Couillard dit prendre le racisme systémique au sérieux

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(Québec) Le gouvernement de Philippe Couillard a bien entendu ses jeunes et se penchera sur la question du racisme et de la discrimination systémiques au Québec. Le premier ministre n'est pas encore convaincu qu'une commission d'enquête soit le meilleur véhicule, mais promet un exercice «sérieux».

M. Couillard n'a pas rabroué la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec (CJPLQ) cette année, au terme de son congrès. Il s'est plutôt rangé derrière les positions phares mises de l'avant par l'exécutif national de l'aile jeunesse.

Le premier ministre a d'abord admis qu'il existait du racisme systémique dans la province. «Les Québécois ne sont pas racistes», a-t-il pris soin de clarifier d'entrée de jeu. Mais comme l'a expliqué la CJPLQ, il estime que ce sont des «systèmes qui font en sorte que les gens issus de la diversité ne sont pas reflétés, notamment dans les administrations publiques.

«Les sociétés en général ont malheureusement à composer avec cette réalité-là», a-t-il poursuivi. Selon lui, la présence des minorités culturelles dans l'espace public et sur le marché du travail est «minime par rapport à [sa] présence réelle dans la société».

M. Couillard prévient ceux qui voudraient jouer à l'autruche et prétendre qu'il n'existe aucune forme de discrimination systémique. «À ceux qui seraient tentés de nier que ça existe chez nous, on va leur poser ces questions: pourquoi le taux de chômage est plus élevé, et particulièrement quand ce sont des francophones venus du Maghreb ou de l'Afrique de l'Ouest? a-t-il demandé. Pourquoi le fait d'inscrire son nom ou mettre sa photographie dans un CV, pour une demande d'emploi, est déterminant pour accéder à une ronde d'entrevues?»

Signe qu'il prend l'affaire au sérieux, M. Couillard a confirmé dimanche que certaines personnes au gouvernement, au cabinet de la ministre de l'Immigration Kathleen Weil notamment, étaient déjà «mobilisées autour de cette question-là».

Éviter «deux écueils»

Le premier ministre veut mettre sur pied un exercice «sérieux» menant à «des actions concrètes», tout en s'assurant d'éviter «deux écueils». «Il faut éviter le déni [...] et il faut éviter la recherche de coupables», a-t-il soutenu.

La CJPLQ réclamait la tenue d'une commission d'enquête publique. M. Couillard ne s'est pas avancé là-dessus. «Pour le moyen, on va faire une réflexion. Il est clair qu'une institution comme la Commission des droits et libertés va être appelée à jouer un rôle. [...] Il n'est pas question d'en faire un cirque de blâmes mutuels.»

Les jeunes libéraux ont par ailleurs adopté une résolution demandant notamment au gouvernement de revoir les lois de manière à interdire les clauses de disparité contenues dans les régimes de retraite, qui tiennent compte de la date d'embauche, dites «clauses orphelins» et jugées discriminatoires envers les jeunes. Ils veulent aussi remettre en question le principe et les privilèges associés à l'ancienneté dans le secteur public.

Lors de sa conférence de presse de dimanche, le premier ministre a dit que le sujet ferait partie des enjeux discutés lors du grand forum de l'automne sur la main-d'oeuvre, prévu quelque part en novembre, sans s'engager davantage.

Avec La Presse canadienne

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