Le MAPAQ publie un guide de l'abattage du mouton pour les musulmans

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Le document d'information s'adresse aux musulmans pratiquants qui célèbrent la fête de l'Aïd-el-Adha, ou fête du Sacrifice, lors de laquelle un animal, le plus souvent un mouton, est sacrifié.

AP, Rick Bowmer

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Dans la foulée de la nouvelle Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal adoptée en décembre et en prévision de la fête de l'Aïd-el-Kébir le 12 septembre, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) a placé cette semaine sur son site Web un petit guide sur la façon d'abattre correctement un mouton.

Le document d'information s'adresse aux musulmans pratiquants qui célèbrent cette fête aussi appelée Aïd-el-Adha, ou fête du Sacrifice, lors de laquelle un animal, le plus souvent un mouton, est sacrifié en guise d'offrande.

Le guide mentionne entre autres les façons de choisir l'animal, qui doit porter un identifiant officiel d'Agri-Traçabilité Québec ou de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, de le transporter et de le garder. On y indique de ne pas faire souffrir l'animal en le frappant ou en le manipulant violemment et de le protéger contre les intempéries durant le transport.

On y énumère également les façons d'aménager les enclos d'embarquement, de débarquement et d'attente de même que les véhicules de transport en plus d'expliquer en détail la façon de manipuler et d'abattre l'animal.

Celui-ci doit d'abord être immobilisé sans lui causer de souffrance avec un dispositif qui l'empêche de faire tout mouvement et doit être abattu «au moyen d'un sectionnement rapide, complet et simultané des jugulaires et des carotides en un seul coup de couteau», le but étant qu'il perde immédiatement conscience.

On indique aussi que l'état de l'instrument utilisé et la compétence du préposé à l'abattage ne doivent pas exposer l'animal à des souffrances inutiles. Ainsi, on recommande de bien aiguiser le couteau avant la saignée, qui doit se dérouler «rapidement et sans que le cou n'entre en contact avec le dispositif d'immobilisation de sorte à ce que rien ne fasse obstacle à l'écoulement du sang».

Finalement, à la suite de l'abattage, on demande de suspendre l'animal inconscient pour favoriser la saignée complète. Le guide fournit également des directives pour le dépouillement et l'éviscération de l'animal, histoire d'éviter d'altérer la carcasse ou de la contaminer.

Le MAPAQ rappelle également que tout propriétaire, sans exception, a le devoir de déclarer la mort de son mouton à Agri-Traçabilité Québec dans les sept jours suivant l'abattage.

Normes d'hygiène

Cette année, le MAPAQ a d'ailleurs l'intention de porter une attention particulière aux normes d'hygiène et de salubrité des aliments à l'occasion de l'Aïd-el-Kébir. Ainsi, une équipe d'inspecteurs sera déployée pour surveiller les lieux d'abattage et répondre aux plaintes.

«Des ordonnances de cesser toute activité d'abattage seront également émises par le Ministère si jamais nous sommes témoins de situations inacceptables. Au Québec, c'est tolérance zéro en matière de mauvais traitement envers les animaux», a d'ailleurs indiqué le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, dans un communiqué de presse.

Les plaintes peuvent être reçues au 1 844 ANIMAUX ou à l'adresse animaux@mapaq.gouv.ca. Toute personne prise en défaut à ne pas respecter la Loi sur le bien-être et la santé de l'animal s'expose à des amendes variant entre 2500 $ et 250 000 $ pour une première offense et à une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 18 mois pour une seconde offense. Dans le cas des contraventions aux dispositions d'hygiène et de salubrité de la Loi sur les produits alimentaires, l'amende varie de 5000$ à 15000$ pour une première offense et peut attendre 45000 $ pour une récidive.

Hausse vertigineuse des plaintes

De 17 plaintes reçues relativement à l'abattage d'animaux à l'Aïd-el-Kébir en 2012, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) en a reçu pas moins de 60en2015, une hausse encore plus importante si on compare ce chiffre avec celui de 2014, où seulement six plaintes avaient été enregistrées.

Jamais le nombre de plaintes n'avait dépassé 17 auparavant, s'élevant à 11 en 2013. «La sensibilisation des gens et la médiatisation de certains événements pourraient expliquer cette augmentation importante du nombre de plaintes», a commenté Alexandre Noël, relationniste au MAPAQ.

Quant au nombre d'interventions du Ministère, il avait diminué graduellement avant l'an dernier, passant de40en2012 à 34 en 2013 à 26en 2014. Il a ensuite augmenté à 49 en 2015.

Cette année, ce sont 40 inspecteurs et 4 médecins vétérinaires qui seront dépêchés par le MAPAQ pour faire la surveillance et répondre à toutes les plaintes.

«Des visites sont déjà prévues chez les propriétaires ou gardiens de moutons ayant un historique de récidive en matière d'abattage sans permis ou ayant reçu un signalement de non-respect des normes lors de la fête de l'Aïd-el-Kébir», a indiqué M. Noël.

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