Le ministre Barrette a déjà été témoin de pressions religieuses

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Gaétan Barrette a confirmé mercredi que des membres de groupes religieux, comme les témoins de Jéhovah, sont parfois présents dans des situations comme celle d'Éloïse Dupuis.

La Presse canadienne

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a déjà été témoin de pressions de membres de mouvements religieux qui arrivaient de l'extérieur pour convaincre la famille d'un patient de ne pas accepter une transfusion sanguine.

Le ministre répondait à la question du Soleil concernant ce phénomène qui a refait surface à la suite du cas d'Éloïse Dupuis, membre des Témoins de Jéhovah qui est décédée la semaine dernière après avoir refusé une transfusion. Des proches de la jeune femme avaient mentionné la présence de membres haut placés du mouvement religieux dans sa chambre.

«Je peux vous dire que, moi-même, je l'ai déjà vu. Alors c'est vrai, ce que vous racontez, c'est tout à fait vrai», a affirmé le ministre au chroniqueur du Soleil Gilbert Lavoie, qui lui mentionnait que chez les Témoins de Jéhovah, il était documenté que c'était toujours des gens de l'extérieur qui arrivaient pour convaincre la famille de ne pas accepter de transfusion.

«Est-ce que l'entourage de la communauté de religion, là, pas la communauté religieuse, mais la communauté, un groupe, des gens qui se connaissent, est-ce qu'il y a ce genre de débat dans ce genre de situation critique là? La réponse, c'est oui», a enchaîné M. Barrette, indiquant qu'il n'avait pas eu à prendre de décision dans le dossier auquel il faisait référence. «Je n'avais pas à prendre de décision, parce que moi, j'étais un consultant dans ce dossier-là.»

Le ministre n'a pas voulu trop s'avancer non plus à savoir si ce genre de situation était acceptable. «La personne est autonome dans son choix. Le choix doit être fait de façon indépendante. Maintenant, ce n'est pas la police du sang à laquelle vous faites référence là, c'est la police des visites. Alors ce que vous me demandez, ce serait de statuer sur les visites qu'une personne peut recevoir de son entourage. Vous allez loin, on en reparlera, si vous me le permettez».

Mesures réclamées

Les partis d'opposition ont réclamé du gouvernement libéral qu'il prenne des mesures pour éviter que des situations comme celle d'Éloïse Dupuis se produisent de nouveau. Le député caquiste Simon Jolin-Barette a demandé au ministre Barrette d'envoyer une directive claire aux hôpitaux pour que ce soit la direction de l'établissement qui contrôle l'accès aux chambres d'hôpital plutôt que des membres de mouvements religieux qui empêchent l'entrée de certaines personnes.

Il a aussi réclamé que soit mise en place une structure qui permettrait à un juge de se prononcer sur le caractère libre et volontaire du refus d'une personne à recevoir une transfusion sanguine.

Par la voix de la députée Agnès Maltais, le Parti québécois n'est pas allé aussi loin, refusant de mettre ces dossiers entre les mains de juges. «Des décisions sur le consentement libre et éclairé, il s'en prend quotidiennement par les médecins et ça fait face en général à ce genre de situation», a affirmé Mme Maltais, réclamant toutefois que le ministère de la Santé et des Services sociaux nomme un expert externe qui fasse enquête sur l'impact de l'endoctrinement exercé par des groupes religieux structurés sur les patients en situation médicale d'urgence.

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