Réforme de l'aide sociale: «haie du déshonneur» pour accueillir les libéraux

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(Québec) Quelques dizaines de manifestants, opposés au virage coercitif promis à l'aide sociale, ont accueilli les députés libéraux par une symbolique «haie du déshonneur» mardi, jour de rentrée parlementaire.

Les slogans balancés en direction du parlement ne manquaient pas d'ardeur : «Du pain et du lait, ou la tête à François Blais»; «Attaques aux droits fondamentaux, honte à vous les libéraux»; «Couillard t'es une ordure, tu nous envoies drette dans un mur» ou encore «Couper les moins nantis, c'est cheap en esti».

Réunis au parc de la Francophonie, puis dispersés devant plusieurs entrées de l'Assemblée nationale, les membres de la Coalition régionale contre le PL70 comptaient ainsi faire reculer le ministre de la Solidarité sociale, François Blais, qui a menacé d'imposer le bâillon pour forcer l'adoption du projet de loi 70 dans sa mouture actuelle.

Cette réforme de l'aide sociale a fait couler beaucoup d'encre et a fédéré les organismes d'aide aux démunis qui s'y opposent farouchement. Ils ragent principalement contre le virage coercitif du projet de loi qui forcerait les nouveaux assistés sociaux à suivre un parcours vers l'emploi sans quoi ils verraient leur chèque mensuel lourdement amputé - la prestation de base est de 623 $.

«C'est la rentrée parlementaire de la honte», commente la porte-parole de la Coalition, Roxane Blanchet. «Les députés devraient avoir honte d'étudier même ce projet de loi.»

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Quelques dizaines de manifestants, opposés au virage coercitif à l'aide sociale, ont accueilli les députés libéraux à l'Assemblée nationale, mardi.

Le Soleil, Baptiste Ricard-Chatelain

Appui du PQ et de QS

Mardi matin, les opposants au dessein libéral ont reçu l'appui du Parti québécois (PQ) et de Québec solidaire (QS) qui marchaient main dans la main pour la reprise des activités parlementaires. Ceux-ci pressent le ministre Blais de s'asseoir avec le milieu communautaire afin de bonifier sa réforme.

«L'heure n'est pas au bâillon, l'heure est à la négociation», balance la députée de Gouin pour QS, François David. Elle craint que les libéraux mettent à exécution leur menace de bâillon afin d'imposer l'adoption de leur vision contraignante. Le ministre de la Solidarité sociale doit plutôt étudier un compromis jeté dans la mare en soirée, hier, par la Coalition objectif dignité, dit-elle.

En gros, les opposants accepteraient que les nouveaux abonnés à l'aide sociale soient pénalisés s'ils ne participent pas à certains «parcours» pour essayer de se sortir de la pauvreté. Mais ils exigent, en contrepartie, que l'État embauche suffisamment de fonctionnaires pour rencontrer et soutenir individuellement chacun des demandeurs.

Le ministre Blais doit étudier l'offre et chercher un terrain d'entente, évalue également Dave Turcotte, porte-parole du PQ en matière d'Emploi et de Solidarité sociale.

Le projet de loi est étudié depuis des lunes en commission parlementaire. Le gouvernement libéral accuse les partis de l'opposition de faire obstruction en étirant les débats depuis le printemps. Il y a deux semaines, le premier ministre a démontré des signes d'impatience et a menacé d'utiliser le bâillon afin de mettre fin aux discussions.

Contacté en matinée, le cabinet du ministre François Blais n'avait toujours pas répondu à notre demande d'entrevue au moment de transmettre cet article.

Blais reste de marbre

«On reste ferme sur le principe des pénalités», avertit Simon Laboissonnière, attaché de presse du ministre de la Solidarité sociale, François Blais. Les prestataires de l'aide sociale qui refuseront un «parcours» vers l'emploi perdront jusqu'à 224 $ par mois. Le gouvernement évalue qu'il s'agit de la seule façon d'éviter qu'un individu reste toute sa vie dépendant de l'aide sociale. Malgré le fossé, les libéraux disent encore espérer un projet de loi de compromis; les élus de l'Assemblée nationale ont donc repris les discussions en commission parlementaire dès mardi soir.

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