Initiations: pas d'interdiction, mais des balises nationales très strictes

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Se disant extrêmement préoccupée et choquée par divers incidents relayés par les médias et survenus lors de la dernière rentrée universitaire, en septembre, la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a sonné mercredi la fin de la récréation.

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

De concert avec les universités et les associations étudiantes, Québec imposera des balises nationales très strictes aux activités d'initiation tenues en début d'année scolaire.

Les étudiants fêtards qui n'auront pas compris le message s'exposeront à de lourdes sanctions, voire à des poursuites criminelles.

Se disant extrêmement préoccupée et choquée par divers incidents relayés par les médias et survenus lors de la dernière rentrée universitaire, en septembre, la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a sonné mercredi la fin de la récréation.

Elle a dit qu'il fallait dénoncer sans réserve les dérapages survenus lors de certaines initiations universitaires, qui trop souvent se transforment en activités d'humiliation et en séances dégradantes d'agressions sexuelles contre les étudiantes.

Après avoir rencontré dernièrement les leaders des organisations étudiantes, en vue d'explorer les pistes de solution, Mme David a dit qu'elle allait s'entretenir vendredi matin avec les recteurs dans le même but.

Il s'agit d'un problème de dimension nationale, a-t-elle fait valoir, d'où l'importance d'adopter une politique d'intervention commune à tous les établissements.

«Il faut qu'on balise mieux. Il faut qu'on sache que la tolérance, c'est zéro, que les gens dénoncent et qu'il y ait des processus communs. C'est un discours national qu'on veut avoir autour de ça et nous allons l'avoir», a assuré la ministre David, lors d'une brève mêlée de presse, en marge de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres.

«Il faut que toute cette situation ne se reproduise plus», a-t-elle souhaité, car «on peut baliser beaucoup plus et beaucoup mieux».

Les balises à venir seront «extrêmement rigoureuses», a-t-elle promis, car les dérapages rapportés récemment sont «des choses graves».

Elle a reconnu l'impuissance du gouvernement à interdire carrément ce type d'activités, d'où l'attrait pour une politique nationale d'intervention contenant des mesures musclées et la menace de sanctions pour décourager les contrevenants.

Les étudiants universitaires pourront donc continuer à tenir des activités d'initiation «festives», mais à condition qu'elles ne soient pas dégradantes pour les femmes.

Elle relate à ce propos le témoignage d'une jeune fille entendu dans un reportage, qui a raconté en ondes avoir dû porter un costume d'Hawaïenne, lors de son initiation. Et les choses ont mal tourné, quand elle s'est retrouvée nue devant public.

«Costumée en Hawaïenne et on lui descend les petites culottes. Y a-t-il quelque chose de plus dégradant? Ces gens-là doivent être poursuivis. Il y a des accusations qui peuvent être portées, au criminel s'il y a lieu», selon Mme David.

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