Fêtes de la Nouvelle-France

À la «mode»... de la sainte Église

Alexandre Turgeon, France Morin et Pierre-Luc Lavallée racontent... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Alexandre Turgeon, France Morin et Pierre-Luc Lavallée racontent que, chez l'homme comme chez la femme, c'est la chemise qui faisait office de sous- vêtements. Et malgré la chaleur ambiante, pas question d'enlever un morceau de vêtement!

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) «On voit vos jarrets, c'est scandaleux! Vous pourriez être excommunié.» Voilà ce qu'un gentilhomme a fait remarquer à l'auteur de ces lignes, vêtu de manière beaucoup trop libertine pour les bonnes moeurs du 17e siècle lors d'un passage aux Fêtes de la Nouvelle-France, samedi.

Un bermuda, des sandales et un polo, combinés, auraient pu être perçus par certains habitants de la Nouvelle-France comme «le Diable». Pareil pour une robe d'été. Dans les deux cas, à la vue de ces vêtements, les colons auraient sans doute détourné le regard, ri de celui ou celle qui les porte ou se seraient simplement éloignés.

C'est que de nombreux codes devaient être respectés au 17e siècle, tant en France que dans ses colonies. «C'est l'Église qui a instauré ça», ont expliqué ensemble Pierre-Luc Lavallée et Alexandre Turgeon, représentants de La Garde du Lys. «C'était une époque très puritaine.»

Chez les hommes et les femmes, une chemise de corps faisait office de sous-vêtement. Non, il n'y avait pas de bobettes. Allant jusqu'aux genoux, la chemise, souvent en laine ou en coton, absorbait la sueur et à peu près toutes les substances corporelles. Les «gens du commun», les simples citoyens, n'en possédaient que deux ou trois.

Se promener en pantalons courts et en t-shirt que l'on connaît de nos jours aurait donc été l'équivalent de se promener en petite tenue. «Le sous-vêtement, c'est l'équivalent d'une personne nue. Se promener avec seulement ça, c'est impropre, c'est offensant», a souligné M. Turgeon.

Par-dessus cette chemise, les hommes portaient généralement une veste, surplombée d'un justaucorps lors des grandes occasions, comme la messe. Le paysan n'avait qu'une ou deux vestes, et un seul justaucorps. Le pantalon arrivait sous le genou et le reste de la jambe était cachée par un bas retenu par une jarretière.

La femme devait elle aussi porter plusieurs couches, même par temps caniculaire. Tout comme l'homme, une chemise de corps servait de sous-vêtement, la bobette n'était pas encore d'actualité. «Ça absorbait tout, même les menstruations!» a lancé France Morin, de la Société d'histoire des Filles du Roy.

Cacher les courbes

La femme pouvait porter jusqu'à trois jupes superposées, voire plus en hiver, auxquelles s'ajoutaient un corset, le mantelet et la coiffe (une cornette), portée en tout temps, même la nuit. «Il fallait cacher les courbes le plus possible.» Seules les hanches pouvaient être visibles, ou du moins amplifiées. «Cela démontrait aux hommes que les femmes pouvaient porter des bébés.»

Tel que l'imposait l'Église, il était hors de question d'enlever un morceau de vêtement par temps chaud. Durant une canicule comme celle connue ces derniers jours, il aurait été hasardeux de découvrir un peu de peau - surtout le coude! -, au risque de se faire prendre par le curé.

Quoique les habitants de la Nouvelle-France ont parfois été rebelles, comme l'ont rappelé MM. Turgeon et Lavallée. Après tout, le curé ne pouvait pas être partout à la fois et surveiller tous les travailleurs dans les champs. «Le travail dans les champs était difficile. Il pouvait arriver que l'homme retire sa veste.»

Reste que la meilleure méthode pour se rafraîchir, et la plus sûre, aurait été de simplement de marcher dans une rivière. La sueur absorbée par la chemise de corps permettait également de se conserver au frais, en dépit des odeurs. Pour la femme, mouiller son foulard, porté au cou, était également un moyen de se rafraîchir.

Selon France Morin, qui a elle-même confectionné toutes ses pièces de vêtement, les habitants de la Nouvelle-France avaient même un avantage par rapport à nous, habitants du 21e siècle. «Le linge respire et absorbe. Ce sont tous des tissus naturels. J'ai chaud, mais je ne cuis pas!»

Épique combat de blé d'Inde pour petits et grands goinfres

«On voit vos jarrets, c'est scandaleux! Vous... (Le Soleil, David Rémillard) - image 3.0

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Le Soleil, David Rémillard

Une douzaine de maniaques de l'épi de maïs se sont livré un duel épique samedi aux Fêtes de la Nouvelle-France. Les participants devaient manger le plus grand nombre de blés d'Inde en dix minutes. Sous un tonnerre d'applaudissements et le classique de 1982 Eye of the Tiger, les goinfres, dont quelques enfants, ont attaqué les épis sans relâche. Le grand gagnant, Christian «The Shark» Grenier, a réussi à ingérer 26 épis dans le temps alloué. Cette épreuve faisait partie de la série 100 % colons des Fêtes de la Nouvelle-France, qui souhaite avec ce créneau attirer une clientèle plus jeune.  

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