Soirée en blanc pour une femme colorée

Depuis 2011, Christine Boisvert  n'a pas raté une seule présentation... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Depuis 2011, Christine Boisvert  n'a pas raté une seule présentation du Dîner en blanc, cette grande fête «chic, mais pas trop flash» réunissant quelques milliers de convives qui doivent se présenter dans une tenue immaculée.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Christine Boisvert a beau être une femme colorée, ça ne l'empêche pas, une fois par année, de se taper le trajet entre le Maine et Québec pour venir faire la fête en blanc, de pied en cap. Depuis 2011, elle n'a pas raté une seule édition du Dîner en blanc, cette grande fête «chic, mais pas trop flash» réunissant quelques milliers de convives qui doivent se présenter dans une tenue immaculée.

Fébrile, l'enseignante franco-américaine venait à peine de poser ses valises au Manoir des Remparts, son point de chute dans la capitale depuis 27 ans, mercredi après-midi, qu'elle enfilait sa blanche tenue au bénéfice du photographe. Blouse blanche, jupe blanche, bibi blanc, souliers blancs, boucles d'oreille et bracelet argent («la pierre blanche»), que du blanc, rien que du blanc sur l'enseignante de 63 ans.

«Vous devriez voir ma garde-robe. J'ai au moins 10 robes blanches», lance-t-elle en souriant devant l'objectif.

C'est à la lecture d'un article sur le site du Soleil, il y a cinq ans, quotidien qu'elle consulte religieusement trois fois par jour et dont elle se sert aussi en classe, que Christine Boisvert a appris que Québec se joignait aux villes présentant un Dîner en blanc. Depuis sa création à Paris, en 1988, une soixantaine de villes ont adhéré au mouvement.

«Hé! Je me suis dit que ç'avait l'air le fun. Je me suis inscrite. La première année, c'était à la gare du Palais. J'ai été absolument conquise.»

Les participants doivent respecter une longue liste de règlements. «Quatre pages en tout, regardez.» Aucun objet de couleur n'est accepté, il faut montrer patte blanche dans tous les sens du terme. En cas de pluie, par exemple, à défaut d'un parapluie blanc, c'est le transparent qui est de mise. Sinon un poncho. Blanc.

Christine Boisvert est parfaitement d'accord avec ces normes. «Il y a beaucoup, beaucoup de règlements, mais j'aime ça. Savez-vous pourquoi? Parce qu'ainsi, c'est très bien organisé. Sans ces règlements, les photos et vidéos n'auraient pas le même effet. Tout est très bien pensé.»

Détail non négligeable et qui fait le piment de l'événement, les participants apprennent à quelques minutes d'avis, alors qu'ils sont dans l'autobus venu les cueillir à un endroit déterminé, l'endroit de la fête. Maniaques de la planification s'abstenir...

Mais dites-moi, Madame Boisvert, ce trip de blanc, c'est quelque chose de symbolique pour vous, ça renvoie à la pureté originelle? «Non. C'est le créateur du Dîner en blanc, le Français François Pasquier, qui a eu l'idée. Il disait que comme ça, tout le monde pouvait se reconnaître. Moi, ce serait en rouge que j'irais pareil. En noir, ce serait encore mieux, j'adore le noir.»

«Ce que j'aime, poursuit-elle, c'est l'atmosphère, l'intrigue de ne pas savoir où l'on va se retrouver, le mélange de jeunes et de vieux. On danse, on mange bien, tout le monde est bien habillé, on se fait des amis. C'est de bon goût, with good taste

Pour la pétillante sexagénaire, cette fiesta est aussi un prétexte pour visiter Québec, sa ville préférée. Quatre ou cinq fois par année, elle quitte son village de Sidney, au nord d'Augusta, pour venir s'y recueillir. Tellement amoureuse de Québec, la dame, qu'elle est une fan des Nordiques.

«Mon âme est ici. Il y a quelque chose dans l'air qui fait que je me sens bien. J'aime l'architecture, l'histoire, Champlain, les Anglais, la bataille [des Plaines], tout ça.»

Racines francophones 

Enseignante de français dans une école secondaire, Christine Boisvert se dit fière de faire partie de la cinquième génération d'une lignée franco-américaine. Née Dam, elle a pris le nom de Boisvert à la suite de son mariage. Son mari est décédé il y a quelques années.

«Mes parents sont nés aux États-Unis, mais ma mère est une Cyr de l'Acadie. Ma grand-mère maternelle était une Casavant de Saint-Hyacinthe.»

Aujourd'hui, bien peu de monde parle français à Augusta. «How many people speak french in Augusta? Not much...», demande-t-elle à son amie et collègue de travail Robin, qui l'accompagne à Québec.

«La langue française est partie pas mal. Je continue à le parler parce que j'aime ça, mais mes quatre frères et soeurs ne le parlent pas et ils le comprennent à peine. Une langue, c'est quelque chose qui se vit. Il faut l'utiliser pour la parler.»

Petits cadeaux... blancs

À quelques heures du départ, jeudi, Christine Boisvert ira acheter ses victuailles pour cette autre soirée qu'elle souhaite mémorable. À son homard apporté du Maine - la nature n'en fait pas de blanc, hélas... -, elle ajoutera du foie gras et de la salade du Marché du Vieux-Port. Et pour accompagner le tout, une bouteille de mousseux JP Chenet Ice. À cause de sa bouteille, blanche bien entendu.

Osez-vous une prédiction sur l'endroit du Dîner en blanc? «Moi, je dis qu'il y a une petite possibilité que ce soit dans la cour du Séminaire.»

Et votre endroit de rêve pour faire la fête en blanc? «Sur la terrasse Dufferin. C'est pas mal l'idéal. Comme ça, on a une interaction avec le public. Les gens se demandent ce qui se passe et je leur donne des petits cadeaux.»

Et la dame de fouiller dans une boîte (blanche) où se trouvent une nappe (blanche), des serviettes (blanches), des chandelles (blanches) et autres objets (blancs). Elle sort ses cadeaux : trois morceaux de meringue faite maison, enveloppés dans un filet (blanc) et serré par un ruban (blanc).

La question qui tue : de quelle couleur est la meringue?

Le dîner en blanc au fil des ans

2016 : endroit dévoilé jeudi soir

2015 : quai 22, Vieux-Port

2014 : Domaine Cataraqui (Sillery)

2013 : Grand Théâtre

2012 : fontaine de Tourny, devant l'Assemblée nationale

2011 : gare du Palais

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