne créée en avril dans la foulée des révélations de femmes des Premières Nations de Val-d'Or qui ont allégué avoir été victimes d'abus de policiers de la Sûreté du Québec, confirme avoir reçu des appels des quatre coins de la province. 

«Il y a quatre fois plus d'appels de femmes que d'hommes», a souligné le vice-président de l'organisme, Jean Jolicoeur. De ceux qui ont décroché le téléphone, seulement 11 ont déposé une plainte, qui a été transmise au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), mandaté par le ministère de la Sécurité publique pour enquêter. 

«C'est incroyable, on compte que cinq femmes et six hommes», a soulevé M. Jolicoeur. «C'est donc dire qu'il y a plus d'hommes qui ont fait des plaintes, malgré qu'ils sont que le quart des appels faits.» Selon lui, les femmes, principalement, craignent toujours les policiers et hésitent à porter plainte. «On voudrait que les femmes se mobilisent», dit-il. 

L'organisme planche notamment pour que les prochaines plaintes soient plutôt soumises au Bureau des enquêtes indépendantes, entré en fonction en juin, ce qui pourrait bien inciter les femmes à aller jusqu'au bout du processus, estime M. Jolicoeur. «On discute pour que le SPVM soit le moins impliqué pour que ce soit complètement indépendant.» 

Traitement des plaintes

Les Services parajudiciaires expliquent avoir été mis au fait de situations touchant entre autres des abus physiques et sexuels et impliquant différents corps policiers, dont certains corps de police autochtone. La proportion de dénonciation concernant les abus physiques serait aussi «plus importante qu'on pensait», laisse savoir le vice-président.  

Le temps aidera aussi certainement les Autochtones à porter plainte et à dénoncer, croit M. Jolicoeur. 

«Les femmes attendent peut-être de voir comment vont être traitées ces plaintes-là [...] Quand les gens vont voir qu'il n'y a pas de séquelles négatives pour ceux qui l'ont fait, je suis certain que les dénonciations vont se faire sur un plus grand nombre».

Les SPAQ espèrent en ce sens que son mandat d'un an soit prolongé. Entre-temps, l'organisme, qui encadre les victimes dans le dépôt des plaintes, encourage les Autochtones à ne pas avoir peur et à décrocher leur téléphone.

Pour sa part, le Directeur des poursuites criminelles et pénales refuse de confirmer le nombre de dossiers qui lui ont été transmis par le SPVM.

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