Un ex-employé du fédéral payé malgré lui

Toutes les deux semaines, Jean-Philippe Harvey reçoit du... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Toutes les deux semaines, Jean-Philippe Harvey reçoit du gouvernement fédéral 1052 $, soit le salaire qu'il aurait touché s'il occupait toujours le poste à Emploi et Développement social Canada qu'il a quitté à la fin du mois de juillet.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Les déboires du nouveau système de paye fédéral Phénix n'ont rien de nouveau. Si certains fonctionnaires attendent désespérément leurs payes des derniers mois, Jean-Philippe Harvey tente simplement depuis des semaines... que l'on arrête de le payer.

«C'est particulier...», lance d'emblée le résident de Québec avant de détailler plus amplement le problème qui l'afflige présentement : recevoir toutes les deux semaines un chèque dans les quatre chiffres pour lequel il n'a pas travaillé.

Jean-Philippe Harvey a travaillé un total de trois jours, à la fin du mois de juillet, à Emploi et Développement social Canada. Constatant rapidement que son nouveau boulot n'est pas fait pour lui, il remet sa démission. Sa patronne l'accepte en bonne et due forme. Jusque-là, pas d'histoire.

«À mon premier jour de travail, des collègues me prévenaient déjà de ne pas m'attendre à être payé avant des mois. Comme j'ai quitté après trois jours, je m'attendais honnêtement à ne jamais être payé», explique le principal intéressé, illustrant bien le climat ambiant chez les fonctionnaires fédéraux depuis la catastrophique entrée en fonction du système Phénix, l'hiver dernier.

À sa surprise, Jean-Philippe reçoit ce qu'il croit être le salaire de ses quelques jours de travail, quelque 400 $, deux semaines après avoir quitté son emploi. Deux semaines plus tard, c'est un chèque de plus de 1000 $ qui lui est envoyé. «Je trouvais ça suspect, mais je l'ai déposé, me disant que c'était peut-être un très gros 4 % jumelé à d'autres avantages», explique-t-il, mi-sérieux.

Problèmes à l'horizon

Deux autres semaines passent, et un autre chèque de 1052 $ arrive. Cette fois, plus de doute, il n'a pas gagné cet argent. Ce qui peut paraître comme le plus beau des problèmes ne l'est pas tant que ça. D'abord, Jean-Philippe se doute bien qu'il devra rembourser ces montants tôt ou tard. Ensuite, il est présentement aux études avec prêts et bourses. Il s'inquiète que les payes en trop s'affichent sur son T4 et fassent grimper son revenu à un niveau où il perdrait l'accès aux prêts. «Je n'ai pas envie d'avoir à me battre.»

Il n'encaisse donc pas le chèque et envoie un courriel à son gestionnaire à Emploi et Développement social Canada pour lui faire part de la situation. Ce dernier lui confirme que son dossier est fermé et qu'il s'agit par conséquent d'un raté de Phénix. La solution : appeler le Centre des services de paye de la fonction publique.

«L'employé du Centre de service ne semblait pas être en mesure d'accéder à mon dossier, mais il m'a dit dans un français très approximatif que c'était pris en note et que j'étais en priorité 2.»

Qu'est-ce que la priorité 2? Allez savoir. Mais on promet à Jean-Philippe un appel téléphonique dans les deux semaines suivantes.

Trois semaines plus tard, Jean-Philippe attend toujours l'appel, mais un autre 1052 $ lui a été envoyé. Cette fois, pas moyen de ne pas l'encaisser, le montant lui a été versé dans son compte en banque... par dépôt direct.

À quand la fin?

Quand Phénix arrêtera-t-il de battre de l'aile? La question se pose. La situation de nombreux fonctionnaires est bien pire que celle de Jean-Philippe. Lundi, le vérificateur général du Canada, Michael Ferguson, a accepté de se pencher sur les causes des problèmes monumentaux causés  par l'implantation du système de paye.

Entre-temps, 24 500 cas d'employés surpayés, sous-payés ou, pire, sans paye depuis des mois ont été réglés. Soixante-sept mille cinq cents employés de la fonction publique sont cependant encore dans l'attente.

La ministre des Services publics, Judy Foote, a confié, lundi, espérer que tout serait rentré dans l'ordre pour la mi-octobre, une estimation accueillie avec scepticisme par les syndicats de la fonction publique.

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